Tchad : de violents combats entre larmée et des rebelles
violemment affrontées hier lundi dans l’Est du Tchad. Les rebelles accusent les forces loyalistes d’avoir déclenché les hostilités. Cette épreuve des forces prouve, selon une certaine opinion, que la solution à la crise tchadienne est politique et doit passer inévitablement par le dialogue entre les protagonistes. La tenue d’une conférence tripartite Tchad , Soudan et Centrafrique est indispensable compte tenu des liens étroits qui unissent les rébellions de ces pays. De violents combats ont opposé lundi l’armée tchadienne à des rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno dans l’est du Tchad, près de la frontière soudanaise, ont annoncé le gouvernement de N’Djamena et un porte-parole de la rébellion cités par l’AFP. «Une colonne de plus de 200 véhicules d’éléments armés a attaqué la position des forces de défense et de sécurité ce (lundi) matin à Amdjérima …», a déclaré le porte-parole du gouvernement Hourmadji Moussa Doumgor dans un communiqué transmis à l’AFP dans la capitale tchadienne. «Les forces de défense et de sécurité ont riposté avec détermination pour mettre en déroute les assaillants venus comme toujours du Soudan. Le ratissage se poursuit», a-t-il ajouté, évoquant un bilan de huit membres de l’armée tués et de «nombreux morts» dans les rangs rebelles.
Le ministre de la Communication a également affirmé que l’armée avait détruit 38 véhicules rebelles. Selon les autorités, l’assaut a été donné par les rebelles de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, du Rassemblement des forces démocratiques (RaFD) des frères Tom et Timan Erdimi et de la Concorde nationale tchadienne (CNT) d’Hassan Saleh al-Djinédi.
ACCUSATION DE LA REBELLION
Interrogé par l’AFP sur téléphone satellitaire, un porte-parole de la coordination qui réunit ces rébellions a confirmé les combats tout en en attribuant la paternité aux forces gouvernementales. «C’est le gouvernement qui a attaqué ce matin dans la zone d’Amdjérima», dans la région de Goz Béïda, a déclaré Maïdé Id Moura. «Il y a eu des combats entre les forces gouvernementales et les hommes de la CNT, mais c’est déjà fini et la CNT contrôle toujours la zone pour le moment», a-t-il ajouté sans fournir de bilan.
La CNT avait accusé la semaine dernière l’armée d’avoir bombardé ses positions par hélicoptère à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise. Les autorités avaient reconnu avoir mené une «opération terrestre et aérienne» contre des éléments armés dans cette zone. Cette reprise des hostilités au Tchad prouve, selon une certaine opinion, que la solution à la crise tchadienne est loin d’être militaire. Elle est avant tout politique et doit passer inévitablement par un dialogue national non exclusif. Le président Idriss Deby est appelé à privilégier les intérêts supérieurs de la Nation tchadienne pour prendre en compte les revendications de différentes rébellion afin de trouver un bon compromis et sceller définitivement la réconciliation nationale.
Encore faudra-t-il que l’Union africaine organise un sommet tripartite sur la sécurité en Afrique centrale qui réunira notamment les dirigeants du Tchad ,Soudan et de la Centrafrique compte tenu des liens étroits qui unissent les rébellions de ces pays . Car, faute d’une solution négociée, la région de l’Afrique centrale risquera de s’embraser avec des conséquences incalculables pour l’ensemble du continent.
Par Pierre Emangongo