10 jours après l`attentat manqué contre le Premier ministre Guillaume Soro : Tout ce qui n`a jamais été dit

Publié le par senactu

L’épaisse couche de vernis qui recouvrait l’attentat contre le chef du gouvernement ivoirien est en train de disparaître. Parti d’ Abidjan juste soixante douze heures seulement après le drame, notre reporter a, durant près d’une semaine, enquêté sur le terrain.

Le drame qui a failli emporter le Premier ministre Guillaume Soro a-t-il été préparé depuis Abidjan ? C’est en tout cas, la grande interrogation qui circule dans la ville de Bouaké. Il est désormais su de tous que le Fokker 100 qui devait transporter Guillaume Soro et ses collaborateurs a connu plus d’une heure de retard. Et qu’à la toute dernière minute, le pilote qui devait effectuer le vol a été remplacé illico presto par un autre.

En l’occurrence le Lieutenant-colonel Lékpéli. Et que des dignitaires du régime qui étaient annoncés pour prendre part au vol se sont, à la dernière minute, désistés. Préférant faire le trajet par la route. Pour ne plus être aperçus à Bouaké. Où allait se tenir, ce vendredi 29 juin-là, l’installation des magistrats dans la reprise des opérations des audiences foraines. Ca, c’est ce que tout le monde sait. Ce qui ne l’est pas par contre et que nous avons appris lors de nos investigations, c’est que, lorsqu’il est monté à bord du Fokker 100 présidentiel, le Premier ministre se serait immédiatement dirigé dans la deuxième cabine, la cabine ministérielle. Il a échangé avec quelques uns de ses collaborateurs. Avant de se rendre certainement juste avant le vol dans la cabine présidentielle qui lui revenait de droit ce jour.

Chose curieuse, c’est la cabine ministérielle en question qui a été littéralement réduite en bouillie par les éclats d’obus lancés contre l’avion de l’Etat ivoirien. A Bouaké, on pense certainement à tort ou à raison que, dans l’avion ce jour-là, se trouvait certainement un complice en contact avec les malfaiteurs et qui aurait donné la position de Guillaume avant le décollage. Et comme il est strictement interdit de téléphoner pendant le vol, mais aussi et surtout parce qu’il n’y a pas de réseau dans les airs, l’éventuel espion n’aurait plus eu l’occasion de dire à ses complices que le Premier ministre n’était plus dans la cabine ministérielle, mais a plutôt rejoint la cabine présidentielle. Dans l’entendement des tireurs, Guillaume Soro se trouve bel et bien dans la deuxième cabine à l’atterrissage.

C’est justement ce qui explique le fait que ce soit celle -ci qui ait subi d’énormes dégâts et connu des morts, composés essentiellement de la garde rapprochée du Premier ministre et des membres du protocole qui s’y trouvaient. A côté de ces interrogations se trouvent d’autres. Comme par exemple le séjour un peu trop prolongé du ministre de la Défense à Bouaké. Depuis la cérémonie de libération des tout derniers prisonniers FDS retenus par les FAFN, le ministre de la Défense n’est plus retourné, selon nos informations, sur les bords de la lagune Ebrié. Il est resté à Bouaké tout ce temps pour ne rentrer à Abidjan que le jeudi 28 juin dans la soirée. Dans les commentaires des populations de Bouaké, ce séjour d’Amani N’Guessan, fût-il ministre de la Défense, donne à réfléchir. C’est d’ailleurs qu’elles trouvent bien curieux tous ces indices.

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Publié dans L'AFRIQUE

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