REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO - PRESIDENTIELLE 2006 : L'OPPOSITION RECLAME DES CONCERTATIONS POST-ELECTORALES
Manifestation hostile au pouvoir et aux étrangers à Kinshasa Les manifestants, essentiellement des jeunes gens, ont notamment scandé "le Congo n'est pas à vendre" ou encore "les dirigeants au pouvoir ont vendu le pays aux étrangers". Plusieurs manifestants ont été légèrement blessés lors de la dispersion de la marche par les forces de l'ordre. Un photographe de l'AFP a été volontairement frappé à la tête par un manifestant au cours de cette dispersion. Rassemblés en fin de matinée autour du rond-point de la gare centrale de Kinshasa, les manifestants se sont dirigés en début d'après-midi vers le siège de la Commission électorale indépendante (CEI), demandant la démission de son président, l'abbé Apollinaire Malu Malu, accusé d'être "un étranger" et de "rouler pour Joseph Kabila", le chef de l'Etat candidat à sa propre succession. "Non aux élections sans Tshisekedi", pouvait-on lire sur plusieurs banderoles, réclamant des élections plus "inclusives" et des concertations avant la poursuite du processus électoral. Le principal parti d'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne Tshisekedi, boycotte le processus électoral depuis son lancement en juin 2005 et n'a présenté aucun candidat aux élections présidentielle et législatives du 30 juillet. Encadrés par un important dispositif policier, les manifestants ont ensuite poursuivi leur marche juqu'à l'ambassade du Congo-Brazzaville, où ils ont remis un texte de revendications à l'attention du chef de l'Etat congolais et actuel président de l'Union africaine, Denis Sassou Nguesso. Plusieurs centaines de manifestants ont ensuite tenté de gagner le Grand Hôtel de Kinshasa, où séjourne une délégation du Conseil de sécurité de l'Onu. Ils ont alors été dispersés par les forces de l'ordre, qui ont tiré plusieurs salves de grenades lacrymogènes et ont frappé plusieurs manifestants, ont constaté des journalistes de l'AFP. Jean Masudi, secrétaire général des Forces novatrices pour l'unité et la solidarité (Fonus, opposition) dont plusieurs militants participaient à la marche, a déploré "la violente répression des forces de l'ordre" ainsi que "des débordements de certains manifestants" qui ont menacé la presse internationale. "Nous allons faire une mise au point avec la base. Ces comportements ne sont pas acceptables", a ajouté M. Masudi. L'UDPS et les Fonus ont par ailleurs annoncé que la "mobilisation" se poursuivait et que de nouvelles manifestations seraient organisées mardi et mercredi à Kinshasa et en province. En milieu d'après-midi, la situation était calme dans les rues de Kinshasa
CONGO (RDC) - 12 juin 2006 - par AFP
Plus de 2.000 partisans de l'opposant congolais Etienne Tshisekedi ont réclamé lundi à Kinshasa des "concertations politiques" avant les élections du 30 juillet en République démocratique du Congo au cours d'une marche très hostile au pouvoir et aux étrangers, a constaté un journaliste de l'AFP.