Cameroun : Disparition des sexes dans le grand Nord

Publié le par Journal du Cameroun.com

Le phénomène défraie depuis quelques semaines la chronique dans les grandes métropoles des régions septentrionales. Dans les villes de Maroua, Garoua et Ngaoundéré par exemple, il est très courant d’entendre parler de la disparition du sexe d’une connaissance ou d’un voisin. Et pourtant, c’est au cours d’une banale histoire de ce genre dans les alentours de Maroua dans l’Extrême-Nord que les populations apprenaient la présence, il y’a quelques semaines, de ces nouvelles pratiques dans les murs de la cité. « On ne salue plus les inconnus, au risque de perdre l’essentiel de ce qui assure notre progéniture. L’homme n’est rien sans son sexe », affirme sans honte aucune Abdoul Malik Saliou, habitant de Dang, conscient de ce que c’est après avoir salué ou simplement touché un inconnu que certaines personnes avaient constaté que leur sexe n’était plus le même.

Progressivement, le phénomène a évolué, pour s’étaler en quelques semaines seulement sur l’ensemble du grand Nord. Les adeptes de cette nouvelle pratique sont des hommes, qui auraient importé celle-ci du Nigéria voisin. Leur dernier acte ne date que du 5 février dernier à Ngaoundéré, après que leur tête soit mise à prix dans les deux autres régions.

Dans l’après-midi du jeudi en effet, la brigade de la gendarmerie territoriale a accueilli un nouvel accusé : Ousmanou Djanamou, directeur d’école dans la petite bourgade de Mbog Iya, à quelques kilomètres de Ngaoundéré. Il est pointé du doigt par les nombreux autres témoins, et surtout les deux jeunes hommes chez qui il aurait acheté du pain. Oumarou Abdou et Babagana Djougoudoum expliquent que M. Ousmanou les aurait simplement salué après avoir acheté le pain. J’ai ressenti mon corps rétrécir de l’intérieur, comme s’il y’avait quelque chose qui m’aspirait de l’intérieur, explique l’un des deux adolescents.

Quelques heures plutôt dans la matinée, c’est au commissariat central qu’un cas similaire a été conduit. Il s’agit encore d’une disparition de sexe où le jeune Titevi, vendeur à la sauvette au marché Bamianga, accuse Bello Iya de lui avoir extirpé son ‘‘bien’’ après lui avoir fait seulement une tape dans le dos. Les enquêteurs de la police eux, ne savent plus où mettre la tête, et n’hésitent plus à taxer l’affaire de sorcellerie. Toujours est-il que le certificat médical est toujours de rigueur pour que l’enquête évolue normalement.
Mais à l’hôpital central, les médecins ne savent non plus dans quelle catégorie classer ces cas nouveaux. Les hommes en blouse ne peuvent que faire leur diagnostic, et affirmer sans grande certitude organe génital biologiquement normal mais dont le doute persiste toujours sur le bon fonctionnement. D’ailleurs ils accueillent ces derniers temps de nombreuses personnes accusées d’avoir volé un sexe, après avoir subi la vindicte populaire. Car, pour lutter efficacement contre ces pratiques, les populations ne trouvent aucune autre façon que de molester l’accusé, avant de rencontrer les instances judiciaires. Même si parfois après des menaces beaucoup de sexes sont immédiatement remis à leur place, certains à la fin affirment qu’ils n’ont pas le même sexe qu’auparavant.

C’est le cas d’un autre qui, après avoir attrapé son voleur, et retrouvé son organe, affirme avoir rasé son pubis le matin avant de sortir. Ainsi vivent au quotidien les populations des régions septentrionales, qui cherchent encore la méthode la plus efficace pour éviter de se faire chiper leur organe de reproduction. Des théories fusent pour l’instant de toutes parts, faisant mention de remède efficace. La recette est simple : avoir sur soi un charbon, ou une épingle. Même si rien ne confirme l’efficacité de ces antivols, beaucoup en tout cas y croient fermement.

Publié dans L'AFRIQUE

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