Centrafrique - Politique : Mise au point de Monsieur Olivier Gabirault suite à sa démission de l'Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP)

Publié le par Olivier Gabirault

gabiraultweb-1-.jpgM. Olivier GABIRAULT                                 BUSSY SAINT GEORGES LE 09 mars 2010

Personnalité Politique Indépendante                                    

                                                                                              A

                                                                                             

                                                                         Monsieur KEZZA KOYANGBO

                                                                         Président du Comité ad’ hoc de l’Alliance

                                                                         pour la Démocratie et le Progrès (ADP)

                                                                         BANGUI (Centrafrique)

 

Objet : Votre réponse à ma démission

                                                                         Monsieur le Président,

 

Après la lecture de votre lettre du 14 février 2010, j’avais bien voulu ne pas y répondre.

Cependant, par respect pour ceux qui l’ont lue, j’ai finalement décidé de rétablir la vérité sur certains points, avec un peu de retard, à cause du grand deuil que notre pays a connu.

Je laisse le soin à ceux qui ont lu cette correspondance de juger eux-mêmes votre réponse à la mienne du 30 janvier 2010, qui déplorait la procédure irrégulière de mon remplacement à la tête de l’ADP, l’absence de notification jusqu’à ce jour pour m’informer des motifs réel de ce  de ce brusque changement et expliquait ce qui m’a amené à démissionner.

Votre réponse à ces faits pourtant très clairs contient des incohérences troublantes, une médisance tortueuse, une flétrissure indigne, d’ignobles impostures.qui déshonorent non seulement la fonction de député qui vous fait pourtant appeler  « honorable », mais également celle de chef de parti politique obtenue d’une manière irrégulière le 09 janvier 2010.

Je ne vous suivrai pas dans cette voie, préférant laisser les choses basses mourir de leur propre poison et étant par ailleurs convaincu que ce qui vous pousse à cette extrémité est tout simplement notre dissimilitude, notre dissemblance.


DEPUTE DU PARTI RDC, ENSUITE MINISTRE DU PARTI MLPC ?


Avez-vous oublié d’ajouter le KNK sous le régime duquel j’ai été Vice-président du Comité de Suivi du Dialogue National, ensuite du Présidium du Dialogue Politique Inclusif ?

Sans reprendre le terme trop vulgaire employé dans votre correspondance, vous insinuez que j’ai milité dans ces différents partis pour obtenir des postes et les ai quittés un à un selon les opportunités du moment et que vous seriez resté dans GIRA, devenu ensuite ADP, par convictions politiques ?

Si tel est votre raisonnement, l’ADP qui est le seul parti auquel j’ai réellement adhéré était-il aussi au pouvoir ?

DEPUTE DU RDC ? A la fin de l’une de mes formations, j’ai prêté serment de servir l’Etat et ne le fais pas par rapport à une quelconque appartenance politique .Il y a une différence entre servir l’Etat et militer dans un parti politique au pouvoir.

Vous affirmez avoir appartenu au parti GIRA devenu ensuite ADP et y seriez resté par convictions politiques. Mais par rapport à votre propre raisonnement, ce n’est pas GIRA ou ADP qui vous avait nommé Préfet du Haut M’BOMOU, mais le régime du RDC. Le même régime du RDC vous a ensuite  nommé Secrétaire général du Ministère des Travaux Publics et Président du Conseil d’Administration de SOGEBA  (Société Générale de Bâtiment).

Si selon vous le fait de servir l’Etat sous un régime revient  à dire qu’on appartient au parti au pouvoir, ramenez ce raisonnement à votre propre cas et donnez vous-même la réponse.

Les faits sont d’ailleurs têtus et on ne les étouffe pas toujours si facilement.

Vos deux conseillers ont démissionné le 26/02/10 parce que le courage d’amener l’ADP à KNK vous manque désormais, ce qui était pourtant votre objectif commun, une fois à sa tête.


ABSENCE D’ENTREES SUR LE COMPTE DU PARTI, DE DOCUMENTS FINANCIERS, DETOURNEMENT ?


 Sachez tout d’abord que je suis fier de ma gestion saine aux différentes fonctions occupées au sein de l’Etat et ailleurs. J’ai même souvent souhaité ou demandé des contrôles sur ma gestion, comme c’est le cas  au moment de quitter le Ministère des Transports, Travaux Publics, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, ainsi que la Mairie de BANGUI.

Vous affirmez qu’il n’y a pas d’entrées sur le compte de l’ADP depuis que je suis à la tête de ce parti. Mais le Président est-il est un agent de recouvrements ?

Et s’il n’y a pas eu d’entrées sur le compte, qu’est-ce qui a pu alors être détourné ? Peut-on détourner ce qui n’existe pas ? En parlant de l’absence d’entrées, vous oubliez complètement que votre collègue député et vous, avez statutairement l’obligation de verser des cotisations au parti, ce que vous ne faisiez pas, malgré de multiples lettres de relance demeurées sans suite ? Ne cherchez pas à tirer argument de votre propre carence, surtout que par décision n°01/ADP/07 du 23 juin 2007 fixant la composition remaniée du Bureau, vous avez été nommé Conseiller Chargé des Finances du Parti.

S’il y a une personne qui doit s’expliquer sur l’organisation, la surveillance de la tenue du compte bancaire, des documents financiers, le suivi des cotisations, c’est bien vous et non le Président. De plus, ce n’est pas au Président qu’on peut demander où se trouvent les documents financiers du parti car il y a bien un trésorier Général qui les tient et les conserve, le Président n’étant que l’ordonnateur des dépenses, si les moyens existent pour les exécuter.

