LE 2EME CONGRES DE L'A.D.P EN 2003
ALLIANCE pour la DEMOCRATIE et le PROGRES

Liberté- Travail- Progrès
RAPPORT GENERAL
Le II ème congrès de l’Alliance pour la démocratie et le Progrès s’est tenu à Bangui les 26, 27 et 28 décembre 2003 dans l’hémicycle du Ministère de Affaires Etrangères et de la Francophonie.
Ont pris part à ce congrès, les représentants des fédérations et sous-fédérations de du Haut-Mbomou, du Mbomou, de la Basse-kotto de la Ouaka, de la Kémo, de la Haute-Kotto, de la Lobaye, de l’Ouham, de Nana-Mambéré et Bamingui-Bamgora, de France et de Bangui.
Avant de commencer son discours d’ouverture le Président du Comité ad hoc, l’allié Joseph DOUACLE a demandé une minute de silence en la mémoire des militants disparus, en particulier le Docteur Claude CONJUGO et le Président National tous deux membres fondateurs du Parti.
Dans son discours, le Président du Comité ad hoc fait une synthèse des bilans de la lutte menée par l’ADP depuis le dernier congrès sous le régime du Président PATASSE et les alliances que le parti a développée avec les autres forces vives de Nation.
Il s’est appesanti sur les crises socio-politiques qui ont abouti logiquement sur le renversement du pouvoir PATASSE- MLPC.
Après les discours d’ouverture la presque la totalité des partis qui ont répondu à l’invitation de l’ADP, ont adressé au Parti des messages d’amitié de réconfort de et de félicitation. Ces partis dans l’ensemble ont émis le vœu que la transition aboutisse aux élections démocratiques et ont souhaité que collaborer avec l’ADP pour les prochaines actions politiques. Ils ont tous rappelé la mémoire du Président National François PEHOUA comme un grand compatriote, un homme éclairé qui a contribué d’une façon importante à la lutte démocratique.
Les partis politiques qui se sont faits représenter sont : RDC, PUN, MDD, MESAN, MESAN-BOGANDA, PSD, FORUM CIVIQUE, MNR.
Après la suspension de séance, le bureau du congrès a été constitué composé de :
Président Jacques Médard MBOLEADAS
1ère Vice-Présidente ZOUNGBAPKO Ernestine
2ème Vice-Président TCHETEU
Rapporteur Général BELIBANGA Clément
1er Rapporteur adjoint SOKAMBI Laurent
2ème rapporteur adjoint NZAH Olivier
Les travaux du congrès ont commencé par la lecture du rapport d’activités et du rapport financiert suivi des rapports d’activés des fédérations et sous- fédérations.
Le comité ad hoc a rappelé les conditions dans lesquelles il a été constitué et luttes menées par le Parti depuis le dernier congrès . Il a évoqué les difficultés rencontrées. Il a mis l’accent sur la démobilisation dans certaines régions et appelé à la mobilisation pour le renforcement du Parti et pour les prochaines échéances électorales.
Dans le débat qui en ont suivi, le Congrès à l’unanimité a adressé ses félicitations au Comité ad hoc qui a été à la hauteur de sa tâche et a maintenu le Parti en constance activité jusqu’à l’organisation du Congrès . Le congrès a expliqué en partie la démobilisation pour l’absence d’un candidat de l’ADP aux élections présidentielles et a demandé au Parti de présenter pour les prochaines élections présidentielles un candidat de l’ADP.
Le congrès a élevé au rang de Présidents d’honneur du Parti les défunts alliés François PEHOUA, Premier Président national et Claude CONJUGO tous membres fondateurs du Parti.
Trois commissions ont été mises en place : La commission de politique générale, la commission des textes et la commission des candidatures. Ces commissions ont été structurées en plusieurs sous- commission.
La commission de politique générale a été divisée en sous-commissions de politique nationale, de projet de société, des finances, de la situation interne au Parti, de motions et recommandations.
Les textes de ces travaux ont été adoptés en plénière après amples débats sincères et d’un haut niveau.
