Tchad: plus de 100 morts dans les violences du week-end

Publié le par A.F.P

 

N'DJAMENA (AFP) - jeudi 05 avril 2007 - 18h30 - Les affrontements qui ont opposé le week-end dernier plusieurs communautés dans deux localités de l'extrême est du Tchad et provoqué l'intervention de l'armée de N'Djamena ont fait plus d'une centaine de morts, a-t-on appris jeudi de source officielle tchadienne.

Le gouvernement tchadien avait affirmé lundi que ces attaques contre les localités de Tiero et de Morina, près de la frontière soudanaise, attribuées à des milices arabes soudanaises janjawids, avaient fait 29 morts parmi la population et 25 dans les rangs des assaillants.

"Le bilan de l'attaque des localités de Tiero et Morina s'élève à une centaine de morts de part et d'autre, selon les informations que nous avons recueillies sur le terrain", a indiqué jeudi à l'AFP un officiel tchadien s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Selon des témoignages recueillis par l'AFP, la population locale fait état de plus de 200 victimes mais ces chiffres n'ont pu être confirmés par les enquêtes menées par le gouvernement ou des sources indépendantes.

Ces affrontements ont éclaté samedi à la suite de l'assassinat de deux membres de tribus arabes par une milice d'ethnie africaine dadjo, qui a provoqué en représailles l'attaque des deux villages, qui abritent des populations d'ethnie dadjo, selon l'officiel tchadien.

Ces combats ont ensuite causé l'intervention de l'armée tchadienne, qui a mis fin aux affrontements, a ajouté cette même source.

"Les tensions entre les communautés dadjos et mouros et les tribus arabes et ouaddaïennes (de la province tchadienne du Ouaddaï, ndlr) étaient très vives dans cette zone avant l'attaque. Il y avait déjà eu plusieurs accrochages", a commenté l'officiel tchadien.

L'intervention dans ces violences des milices janjawids, alliées de l'armée de Khartoum dans le conflit qui embrase le Darfour voisin, n'a pu être ni confirmée, ni infirmée, selon plusieurs sources.

Selon des sources sur le terrain, un millier de familles arabes et ouaddaïennes ont déserté la région après les combats et une partie d'entre elles a été signalée depuis à l'intérieur du territoire soudanais.

Depuis novembre, plusieurs centaines de civils tchadiens, en majorité membres de communautés non arabes, ont été tués et des dizaines de milliers d'autres déplacés dans l'est du pays à la suite d'une série d'attaques menées par des groupes armés non identifiés.

Le gouvernement de N'Djamena a maintes fois accusé ces groupes d'être des janjawids. Ces miliciens, accusés de nombreuses exactions au Darfour, ont plusieurs fois attaqué des villages tchadiens ces dernières années, alimentant les tensions entre le Soudan et le Tchad.

Les deux pays s'accusent mutuellement de soutenir des rébellions hostiles à leurs régimes respectifs et entretiennent des relations tendues. Tous deux refusent le déploiement à leur frontière d'une force militaire de l'ONU.

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Publié dans L'AFRIQUE

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