CHARLES TAYLOR - COUR PENALE INTERNATIONALE : DIRECTION LA HAYE POUR L'ANCIEN DICTACTEUR

Publié le par LE MONDE

Charles Taylor, ancien président libérien, a été transféré à La Haye pour y être jugé
LE MONDE | 21.06.06 | 14h54  •  Mis à jour le 21.06.06 | 14h54

Charles Taylor, en avril 2006, lors de sa première comparution devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone. | AFP/GEORGE OSODI

ous haute protection, à bord d'un hélicoptère puis d'un avion affrété par les Nations unies, l'ancien président libérien Charles Taylor a été transféré, mardi 20 juin, de la prison de Freetown (Sierra Leone) vers le centre de détention de haute sécurité de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye (Pays-Bas), où il doit être jugé.

 

L'ex-"seigneur de la guerre", qui a plaidé "non coupable", est inculpé pour "crimes contre l'humanité", "crimes de guerre" et neuf autres chefs d'inculpation par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) pour des faits commis entre 1997 et 2000.

Charles Taylor est accusé d'avoir soutenu les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF) afin de s'emparer des richesses en diamants de ce pays et de financer des achats d'armes. Le RUF terrorisait ses victimes en leur coupant des bras, des oreilles et des lèvres.

Les guerres civiles du Liberia et de Sierra Leone ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes entre 1989 et 2003. Se félicitant, mardi, du transfert, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a souhaité que "tous les pays coopèrent avec le tribunal spécial (...) en facilitant (...) témoignages et auditions de témoins".

CRIMINEL DE GUERRE

L'arrivée en Europe de Charles Taylor constitue une étape déterminante dans le processus qui doit mener au jugement de l'un des principaux criminels de guerre africains de ces dernières années. Ni le Liberia d'Ellen Johnson Sirleaf, élue démocratiquement en novembre 2005, ni la Sierra Leone ne souhaitait que le procès ait lieu sur son territoire, par crainte de déstabilisation.

Dès l'arrestation de l'ancien dictateur réfugié au Nigeria, le 29 mars, le TSSL avait demandé le dépaysement de l'audience dans les locaux de la Cour pénale internationale, à La Haye. Mais il avait fallu encore trois mois pour qu'un Etat, la Grande-Bretagne, se porte volontaire pour incarcérer M. Taylor après une éventuelle condamnation.

Les Pays-Bas ont en effet accepté d'héberger le procès à condition que l'accusé purge sa peine dans un autre pays. Le feu vert britannique, jeudi 15 juin, avait débouché, deux jours plus tard, sur un vote du Conseil de sécurité de l'ONU officialisant le transfert à La Haye.

Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 22.06.06
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Publié dans L'AFRIQUE

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