Enfin le congrès a élu le Comité exécutif dont les sont suivent :
Président national : DOUCLE Joseph
1er Vice -Président : KEZZA -KOYANGBO Etienne
2ème Vice- Président : ZITONGO -MADENGA Odile
3ème Vice- Président : MAMADOU -BETCHEM Richard
Secrétaire National : ZENETH Thierry
Secrétaire National Adjoint : DOUBA Honoré Trésorier Général
Trésorier Général Adjoint : CONJUGO Eulalie Julie
Secrétaire aux relations Publiques et Extérieures : ZAZA Symphorien
Secrétaire aux Affaires Politiques : GABIRAULT Olivier
Secrétaire aux affaires juridiques : KOUALANGA Simplice
Secrétaire aux Affaires Economiques et financières : BELIBANGA Clément
Secrétaire à la Recherche Scientifique et technologique : SIKI Ghislain
Secrétaire à la Communication et aux nouvelles technologies : YAKA Prosper
Secrétaire à l’Organisation, à la Formation et à la Sensibilisation : MBOKA
Secrétaire à la Documentation : BAÏDIZABO Evariste
Secrétaire à la Jeunesse : SOKAMBI Florent
Secrétaire à la Promotion Féminine : BAYAGA Edith
Secrétaire à l’Emploi et à la main d’œuvre : OUNGA Ferdinand
Secrétaire aux Affaires Culturelles et Sociales : BOBOLI Symphorien
Président de la Commission conflit : MOMET Mathurin
Président de la Commission de contrôle : LENGUEDIAT Adolphe
ALLIANCE POUR DEMOCRATIE ET LE PROGRES
Liberté- Travail- Progrès
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE
Notre dernier congrès s’était tenu dans le contexte du début du processus démocratique retrouvé en 1991, suite aux luttes multiformes de notre peuple dans lesquelles notre Parti a pris une part importante. L’ADP a payé un lourd tribut en la perte de notre allié le docteur Claude CONJUGO, membre fondateur de notre pari.
Les élections qui en ont suivi en 1993 ont vu l’élection d’un nouveau Président de la République et d’une nouvelle Assemblée Nationale dans laquelle notre Parti a eu un groupe parlementaire.
Les changements intervenus n’ont pas été à la hauteur de l’entente de notre peuple qui aspirait à plus de démocratie et à un bien être social.
Un régime autoritaire s’est installé pendant une dizaine d’années et a développé plusieurs crises qui lui ont été fatales au 15 mars 2003. Crise politique par l’instauration de la tyrannie, crise financière par l’effondrement de l’économie et crise sociale par l’aggravation de la pauvreté.
L’euphorie suscitée par le changement du 15 mars 2003 n’a pas duré et les mêmes causes produisant les mêmes effets, notre pays n’a pas encore trouvé un véritable chemin pour une vraie démocratie et un minimum de bien être.
Quel bilan peut-on faire depuis notre dernier congrès ?
Et que propose l’ADP comme alternative crédible à notre peuple ?
I- SUR LE PLAN POLITIQUE
Les élections démocratiques d’octobre 1993 qui ont abouti sur l’alternance au pouvoir a été salué par le peuple comme une victoire sur lui-même et le point de départ pour un régime démocratique.
C’était un choix libre du peuple Centrafricain après plus des deux décennies de pouvoir tyrannique et autoritaire. Cette victoire du Peule centrafricain a été confisquée rapidement par le nouveau régime, notamment le Président de la République Ange – Félix PATASSE
Au bout du 8ème mois du changement, notre Parti avait fait un bilan dénonçant les dérives régionalistes et tribalistes, la gestion peu orthodoxe des finances publiques, des nominations sans rapport avec les compétences. Ce document critique avait été remis en main propre au Président PATASSE par une délégation de notre Parti.
Dès 1994, le Président PATASSE a modifié unilatéralement le projet de la constitution consensuelle le vidant de son contenu démocratique.
L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès s’est démarquée de cette démarche et a demandé à ses Ministres de quitter le Gouvernement. Notre Parti a mené sans désemparer une campagne contre une constitution taillée sur mesure, incompatible avec les aspirations démocratiques de notre Peuple.
C’est le point de départ d’un pouvoir personnel, anti-démocratique, d’exclusion, tribaliste et régionaliste en un mot dictatorial.
Dès 1995, le pouvoir a commencé à se radicaliser par la suppression des libertés fondamentales, notamment par l’interdiction des manifestations des partis politiques, l’accès des Partis politiques aux médias de l’Etat etc…..
Les violations constantes de la constitution , en particulier l’article 22 qui stipule que " les fonctions de Président de la république sont incompatibles avec l’exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat électif, de tout emploi salarié ". Le président PATASSE s’est fait élire Président du MLPC , et nommer PDG de plusieurs sociétés.
Face à ces dérives, les différentes composantes de la Nation ont développé des luttes politiques et syndicales, organisant de nombreuses marches défiant ainsi le pouvoir.
