M. Gbagbo invite les Ivoiriens à s'"approprier" l'accord de Ouagadougou
ABIDJAN (AFP) - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a invité vendredi soir ses
compatriotes à s'"approprier" l'accord de paix qu'il a signé le 4 mars avec la rébellion, en prévenant qu'"un échec dans son application serait catastrophique".
"J'invite les Ivoiriens à s'approprier cet accord parce qu'un échec dans l'application de celui-ci serait catastrophique, aucune possibilité de pourparlers ne pouvant plus être expérimentée", a déclaré le président Gbagbo dans un discours à la nation retransmis par la télévision publique.
Le chef de l'Etat a invité "la société civile, les jeunes, les femmes, les travailleurs à ne rien faire ni dire qui puisse directement ou indirectement compromettre l'application de l'accord", et demandé "à tous ceux pour qui la guerre est devenue pénible de s'impliquer et (de l') accompagner".
M. Gbagbo s'est dit "fier" de cet accord, "une victoire de tout le peuple ivoirien" qui fait naître "l'espoir d'une paix imminente".
"Nous devons tout mettre en oeuvre pour sauvegarder cet accord, le premier conclu à l'initiative des Ivoiriens, entre Ivoiriens et pour les Ivoiriens" et qui doit être "le dernier" dans la crise ivoirienne, a-t-il ajouté.
Il a également exhorté "particulièrement" la rébellion des Forces nouvelles (FN) "à se maintenir dans la voie que nous avons choisie à Ouagadougou".
"Dès que commencera la levée de la zone de confiance, j'irai moi-même au nord, au nord-est, à l'ouest et au centre du pays", en partie en zone rebelle où il ne s'est jamais rendu depuis septembre 2002, a-t-il ajouté.
M. Gbagbo a confirmé l'adoption prochaine d'une loi d'amnistie et la mise en place du service civique et du programme d'aide au retour des déplacés de guerre, trois mesures prévues par l'accord signé dimanche.
Il s'agissait du premier discours à la nation du président ivoirien depuis la signature, dimanche dernier à Ouagadougou, de cet accord avec le chef de rébellion des FN, Guillaume Soro, qui a pris le contrôle de la moitié nord du pays lors d'une tentative de coup d'Etat en septembre 2002.
Le texte prévoit notamment la formation prochaine d'un nouveau gouvernement et la suppression de la "zone de confiance" qui sépare le sud loyaliste du nord rebelle et où sont déployés les casques bleus de l'ONU et les soldats français.
Elaboré sous l'égide du président burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur de la crise ivoirienne, cet accord vise en principe à réunifier le pays, notamment par l'organisation d'élections, sans cesse repoussées depuis octobre 2005.
M. Gbagbo a particulièrement remercié M. Compaoré, président d'un "pays frère avec lequel nous avons un destin commun".
Il a également rendu un hommage appuyé au président sud-africain Thabo Mbeki pour son implication dans le processus de paix ivoirien. L'Afrique du Sud assure en mars la présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit examiner le dossier ivoirien lundi à New York.