CENTRAFRIQUE - INSECURITE : L'INSECURITE SE GENERALISE
BOZIZE DESORMAIS FACE A UNE REBELLION ACTIVE
Le gouvernement centrafricain qui refusait de reconnaître qu'il se développait, dans une partie du pays notamment le Nord et Nord- Ouest, un embryon de rébellion est aujourd'hui dos au mur tant les évènements se précipitent pour le démentir. Toutes les attaques menées par ces différents mouvements politico-militaires sont mises sur le compte des coupeurs de route, braconniers et des bandes armées non identifiées qui sévissent presque sur l'ensemble du territoire national.
Les autorités du pays ont toujours affirmé dans leurs discours que la sécurité est revenue à plus de 90%, dans le pays et que les opérations sporadiques de ces bandits de grands chemins ne sont que des actes qui ne peuvent nullement inquiétés la paisible population. Le gouvernement serait, semble-t-il, basé sur le calme relatif observé dans la capitale depuis que le vaste réseau des braqueurs a été démantelé. Ce qui n'est pas le cas dans les villes et villages où les populations vivent dans une psychose.
Les paysans ne peuvent plus vaquer librement à leurs travaux champêtres ni organiser des parties de chasse et de pêche pour assurer la survie de leurs familles. Les malfaiteurs qui pullulent la brousse les épient partout où ils vont. Les infortunés surpris sont dépossédés de leurs produits de chasse et passés à tabac. Les principales victimes sont les convoyeurs et les éleveurs peulhs nomades dont on prenait leurs enfants en otage pour exiger des fortes rançons à leurs parents. Les forces de la défense et de sécurité occultaient tout et ne voulaient pas mener des actions d'envergure pour mettre les ennemis hors d'état de nuire. Quand bien même les indicateurs les ont localisés, les militaires ne se déterminent pas à les poursuivre dans la brousse craignant pour leur sécurité.
Ils trouvent toujours des prétextes fallacieux qu'il leur manque cruellement des moyens logistiques pouvant leur permettre d'accomplir convenablement leur mission sur le terrain. Le plus souvent leur Prime Globale d'Alimentation (PGA) est détournée par les chefs hiérarchiques, véritables prédateurs et ennemis du peuple. Ce qui constitue l'un des motifs de la démotivation des Forces Armées Centrafricaines qui ne manquent pas d'ailleurs de technicité. Les archers anti-zaraguina qui sont des pisteurs pour les militaires en mission se voient confier le transfert de tout pouvoir devant leur permettre de poursuivre les bandes armées non identifiées et peut- être désormais les rebelles qui frappent sur plusieurs fronts. Armés de flèches et de fusils de fabrication locale, que feront exactement les éléments d'une force armée non conventionnelle aux moyens dérisoires face aux bandits fortement armés ?
Dans un communiqué de la Présidence, le chef de l'Etat a reconnu enfin qu'il existe un foyer de tension animé par les anciens d'Ange Félix Patassé. Il est fait état d'un recrutement des rebelles et mercenaires étrangers qui subissent dans un camp à la frontière RCA-SOUDAN à l'extrême Nord du pays. Cette troupe est entraînée par quelques officiers à la solde du Général Abdoulaye Miskine.
Le pouvoir de Bangui est en proie désormais à trois mouvements politico-militaires. Il s'agit de l'Union des Forces Républicaines (UFR) du Lieutenant de la Gendarmerie François Florian N'djadder qui a fait une déclaration attestant l'existence de sa fraction mais qui n'a encore revendiqué une quelconque attaque, l' Alliance Pour la Restauration de la république et la Démocratie (APRD) d'Abdoulaye Miskine qui s'est arrogé la paternité des attaques de Markounda, Kabo et Birao, et enfin un fantomatique MCPRDC (??) dirigé par un certain Serge Guéret qui revendique l'assassinat du maire de la ville de Bossangoa Jean Bruce Gueneféi et de deux commerçantes abattues froidement dans la même journée au village situé à une quarantaine de kilomètres de Bossangoa.
Donc, il est établi depuis l'arrestation du Sergent chef Larma, porte parole de l'APRD, que l'opposition armée est très active dans le Nord-Ouest du pays. Torturé, il serait passé aux aveux pour dénoncer ses complices qui sont nombreux au pouvoir. Il aura certainement dans les tout prochains jours, une purge au sein de l'armée nationale et du gouvernement.
En filigrane, les têtes vont tomber et ce sera dommage pour les fossoyeurs de notre jeune démocratie.
Lundi 13 Mars 2006
Ralph Sidiki
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