Gabon - Présidentielles 09 : un scrutin ouvert qui déjoue les pronostics

Publié le par Le Figaro

Les premières élections présidentielles sans Omar Bongo, dimanche, s'annoncent serrées.

Entre ralliements de dernière minute et alliances improbables, nul ne savait plus très bien, à deux jours du scrutin au Gabon, combien des 23 candidats officiels à la succession d'Omar Bongo étaient encore réellement en course pour l'élection de dimanche.

Une façon de troubler un peu plus des Gabonais désorientés par cette première élection un peu ouverte de l'histoire du pays. Le mode de scrutin à un seul tour rend tout pronostic presque impossible.«Comme la publication des sondages est interdite, les gens sont dans le vague. Les résultats devraient être très serrés s'il n'y a pas de triche», analyse un expert, sceptique. On redoute un scrutin peu transparent, comme savait les organiser Omar Bongo. Car, même mort, l'ancien président reste omniprésent.

Ali, le fils dans l'ombre du père

D'abord à travers son fils Ali Bongo, candidat à l'héritage qui affiche sa confiance en une victoire sereine. Longtemps très discret, ce quinquagénaire bien portant a tenté de sortir de l'ombre du père en se lançant dans une campagne tapageuse. Histoire aussi de contourner son impopularité auprès des petites gens et les rancœurs envers un passage de pouvoir «monarchique», qui fait grincer bien des dents. L'homme, que son père a toujours refusé d'adouber, se dit légitime : «Je n'ai pas moins de droit d'être candidat qu'un autre citoyen si je me sens à même de gouverner.» Ses opposants l'accusent de ne chercher qu'à préserver les intérêts financiers d'un clan au pouvoir depuis plus de 40 ans.

Pierre Mandoundou non plus n'oublie pas Omar Bongo. Il est le seul de tous les prétendants sérieux à ne jamais avoir travaillé avec l'ancien président et il compte sur cette virginité politique pour convaincre. «Pierre Mandoundou incarne le changement», explique-t-il, parlant de lui à la troisième personne. Dissidents du parti au pouvoir, André Mba Obame et Casimir Oyé Mba, ministres de nombreux gouvernements, jouent discrètement avec leur appartenance à l'ethnie Fang, la plus importante du pays, pour doper leurs chances. Tous promettent de dimanche surveiller de très près les 2 800 bureaux de vote.

Publié dans L'AFRIQUE

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