AFRIQUE - SOMMET DE PEKIN : LA CHINEAFRIQUE POSE SES BASES

Publié le par AFP

Pékin à l'heure africaine pour un sommet qualifié d'historique
- 3 novembre 2006 - par AFP

Pékin accueille ce week-end une quarantaine de dirigeants africains pour un sommet qualifié d'historique, reflétant l'influence politique et économique croissante de la Chine sur le continent noir.

Pour l'occasion, les Chinois ont paré leur capitale, dont le trafic autactualité afriqueomobile sera strictement limité, d'innombrables banderoles, lanternes et photographies géantes de paysages africains avec girafes et éléphants.

"Afrique pleine de mystères et de miracles", proclame un des slogans en trois langues (chinois, anglais et français), affiché un peu partout.

"Depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, le sommet de Pékin est la plus importante conférence internationale organisée par la Chine", a affirmé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Liu Jianchao.

Parmi les chefs d'Etat et de gouvernement de plus de 40 pays d'Afrique, figureront des personnages controversés, comme les présidents du Soudan et du Zimbabwe, Omar al-Béchir et Robert Mugabe, cibles des critiques des pays occidentaux pour leurs politiques de violations des droits de l'Homme.

"Nous devons considérer ce sommet de Pékin avec une perspective plus large et à plus long terme des relations sino-africaines", s'est défendu Liu Jianchao, soulignant que les bonnes relations entre le géant asiatique et l'Afrique bénéficient également à "la paix mondiale".

Si la Chine a été présente en Afrique depuis les années 1960, les engagements politiques maoïstes de l'époque ont cependant laissé désormais la place à des objectifs beaucoup plus commerciaux et énergétiques.

Lors de la conférence ministérielle, qui se tient vendredi et durant le sommet du week-end, plus de 2.500 accords commerciaux séparés seront discutés, a indiqué le ministre adjoint du Commerce, Wei Jianguo, sans donner plus de détails.

Avant le sommet, les autorités chinoises ont souligné leur engagement en faveur des économies africaines, indiquant notamment avoir exempté de droits de douanes les exportations de matières premières de 28 pays africains les moins développés et avoir annulé ces dernières années la dette de 31 nations du continent pour un montant de 10,9 milliards de yuans (1,36 milliard de dollars).

De plus, selon M. Wei, la Chine a investi 6,27 milliards de dollars en Afrique à la fin 2005.

Mais cette présence chinoise accrue entraîne de nombreuses critiques, la plus récente étent venu du président de la Banque mondiale (BM) Paul Wolfowitz.

Ce dernier a mis en garde la Chine à propos de certaines de ses pratiques, qu'il s'agissent des méfaits environnementaux liés à des projets chinois d'exploitation de matières premières ou du réendettement de certains pays pauvres auprès de Pékin, alors même qu'une grande partie de leur dette a été annulée l'an dernier par les principales institutions internationales.

"Il ne faudrait pas qu'elles commettent les mêmes erreurs que la France et les Etats-Unis avec le Zaïre de Mobutu", a-t-il réagi.

Ces attaques sont régulièrement balayées par les dirigeants chinois.

"Nous ne pensons pas que le développement de relations amicales sur la base de l'égalité et des bénéfices mutuels soit une erreur", a déclaré Liu Jianchao. "La question clef est le bien-être des Chinois et des Africains et le développement économique de l'Afrique", a-t-il ajouté.

En septembre, un autre porte-parole du ministère, Qin Gang, avait usé de l'ironie. "On exagère pour faire sensation, on a l'impression que la pauvreté dans ces pays est causée par la Chine", avait déclaré Qin Gang.

 

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Publié dans LE MONDE

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