Le Rwanda porte plainte contre la France
Kigali a déposé une requête contre la France devant la Cour internationale de justice, estimant que les mandats d'arrêts du juge Bruguière contre des proches du président Paul Kagame "violaient sa souveraineté".
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Le président rwandais Paul Kagamé (Reuters)
Le Rwanda a déposé mercredi 18 avril une requête contre la France devant la Cour internationale de justice, estimant que les mandats d'arrêts du juge français Jean-Louis Bruguière contre des proches du président Paul Kagame "violaient sa souveraineté", selon l'AFP.
"Le gouvernement rwandais estime qu'en lançant des mandats d'arrêts internationaux contre des officiels d'un Etat souverain, un autre Etat souverain soulève des questions internationales dont doit se saisir un tribunal international impartial et compétent", selon le texte de la requête diffusé par les autorités rwandaises à La Haye.
Le Rwanda considère que ces mandats d'arrêts "violent sa souveraineté et entrave sa capacité à fonctionner librement et normalement comme un Etat souverain", selon ce texte.
Les observateurs notent qu'il est plutôt improbable que la requête aboutisse, la France ne devant pas juger la CIJ compétente dans cette affaire. Le ministre rwandais de la Justice Tharcisse Karugarama et le procureur général du Rwanda Martin Ngoga ont fait le voyage de La Haye pour déposer cette requête, que la CIJ, plus haute instance judiciaire des Nations unies, transmettra à la France.
Les relations entre la France et le Rwanda sont extrêmement tendues depuis la fin du génocide survenu en 1994.
Elles se sont encore détériorées fin novembre 2006 quand Kigali a rompu ses relations diplomatiques avec la France après que le juge français Jean-Louis Bruguière avait réclamé des poursuites contre Paul Kagame et neuf de ses proches pour leur "participation présumée" dans l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Cet assassinat avait servi de déclencheur aux massacres.
Le juge français a signé neuf mandats d'arrêt qui visent les chefs d'"assassinat" ou de "complicité d'assassinat" et qui doivent être diffusés dans tous les pays membres d'Interpol.
Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Belgique, ancienne puissance coloniale, ont dans le passé présenté leurs excuses au Rwanda, mais pas la France. (avec AFP)