Faux médicaments : l' Afrique "cobaye" des industries pharmaceutiques

Publié le par LeJournalduMali.com

Les faux médicaments envahissent nos marchés, nos pharmacies, nos structures sanitaires, n’épargnant personne, car ils sont souvent administrés aux malades par les professionnels de la santé.
Le président de l’ordre des pharmaciens du Mali, Nouhoum Coulibaly estime que personne n’est à l’abri de ces faux médicaments. La vigilance s'impose donc !

Un faux médicament est un produit qui a été délibérément ou frauduleusement étiqueté. Ce sont des produits falsifiés, les faux vaccins et les faux dispositifs médicaux, des médicaments de qualité inférieure. Ces produits qui ont un effet nocif sur la santé humaine représentent 10% des médicaments vendus au plan mondial et environ 75 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Ces statistiques prenant une ampleur, il est urgent d’agir. C’est pourquoi la Fondation Chirac a initié la rencontre de Cotonou pour lancer un appel à tous les acteurs qui interviennent ou peuvent intervenir dans la lutte contre ce fléau. Le Congo, le Mali, le Burkina Faso, le Libéria, le Nigéria le Sénégal, le Niger,le Chili, le Laos, la Côte d’ivoire, le Togo, Monaco, la Tanzanie, la Corée du sud, la France,la Centrafrique, la Mauritanie, l’Union Africaine, l’Union européenne et les Nations-Unies ont répondu présent à l’appel de Cotonou.

Phénomène inquiétant au Mali

Partout à Bamako, on voit des vendeurs ambulants ou des pharmacies " parterre" qui font du porte à porte et trompent la population sur les effets de tel ou tel médicament. L’appel de Cotonou vient à point nommé pour soutenir la lutte contre la vente illicite de ses médicaments. Le Mali a pris part à la cérémonie de lancement de l’appel de Cotonou sur le trafic des médicaments illicites par l'entremise du ministre de Santé Oumar Ibrahima Touré pour adhérer à la convention.

Nouhoum Coulibaly a participé à tous les travaux préliminaires de ce forum en sa qualité de Président de l’ordre des pharmaciens sur la portée de cet appel. Selon lui, l’appel à Cotonou est un engagement pour faire face à ce phénomène. La tache n’est pas aisée.
Au Mali, le phénomène prend des proportions inquiétantes dans la mesure où tout le monde consomme ces médicaments dits de "la mort" sans se rendre compte des effets à long terme : « Beaucoup de gens se procurent ces produits à Dabadani ( au grand marché de Bamako) ou chez les vendeurs ambulants et ces produits "nocifs" et " faux" ont aussi leurs équivalents dans les structures de santé publique et dans nos pharmacies, cliniques et centres de santé communautaires appelé couramment les (Asaco)

© lepoint.fr
Chirac et l' Appel de Cotonou

L'Afrique, cobaye des faux médicaments

Selon le Dr Coulibaly, il est difficile de différencier les médicaments de qualité et les contrefaçons car les esprits malins introduisent ces faux médicaments dans toutes les structures de santé. « Ils ne passent pas par les circuits de contrôle classique et évoluent dans l’informel. On les trouve dans les secteurs publics, communautaires, privés, les officines privés, le secteur formel.

« Et celui qui vend ces médicaments n'est ni pharmacien, ni médecin et cherche son bénéfice. Les produits vendus sont moins chers et certains agents de la santé les vendent aussi aux Malades dans les structures de santé publique. Ils ingorent cependant que ce sont parfois des produits tests, répandus par les laboratoires pharmaceutiques internationaux. Les populations sont alors des cobayes pour eux. Mais pour beaucoup au Mali, la lutte contre les faux médicaments, c'est du folklore de la Direction régionale de la santé, structure chargée de lutter efficacement contre le phénomène. D'où l'organisation de séminaires et de conférences, qui ne suffisent cependant pas à justifier la lutte. La vraie sensibilisation doit être sur le terrain. Nous n'avons malheureusement pas pu interroger la directrice Régionale de la santé( absente )sur sa structure.

L’appel de Cotonou entend alerter sur l'urgence du trafic des faux médicaments dans le Monde. Mais l’Afrique n’a pas attendu Chirac, qui a certes le mérite par sa fondation dinterpeller la communauté Africaine sur le phénomène ! La crise financière aidant, difficile de dissuader un pauvre consommateur démuni d'acheter son viagra contrefait au marché. Reste la sensibilisation et l'appui de nos autorités pour prendre le problème à bras le corps. Pour le bien être des populations.

© francetop.net
Faux viagra

Publié dans L'AFRIQUE

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