A partir de 1996, une partie de l’armée nationale va entrer en mutinerie contre le régime.
Ces résistances conjuguées ont déstabilisé le régime et l’ont contraint sous pression de la communauté internationale à négocier dans le but d’infléchir l’orientation du pouvoir.
Ainsi successivement furent organisés :
- Le Protocole d’Accord Politique suivi de la mise en place d’un Gouvernement d’Union Nationale (GUN),
- Les Etats Généraux de la Défense nationale,
- L’élaboration du Programme Minimum Commun (PMC),
- Les Accords de Bangui,
- La formation d’un autre Gouvernement d’Union Nationale , le Gouvernement d’Action pour la Défense de la Démocratie (GADD) où notre Parti fut représenté par 2 cadres.
- La Conférence de Réconciliation Nationale qui a abouti sur un Pacte de Réconciliation Nationale.
La communauté Internationale va mettre en place des structures de suivi des Accords de Bangui, la MISAB remplacé plus tard par la MINURCA.
Ces différents accords ont souffert de leur inapplication par le Président PATASSE.
La mobilisation du Peuple Centrafricain a donné la victoire à l’opposition aux élections législatives de Décembre 1998. Le Président PATASSE et le MLPC vont voler cette victoire en détournant un député élu d’un Parti de l’opposition et avec l’aide des “ indépendants” va constituer une majorité à l’Assemblée Nationale..
Les élections Présidentielles de 1999 ont été truquées par le Président PATASSE qui se déclara élu dès le 1er tour. C’est ici l’occasion de dire que la multitude des candidatures des Partis de l’opposition avait facilité ce hold-up électoral.
La mobilisation post-électorale contre le pouvoir s’est généralisée par la lutte des partis politiques et les syndicats en particulier des enseignants et du corps paramédical. Malgré les interdictions des réunions publiques en violation des libertés fondamentales, les Partis ont bravé le Pouvoir en organisant les marches et meetings.
Le meeting du mois de Décembre 2000 au stade BONGA BONGA a été le sommet de la contestation et a abouti à une répression aveugle du pouvoir qui s’est soldée par une centaine d’arrestations dont 4 députés, de certains de nos alliés dont le Vice-Président, l’allié Guy MAMADOU. Les députés ont été condamnés en dépit de leur immunité parlementaire.
Pour se maintenir au Pouvoir le Président PATASSE et le MPLC vont créer et armer une milice qui aura pour tâche essentielle de traquer, arrêter et tuer les opposants au régime. Leur base appelée KARAKO s’est illustrée à plusieurs occasions. Il en est de même de la Section d’Enquête et de Documentation (SERD) et la SENERI autre police politique dirigée par l’ancien Ministre DEMAFOUTH , spécialisée dans des tortures et autre sévices.
Le 28 mai 2001 une tentative du Coup d’Etat revendiquée personnellement par l’ancien Chef de l’Etat le Général André KOLINGBA n’a pas empêché le tribaliste PATASSE et son clan de pourchasser les membres de l’ethnie de l’ancien Chef de l’Etat. De nombreux assassinats ont été perpétrés sur des civils en particulier le député Théophile TOUBA. Plusieurs centrafricains ont choisi le chemin de l’exil pour se maintenir en vie, ce qui a désorganisé les familles, notre administration et a porté un coup dur à l’unité nationale.
En octobre 2001, la paranoïa du dictateur PATASSE l’a amené à accuser le général François BOZIZE, alors Chef d’Etat major des armées, de vouloir fomenter un coup d’Etat que l’intéressé a toujours nié. Pour se maintenir en vie, il s’est retiré au Tchad accompagné de quelques militaires qui lui sont restés fidèles.
Dès lors, le général François BOZIZE a reçu rapidement les soutiens des nombreux centrafricains qui lui a permis d’organiser une rébellion armée. Cette adhésion massive des différentes couches de notre peule s’est concrétisée par la déclaration du 7 décembre 2002 à Paris en France où notamment les cadres de la section de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès de France ont adhéré et signé au nom du Parti une déclaration qui a constitué une adhésion des politiques et de la société civile à cette lutte armée.
La lutte a abouti rapidement par le contrôle d’une partie importante de notre pays et de Bangui le 15 mars 2003. Cette prise de pouvoir par l’armée et les forces du progrès qui devrait soulager notre peuple de ses souffrances, a amené son adhésion massive.
Conformément à la déclaration du 7 décembre 2002 de Paris, les institutions de transition ont été mises en place pour assurer une transition qui s’est voulue consensuelle. Les deux gouvernements successivement formés ont exclu notre parti, représentatif et disposant d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale dissoute.
