Centrafrique : l'accord entre Bangui et l'UFDR, mince espoir de paix dans le nord
BANGUI (AFP) - L'accord signé vendredi avec Bangui par la rébellion de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) suscite un bien mince espoir de paix dans le nord de la Centrafrique, livré aux attaques de groupes rebelles et aux exactions de bandits armés.
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| Patrouille de soldats de la FOMUC le 14 décembre 2006 à Birao (© AFP/Archives - Francesco Fontemaggi) |
L'engagement de l'UFDR à cesser les hostilités devrait ramener le calme dans une large part du nord-est centrafricain, dont elle avait réussi à conquérir en novembre plusieurs localités, dont Birao, bourgade de 14.000 habitants située à 800 km au nord-ouest de Bangui et à une centaine de km des frontières tchadienne et soudanaise.
Il avait fallu quinze jours de contre-offensive et l'appui décisif de l'armée française, dont l'aviation était intervenue plusieurs fois contre les rebelles, pour que les Forces armées centrafricaines (Faca) se rendent à nouveau maîtresses de la région.
Sans toutefois parvenir à éradiquer la menace rebelle, puisque l'UFDR avait à nouveau attaqué la ville les 3 et 4 mars, et n'avait été repoussée qu'avec, une nouvelle fois, le soutien décisif de l'armée française.
En déposant les armes, les hommes de Damane Zakaria rejoignent ceux d'Abdoulaye Miskine, chef d'un nébuleux Front démocratique de libération du peuple centrafricain (FDPC) plutôt actif dans le nord-ouest, qui a signé en février en Libye avec Bangui un accord similaire.
Mais le chemin semble encore long avant de voir le nord de la Centrafrique pacifié. Car en attirant les regards vers la partie nord-est du pays, les actions d'éclats de l'UFDR ont largement occulté l'inexorable plongée du nord-ouest centrafricain dans la violence.
Une région mise en coupe réglée par des hommes en armes, où se mêlent "coupeurs de route" et autres bandits de grand chemin, qui détroussent les voyageurs ou délestent les éleveurs de leurs troupeaux, et groupuscules rebelles.
Dans le nord-ouest de la Centrafrique, "la situation, déjà déplorable, s'aggrave chaque jour un peu plus (et) a atteint le niveau d'un désastre humanitaire", s'alarmait fin janvier le chef de mission de l'ONG International Rescue Comittee (IRC) en Centrafrique, Bob Kitchen.
"Des villages sont attaqués, pillés et brûlés, des civils sont massacrés et les survivants fuient en brousse pour avoir la vie sauve", déplorait l'IRC.
Après le ralliement d'Abdoulaye Miskine, un groupuscule rebelle, l'Armée pour la restauration de la République et la démocratie (APRD), continue d'être actif dans cette partie du pays, la presse lui attribuant régulièrement des coups de main-éclair contre des localités.
En convainquant l'UFDR et Abdoulaye Miskine de cesser les hostilités, la présidence centrafricaine espère bien néanmoins avoir créé une dynamique qui poussera les autres groupes armés actifs dans le nord à signer à leur tour un accord de paix.
"Nous osons croire que cet accord (...) servira d'exemple à d'autres compatriotes qui n'ont pas encore déposé les armes", a déclaré à l'AFP Cyriaque Gond, porte-parole de la présidence centrafricaine, après la signature du chef de l'UFDR vendredi à Birao.
Rien n'est moins sûr selon certains observateurs. Dans la région, la limite est souvent mince entre les motivations politiques et les visées crapuleuses de groupes aux contours mal définis qui prospèrent sur un terrain déserté par un Etat centrafricain financièrement exsangue.
Débarrassée de la menace que faisait peser l'UFDR aux confins du Tchad et du Soudan, l'armée centrafricaine pourrait en revanche concentrer ses efforts sur la partie nord-ouest du pays. Au risque de multiplier les exactions que les ONG attribuent régulièrement aux Faca dans le nord de la RCA.
