Côte d'Ivoire: nouveau gouvernement, retrait annoncé des troupes étrangères

Publié le par tribune de genève

Le nouveau gouvernement de transition en Côte d'ivoire, comprenant 33 portefeuilles repartis entre le camp présidentiel, la rébellion des Forces nouvelles (FN) et l'opposition, a été rendu public samedi alors que le retrait des troupes étrangères est annoncé pour la mi-avril.

Le Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel) et ses alliés disposent de onze postes dans ce nouveau gouvernement, le quatrième en cinq ans de crise, contre sept aux FN avec lesquelles ils ont conclu un accord de paix le 4 mars à Ouagadougou.L'opposition, représentée par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique) et le Rassemblement des républicains (RDR, parti de l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara) se repartissent chacun cinq portefeuilles. Le reste va aux petits partis et à la société civile.

Le nouveau gouvernement compte quatre femmes contre cinq dans le précédent.

La nouvelle équipe enregistre l'entrée de six nouveaux ministres, dont les porte-parole de la présidence Désiré Tagro et de la rébellion des Forces nouvelles (FN) Sidiki Konaté, respectivement ministre d'Etat chargé de l'Intérieur et de la sécurité et ministre de l'Artisanat.

Neuf ministres quittent le gouvernement, parmi eux le ministre de la Défense René Aphing Kouassi (société civile) remplacé par l'ancien titulaire de l'Education nationale Michel Amani N'Guessan (Front populaire ivoirien, FPI, parti au pouvoir).

Le ministère délégué à l'Economie et aux finances et celui de la Communication deviennent dans ce nouveau gouvernement des ministères de plein exercice, occupés respectivement par Charles Diby Koffi issu de la société civile et Ibrahim Sy Savané, des FN.

M. Soro, chef des FN avait été nommé le 29 mars et confirmé dans ses fonctions cinq jours plus tard.

Il avait aussitôt entamé ses consultations avec l'ensemble de la classe politique ivoirienne pour former son gouvernement.

Le nouveau gouvernement découle de l'accord de paix de Ouagadougou qui prévoit également la suppression à partir du 16 avril de la "zone de confiance" (ZDC), une bande de territoire qui sépare le nord et le sud ivoirien, placée sous la direction du général Marcel Amoussou, commandant des Casques bleus de la mission de l'ONU (Onuci).

La ZDC sera remplacée par des "postes d'observation", occupés par les "forces impartiales" et réduits de moitié tous les deux mois jusqu'à leur suppression totale, selon les termes de l'accord.

MM. Gbagbo et Soro ont eu jeudi un entretien commun avec les chefs d'état-major des forces loyalistes et rebelles sur le Centre de commandement intégré (CCI), symbolisant la réunification des deux armées prévues par l'accord de paix inter-ivoirien.

"Nous allons bientôt mettre sur pied le CCI qui va commencer à travailler dans la zone de confiance, qui va ensuite voir disparaître cette zone", a indiqué le général Philippe Mangou, chef des Forces de défense et de sécurité ivoirienne (FDS, loyalistes).

Quelque 7.800 casques bleus et 3.500 Français de l'opération Licorne, constituent les "forces impartiales" chargées sous mandat onusien d'empêcher une reprise des affrontements entre les deux camps.

La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis 2002 à la suite d'un coup d'Etat raté contre le président Gbagbo. Le sud du pays est resté sous contrôle des forces loyalistes, les FN contrôlant le nord.

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Publié dans L'AFRIQUE

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