Un dialogue national a été organisé et des résolutions exécutoires ont été prises et attendent leur application qui sans doute devraient donner un nouveau souffle à notre pays.
Après 9 mois d’exercice, le pouvoir exécutif de la transition présente quelques inquiétudes. Nous avons assisté à une crise au sommet de l’Etat par le limogeage du Premier Ministre Abel GOUMBA en dehors de toute démarche consensuelle ainsi que la nomination d’un autre Chef du Gouvernement. Cette situation démontre l’instabilité du pouvoir liée à des calculs électoralistes, régionalistes et tribalistes.
L’insécurité est généralisée dans le pays, entretenue par ceux qui sont appelés des " libérateurs " et qui sont dans leur majorité d’origine Tchadienne. Cette situation malheureusement a tendance à s’empirer en témoigne les derniers crimes perpétrés par ceux-ci dont certains restent impunis.
Les libertés fondamentales ne sont pas toujours garanties et les Partis politiques n’ont pas toujours accès aux médias de l’Etat.
Les nominations pour l’essentiel se font toujours sur des bases de clientélisme, de régionalisme et de tribalisme. La constitution du nouveau gouvernement n’a pas échappé à cette règle où il faut ajouter les calculs électoralistes.
II- SUR LE PLAN ECONOMIQUE
La période du pouvoir MLPC a été caractérisée par une régression économique et financière. Notre pays n’a même pas bénéficié des effets positifs de la dévaluation du F.CFA en 1994 par absence des mesures d’accompagnement que le Gouvernement devrait mettre en place.
Le pays a connu des scandales financiers incroyables, des détournements des finances publiques, des fonds de projets financés par les partenaires au développement dont certains suspendu les projets. Quelques uns de ces partenaires ont du quitter notre pays.
A- Une baisse généralisée de la production
Les productions agricoles se sont dégradées pendant cette période :
- Le coton graine a eu une évolution lente et a commencé a baissé constamment. Plus grave, les productions ne sont pas systématiquement enlevées alors que le coton nourri environ 800 000 personnes.
Nous rappelons pour mémoire que dès 1960, notre pays était le 2ème producteur du coton en Afrique francophone après le Tchad . Aujourd’hui certains pays comme le Mali qui a commencé a développé le coton bien après l’indépendance a atteint plus de 300000 tonnes par an. Les derniers évènements ont aggravé cette situation par la destruction des installations d’usine d’égrainage de Bossangoa .
- Le café a suivi la même tendance et tend à disparaître parce que sa production est descendue à moins de 5 000 tonnes par an alors que la production potentielle peut être évaluée à 50 000 tonnes par an en réhabilitant seulement les plantations abandonnées.
- La production du bois est devenue anarchique sans préoccupation de l’environnement. Plusieurs permis ont été distribués à des entrepreneurs véreux ou à des proches du pouvoir qui ne payent pas les impôts .
- Le diamant, ressource essentielle pour notre pays sur le plan financier est tombée en partie dans le secteur informel. La fraude représente environ 80% et constitue un manque à gagner important pour le budget national. Les autorisations d’exploitation et d’achat étaient devenues l’affaire personnelle du Président PATASSE qui en a distribué à ses proches et à ses amis. Il a crée plusieurs sociétés qui ne font pas face à leurs engagements fiscaux.
La gestion financière inefficace, les détournements des deniers publics accompagnés de l’impunité a asséché les finances publiques. L’Etat s’est trouvé ainsi dans l’incapacité de faire face à ces engagements régaliens, notamment les paiements des salaires des fonctionnaires, des pensions et des bourses.
Au total, le produit intérieur brut n’a atteint en moyenne que 2.2% malgré le taux de croissance exceptionnel de 1994 de 6.4 %, effet mécanique de la dévaluation de F. CFA et qui ne constitue pas une production supplémentaire de la richesse nationale. La production de période est restée en dessous du taux démographique qui est de 2.5%.
Les investissements demeurent les plus faibles des pays Africains au Sud du Sahara. Ils représentent en moyenne ces cinq dernières années 9% du PIB alors que la moyenne pour les pays de la CEMAC est d’environ 30%.
