KADHADI AU SOMMET DE LA CEN-SAD : "l’Afrique a trahi Kouamé N’Krumah"

Publié le par La Sentinelle

(Correspondance Cotonou) Après la lecture des résolutions des assises de Cotonou par Mohemed Al- Madani, Secrétaire Général de la Cen-sad, le colonel Kadhafi initiateur de cette rencontre, a pendant 60 minutes pris la parole pour exprimer son opinion. Le guide libyen s’est adressé à ses pairs en prononçant une vingtaine de fois le mot ennemi, vocable par lequel il désigne ceux qui barrent la voie à la concrétisation de ses rêves. Pour le Président libyen, le continent africain dispose des atouts nécessaires pour se prendre en charge. Il ajoute qu’après 45 ans de temps perdu, l’Afrique continue à tendre la main à ses adversaires, ceux-là qui l’ont vidé de ses ressources. "L’Afrique a trahi Kouamé N’Krumah", a-t-il déclaré.

Le colonel appelle à l’union, car c’est seulement dans l’unité que l’Afrique peut surmonter les difficultés de son décollage économique. Le gouvernement de l’union africaine est un passage obligatoire pour le développement du continent, c’est pourquoi il se dit déterminé à mettre tout en œuvre pour réussir ce pari. Et même à mourir en martyr comme beaucoup de nos ancêtres qui ont versé leur précieux sang pour défendre ce même continent. Selon le guide libyen, l’Afrique a trahi Kouamé N’Krumah, un de ces vaillants fils qui s’est toujours battu en défendant jusqu’à sa mort l’idée d’un seul gouvernement pour le continent.

Dans la soirée du mercredi, un grand concert a été organisé au stade de l’Amitié de Cotonou à l’honneur du guide. Kadhafi, s’est aussi adressé à la jeunesse béninoise en ces termes : "l’Afrique a été violée et les Européens n’ont pas été du tout tendre avec nous. Ceux qui veulent vendre l’Afrique à l’Europe, aux Etats-Unis d’Amérique ou à l’Asie n’ont cas le faire, moi je ne serai pas sur ce marché ". Le Guide de la révolution libyenne s’affirme très confiant à aboutir à ses objectifs, quelques que soient les moyens utilisés. "Soit on le fera par le vote ou par Révolution".

Cotonou a été désigné pour abriter le siége de la Cen-Sad. Réjoui de la confiance de ses pairs de la communauté à son égard, le président Boni Yayi a témoigné la gratitude du peuple béninois aux pays membres présents. Président en exercice de la CEN-SAD, le Dr Boni Yayi affirme que le Sommet de Cotonou marquera un nouveau départ pour cette communauté. Les prémices devant aboutir à la réalisation des Etats-Unis d’Afrique sont esquissées. Il reste à apaiser les conflits qui secouent quelques régions de l’Afrique.

Le président de la commission de l’Union africaine, le Gabonais, Jean Ping, qui intervenait pour la première fois à l’ouverture de cette 10èm e rencontre des leaders de la CEN-SAD depuis son élection en février dernier, a souligné que l’intégration régionale est devenue un passage obligé pour répondre aux aspirations des populations. Très préoccupé par la résurgence des foyers de tension à travers le continent, Jean Ping appelle les peuples africains à maîtriser leur destin.

La CEN-SAD est créé en 1998 sur l’initiative du Guide de la grande Jamahiriya Arabe Libyenne, le Colonel Mouammar Kadhafi. Elle a été conçue à sa création comme un cadre de coopération et de concertation, dont la vocation première était de rassembler les pays riverains du Sahel et du Sahara. La communauté s’est, par la suite, transformée en un instrument efficace pour accélérer la mise en œuvre de l’intégration africaine. Le sommet de Cotonou a enregistré l’adhésion de trois nouveaux Etats membres. Il s’agit du Sao Tomé Principe, du Kenya et de la Mauritanie.

Bloc important pour l’Afrique, la CEN-SAD représente 45% de la superficie du continent et 48% de sa population. La CEN-SAD représente également 44% des produits intérieurs Brut (PIB). Cependant, et en dépit de ses potentialités, la communauté ne parvient pas encore à assurer l’autosuffisance alimentaire de ses Etats membres. Face à cette situation, des mesures urgentes sont envisagées afin de relever ce défi majeur.

Les délégations présentes

Une dizaine de chefs d’Etat étaient au rendez-vous de Cotonou, qui annonce certainement un jour nouveau pour la communauté. Le lundi 16 juin a été une soirée marathon pour Boni Yayi, Président de la République du Bénin. Il a fait environ 10 fois l’aller et retour entre le salon d’honneur et le tarmac de l’aéroport pour accueillir ses hôtes au pied des passerelles de leur avion. Premier à fouler le sol béninois, François Bozizé, président de la République centrafricaine. Ensuite, viendra par la route, en provenance de Lomé (Togo), le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, fondateur de la CEN-SAD. Venu à Cotonou le dimanche 15 juin, le Président libyen en a profité pour poser la première pierre de « Libya hôtel », un hôtel de classe internationale de 5 étoiles qui sera érigé à la place de l’ex croix du sud de Cotonou. Entièrement financé par la Libye, le coût global de cette bâtisse est estimé à 33 milliards de nos francs.

Ont aussi assisté à cette grande messe des chefs d’Etat, les présidents Sidi Ould Ali de la Mauritanie, nouvel Etat membre, Faure Gnanssigbé du Togo, Bernardo Joao Vierra de la Guinée Bissau, Ernest Baï Koroma de la Sierra Léone, Ahmed Abbdalla Mohamed Sambi des îles Comores, Amani Toumani Touré du Mali, Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire. Le médiateur des crises africaines, le Burkinabé Blaise Compaoré était aussi présent. Quant à la seule femme présidente sur le continent noir, Johnson Searleaf du Libéria, malgré ses préoccupations, elle a pu rejoindre ses pairs en début d’après midi, mais bien après la cérémonie officielle d’ouverture. Ceux qui sont empêchés se sont fait représenter. Il s’agit notamment de Me Abdoulaye Wade du Sénégal représenté par Aziz Sow, ministre de l’Information du Sénégal. Le Maroc et la Tunisie se sont respectivement fait représenter par leur Premier ministre, Abbas El Fassi et Mohemed Galouchi. Les représentants du Kenya, du Gabon, de la Gambie, du Ghana, du Soudan, du Tchad et de l’Egypte ont aussi assisté à la grande messe de Cotonou.

Tout au long du sommet, les différentes délégations ont félicité le Bénin pour la qualité de l’organisation et l’accueil qui leur a été réservé par la population béninoise. Très préoccupé par la réussite de ses assises, le Président Boni Yayi a tiré son épingle du jeu. Mais la présidence en exercice de la Cen-Sad est une lourde responsabilité qui pèse sur les épaules du président Boni Yayi jusqu’au prochain sommet qui se tiendra au Tchad.



Salomon DOSSOU
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Publié dans L'AFRIQUE

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