Dialogue pour la paix en Centrafrique : appels au pardon et à des résultats

Publié le par Afp

BANGUI (AFP) — Le "Dialogue politique inclusif" en Centrafrique, forum pour tenter de ramener la paix dans ce pays, s'est ouvert lundi à Bangui par des appels au pardon d'opposants et rebelles, ainsi qu'à des demandes de solutions "concrètes" de deux présidents, dont le Gabonais Omar Bongo Ondimba.

Parmi les personnalités qui se sont exprimées lors de la cérémonie d'ouverture devant quelque 500 personnes à l'Assemblée nationale, figuraient l'ex-président (1993-2003) Ange-Félix Patassé, le chef de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD, rébellion) Jean-Jacques Demafouth, le président centrafricain François Bozizé et son homologue Bongo, médiateur pour la paix en Centrafrique.

Le Dialogue, qui se tiendra jusqu'au 20 décembre, "n'est pas un tribunal, moins encore un lieu de règlement de comptes", a notamment déclaré M. Patassé, rentré dimanche à Bangui d'un exil de plus de cinq ans à Lomé (Togo).

Le forum, présidé par l'ex-chef de l'Etat burundais Pierre Buyoya, "ne doit pas être l'affaire du seul pouvoir avec les groupes politico-militaires, les partis politiques" ni celle "d'intellectuels petits bourgeois", a-t-il ajouté.

Selon le comité d'organisation, ces assises rassemblent des représentants des pouvoir, opposition, rébellions et société civile de ce pays pauvre et enclavé de 4,5 millions d'habitants, confronté depuis 2005 à l'insécurité dans le Nord, avec des exactions de rebelles, "coupeurs de routes" et militaires.

Le programme prévoit des discussions sur plusieurs thèmes, notamment "le développement économique et social" de la Centrafrique, en proie également à une crise financière et sociale se traduisant pour les fonctionnaires par des mois de retard au paiement des salaires.

Jean-Jacques Demafouth, de l'APRD - principal mouvement rebelle actif depuis 2005 dans le nord de la Centrafrique - a fait amende honorable en "demandant pardon à tous ceux à qui (il) aurait fait du tort", après six ans d'exil en France.

Le capitaine Abacar Sabone, chef du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la Justice (MLCJ, rébellion), s'est pour sa part engagé "à renoncer définitivement à la lutte armée" pour la politique, après avoir signé dimanche un cessez-le-feu et un accord de paix avec le gouvernement grâce à une médiation du Tchad.

Depuis février 2007, c'est le cinquième accord de paix entre Bangui et des mouvements rebelles. Certains des précédents accords ont été signés sous l'égide du Gabon, dont le président a prôné lundi des solutions concrètes pour éviter "un Dialogue de plus".

"Il doit être un dialogue authentique, patriotique, vivant et sincère et permettre aux Centrafricains de réécrire l'histoire de leur pays au lieu qu'elle se répète", a affirmé Omar Bongo Ondimba.

Un sentiment partagé par l'ex-président Pierre Buyoya, pour qui les participants au forum sont "tenus de ne pas décevoir" les Centrafricains.

"Il faudra qu'il débouche sur des recommandations utiles et concrètes qui apportent de réelles solutions aux problèmes" du pays, a ajouté M. Buyoya.

Leur hôte centrafricain François Bozizé, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2003 puis élu en 2005, a pour sa part souhaité que le Dialogue soit "le rendez-vous de l'intérêt de la Nation", "pour la réconciliation et la paix".

Le porte-parole de son gouvernement et coordonnateur du Dialogue, Cyriaque Gonda, a estimé qu'il s'agissait de la concertation "de la dernière chance pour la Centrafrique". Le pays avait organisé en septembre-octobre 2003 un "Dialogue national" dont les recommandations n'ont pas abouti.

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