Quel est létat actuel de la sécurité et de léconomie centrafricaine ?
L’économie nationale se relève timidement et est surtout caractérisée par l’impatience des citoyens à trouver du travail pour améliorer leur quotidien. Et cette situation préoccupe sérieusement le gouvernement qui doit employer tous ces jeunes afin qu’ils ne deviennent pas des coupeurs de route.
Elie DOTE, Premier Ministre et Ministre des Finances de la République Centrafricaine « L’Etat Centrafricain a décidé d’émettre un Emprunt Obligataire sur le Marché Financier de la CEMAC » L’Etat centrafricain veut lever des fonds sur le Marché Financier de l’Afrique Centrale pour financer la reconstruction de son économie. Le Chef du gouvernement réaffirme dans cet échange, l’engagement de l’Etat à réussir cette opération. Nous avons rencontré le Premier Ministre et Ministre des Finances au cours des travaux du premier Atelier Régional de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) sur le thème « L’Emission des titres publics par appel publique à l’épargne » à Bangui les 30 et 31 Mars 2007. Entretien. Quel est l’état actuel de la sécurité et de l’économie centrafricaine ?
L’économie nationale se relève timidement et est surtout caractérisée par l’impatience des citoyens à trouver du travail pour améliorer leur quotidien. Et cette situation préoccupe sérieusement le gouvernement qui doit employer tous ces jeunes afin qu’ils ne deviennent pas des coupeurs de route. Et pour cela, il faut relancer la machine économique. Notre programme économique actuellement en cours d’exécution a cela comme un de ses objectifs majeurs. En ce qui concerne la sécurité, la situation à l’intérieur du pays est calme. Nous sommes cependant victime de la crise au Darfour (Soudan voisin, ndlr) et des attaques intérieures qui en découlent. Nous continuons de travailler avec nos voisins et frères pour rétablir la sécurité et la paix. Ces négociations permanentes ont permis à l’Organisation des Nations Unies (ONU) de marquer son accord pour le déploiement de sa force militaire le long de la frontière au Nord du pays.
Le financement public par le Marché Financier impose des contraintes de gouvernance. Jusqu’où la République Centrafricaine peut aller dans le respect de ses exigences ?
L’Etat centrafricain a effet pris la décision de lever des fonds par un Emprunt Obligataire d’Etat sur le Marché Financier de l’Afrique Centrale pour financer la reconstruction de l’économie nationale. Nous avons pris connaissance des exigences du Marché en ce qui concerne ce type d’opération et nous travaillons déjà à réunir toutes les conditions nécessaires pour son succès. La respect rigoureux de la gouvernance étant une des exigences de cet outil moderne de financement, nous l’avons intégré dans notre programme économique en cours de réalisation qui s’articule autour de trois axes : la consolidation de la sécurité et de la paix ; la stabilisation macroéconomique et la relance de la croissance, et la reconstruction des infrastructures socio-économiques. Les exigences du Marché sur le plan financier viennent s’ajouter à cet impérieux besoin de gouvernance. C’est pourquoi l’assainissement actuel de la vie socio-économique participe de ce processus dans la mesure où nous sortons progressivement des multiples crises qui ont marqué la vie de la République Centrafricaine ces dernières années. Nous sommes déterminés à atteindre notre objectif.
Compte tenu des exigences requises pour émettre un Emprunt Obligataire, pourquoi n’avoir pas commencé par titriser la dette intérieure pour mieux préparer ce premier emprunt d’Etat ? Nous sommes en train d’évaluer de manière précise la dette intérieure qui se chiffre 90 milliards de FCFA sans la part des entreprises publiques. De même, les arriérés de salaires accumulés depuis plusieurs années ont atteint les 70 milliards de FCFA. Et ces arriérés de salaires doivent être payés suivant le principe de continuité de l’Etat. Une étude conjointe de la Banque Mondiale et du gouvernement centrafricain se déroule actuellement pour apporter tous les détails nécessaires à sa bonne évaluation afin que l’Etat soit fixer sur le montant à rembourser. Cela participe de la transparence et de la bonne gouvernance. La titrisation de la dette intérieure est certes une voie à suivre, mais nous avons le souci de choisir une méthode de gestion durable de nos problèmes économiques. La bonne évaluation des engagements à honorer par l’Etat est une étape essentielle dans la résolution de nos difficultés économiques.
Quel est le montant de l’enveloppe que l’Etat centrafricain va lever sur le Marché Financier Régional ?
Une première évaluation de nos besoins en financement tel que je l’ai exposé à une réunion de l’Union Africaine se chiffrait à presque 500 millions de dollars US. Mais le coût de la consolidation de la sécurité et de la paix s’est révélé plus important que prévu. C’est pourquoi nous attendons les travaux de restitution, en juin 2007, de l’étude conjointe Banque Mondiale et Gouvernement Centrafricain pour décider de manière définitive du montant à lever sur le Marché Financier de la CEMAC. Ces travaux verront aussi la publication du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté. Mais en l’état actuel des informations disponibles, les besoins de l’Etat Centrafricain en assurer la sécurité et la paix et conduire son développement économique se chiffrent à un milliard de dollars US environ.
Entretien Réalisé par Jacques Junior SCHULE à Bangui
© 2007 www.icicemac.com