B- Sur le plan des finances publiques
Les finances publiques sont caractérisées essentiellement par:
L’exiguïté de leur masse au regard de la richesse produite. Ainsi, depuis 1993, les recettes publiques rapportées au PIB sont les plus bas des pays de la CEMAC. De 1993 à 2002 ce rapport a représenté en moyenne 8,50 % du PIB alors que dans le même temps, la moyenne pour les pays de la CEMAC est de 19,30%. La pression fiscale représente donc le taux probablement le plus bas du monde.
Cette situation a plusieurs causes :
Le développement de la corruption dans les régies financières et leur inefficacité.
La corruption d’une partie des agents des régies financières.
Le détournement impuni au profit des fonctionnaires ou des autorités politiques de l’Etat. Le plus scandaleux est la levée des impôts par l’Inspection générale d’Etat que notre Parti avait déjà dénoncé en son temps et qui paraît aujourd’hui au grand jour, mais dont tous les contours ne sont pas encore élucidés.
Les nombreux scandales politico financiers qui ont privé l’Etat des recettes provenant des ventes des produits pétroliers et dont l’organisateur présumé est revenu en Centrafrique sans être inquiété alors qu’un mandat international est lancé contre lui par l’Etat Centrafricain. Son arrestation ces derniers jours est politique et non pour crime économique.
Le développement des sociétés écran.
Et l’absence des réformes dans ce domaine.
III DANS LE DOMAINE SOCIAL
La pauvreté s’est accentuée ces dix dernières années à cause d’une politique désastreuse dans les domaines de l’éducation et de la santé.
L’éducation nationale
L’école centrafricaine est caractérisée par l’insuffisance des infrastructures et des ressources humaines. Le développement des infrastructures scolaires n’a pas suivi le boom démographique, conjugué avec la baisse du nombre des enseignants.
Les spécialistes estiment le déficit des enseignants dans le primaire et secondaire à plus 2000. Pour accueillir les élèves dans les normes moyennes, le nombre des établissements primaires et secondaires doit être multiplié au moins par 5.
La situation difficile des enseignants qui accumulent les arriérés des salaires et qui n’ont aucun autre avantage, a entraîné un certain découragement dans le secteur. Ainsi, certains enseignants des villes de la province restent la moitié du temps à Bangui pour attendre un salaire qui arrive péniblement depuis les années.
Le taux de scolarité qui était de 81% en 1975 est tombé à 55% en l’an 2000, le ratio élèves/maître dans le primaire est passé de 58 dans les années 70 à 85.
Les dépenses consacrées à l’éducation ont baissé constamment pour ne représenter que 1,9 % du PIB en 2000 contre 3,7 % en 1980.
L’enseignement technique nécessaire pour un pays comme le notre ne dispose depuis l’indépendance que d’un lycée technique. Le nombre des enseignants dans les domaines scientifique et technique qui sont importants dans un pays en développement reste bas.
L’enseignement supérieur est en crise d’infrastructures et de ressources humaines, ce qui joue un rôle négatif sur la qualité d’enseignement et la formation de hauts cadres.
La santé publique
Notre pays connaît un véritable problème de santé : insuffisance d’hôpitaux et de centres de santé; ceux qui existent sont mal équipés et manquent de médicaments essentiels. Face à cette situation, nos médecins font des efforts hors du commun pour sauver le maximum de vies humaines.
Cette situation déplorable fait de nos hôpitaux de véritables mouroirs en témoigne l’évolution de quelques chiffres majeurs :
- L’espérance de vie à la naissance qui était de 48,5 ans en 1990 est tombée à 40, 4 en 2000.
- Le taux de mortalité infantile qui était de 104 pour mille dans les année 80est passé à 113 en 2000.
- Le pays dispose de 1 médecin pour 23 776 centrafricains
La prévalence de VIH/SIDA oscille entre 16 et 18% depuis 1993 un des plus hauts taux du monde, 10ème rang. D’après des études faites par des médecins centrafricains, environ 2 malades hospitalisés sur 3 sont atteints de cette maladie.
L’accès à la trithérapie reste encore un luxe même pour la plupart de la population. Or, certaines études montrent que dans 10 ans, le pays risquerait de perdre une bonne moitié des fonctionnaires, notamment les enseignants et les militaires. Le développement de cette maladie au sein de la jeunesse pose le problème de la relève.
Le secteur privé est également touché et se manifeste par un taux élevé d’absentéisme qui a des conséquences négatives sur la production nationale.
B- LES PROPOSITIONS
Face à cette situation, le Congrès de notre Parti réuni les 26, 27 et 28 décembre 2003 à Bangui, a fait des propositions qui sont contenues dans son programme actualisé et adopté à l’unanimité.
Les grandes lignes sont les suivantes :