Etant donné que les députés et les autres cadres du parti ne cotisaient pas, vous devriez vous poser la question de savoir qui a permis à l’ADP de fonctionner depuis 2005, au lieu d’affirmer qu’elle est restée sans vie, alors qu’elle s’est toujours prononcée, jusqu’à mon départ en Europe, sur toutes les grandes questions de la nation, ce que le parti ne fait plus.


SIEGE DU PARTI, CONTRAT DE BAIL AVEC MOI ?


L’ADP a perdu son siège à la suite d’une décision de justice devenue définitive en octobre 2003, c'est-à-dire avant mon entrée dans ce parti. C’est en 2007, à la suite des mises en demeure de quitter le local que le dossier de ce litige m’a été présenté par le Secrétaire administratif, alors que ceux qui se disent anciens s’en sont promptement écartés.

C’est même en examinant ce dossier que je me suis aperçu, selon la lettre du Président défunt de l’ADP que l’un des cadres du parti a détourné un don de 20 000 000 CFA (vingt millions),  aide qui aurait pu permettre l’achat d’un autre local. Cela est tout de même choquant dès l’instant où le parti s’est retrouvé dans ces conditions, sans siège.

 L’ADP ne pouvait pas, faute de moyens, prendre en location un local bien situé et je ne pouvais pas non plus laisser le parti sous les manguiers.

C’est dans ce contexte que j’ai fait libérer l’une de mes maisons située non loin de l’Avenue BOGANDA dont les loyers servaient jusque là aux frais d’études de l’un de mes enfants.

Un contrat a effectivement été signé entre l’ADP représentée par  son Secrétaire National et cet enfant (majeur) et non avec moi comme vous insinuez,  et ceci sans exigence de caution.

Selon les explications reçues de l’enfant après la lecture de votre correspondance, il aurait mis le parti en demeure de quitter le local depuis le mois de novembre 2009 à cause des arriérés qui seraient à cette époque de 11 mois, donc 13 mois à la fin de celui de février 2010.

Alors que le parti a engagé une négociation avec l’enfant pour des paiements partiels de ces arriérés, vous insinuez parallèlement que mon épouse qui se trouve pourtant en France avec moi et ce dernier auraient déménagé les effets du parti, tout ceci pour tenter de me noircir.

De la même manière que je désapprouve la confiscation des biens du parti pour faire pression en vue d’obtenir le règlement des loyers, de la même manière je trouve regrettable que l’ADP n’ait pas fait un minimum d’effort pour respecter le contrat de bail, en payant les loyers.

La proposition du parti de verser la moitié des arriérés n’ayant pas été acceptée par l’enfant, j’ai été obligé de m’engager à payer l’autre moitié, par pure élégance, pour régler ce malheureux litige qui n’est pas le premier, ayant déjà agi de la même manière en mars 2009.


RESULTATS MINABLES AUX ELECTIONS DE 2005 ?


 Mes résultats aux élections présidentielles de 2005 ne m’ont pas surpris et ne m’ont pas non plus affecté dès l’instant où plusieurs facteurs ont joué en ma défaveur, notamment : la campagne de plusieurs cadres du parti contre moi en commençant par vous-même, l’absence de précampagne due au rejet de ma candidature, ce qui a laissé planer de l’incertitude sur celle-ci, une campagne sans la participation financière ou matérielle du parti dont les structures à l’intérieur du pays sont surtout inexistantes car non renouvelées, une campagne commencée en retard, le décompte des voix qui me donnait presque systématiquement zéro dans les centres où j’ai moi-même voté ainsi que mes partisans et mes représentants etc.

Vous vous réjouissez des mauvais résultats du candidat de votre parti, en ramenant tout à des considérations de personne, en reconnaissant par ailleurs d’une manière ou d’une autre avoir fait campagne contre celui-ci, sous le prétexte qu’il n’aurait pas apporté de l’argent promis à ce sujet comme s’il s’était présenté à titre personnel. Je préfère ne pas qualifier cette attitude, et vous dis tout simplement que la voie est désormais libre pour vous-même.

Vous reconnaissez par ailleurs que le Bureau au sein duquel vous étiez Vice-président a été dissout pour ces mauvais résultats tant aux élections présidentielles que législatives, tout en prétendant que les mêmes militants qui ont prononcé la dissolution de cet organe vous auraient demandé, ce qui est tout à fait paradoxal, de prendre la tête du parti, mais que vous auriez refusé. Bref, je préfère laisser ces incohérences parler d’elles mêmes.


PERSPECTIVE DE LA FORMATION D’UN GOUVERNEMENT EN 2009 ?


Vous reconnaissez très clairement avoir organisé une réunion sur la base de rumeurs de la formation d’un gouvernement ouvert à l’Opposition, sans la présence du Président du parti ni son autorisation pour désigner ceux qui devraient y entrer. Vous croyez vous racheter en disant qu’elle s’est déroulée au siège du parti, oubliant que si c’était à cet endroit, ce n’est pas vous qui l’auriez dirigée mais le Président ou son représentant statutaire.

Cette attitude confirme bien l’esprit de convoitise, de désordre que vous avez  incarné au sein de l’ADP. C’est également par une réunion identique tenue le 02 janvier 2010 que vous avez violé la procédure de remplacement du Président du parti en vous autoproclamant à sa tête.


PIED DE GRUE POUR ENTRER DANS LE GOUVERNEMENT DE 2009 ?

Vous me connaissez donc mal et l’esprit de dénigrement vous déroute indignement.

Sachez que peu de temps avant la formation du Gouvernement, le Président de la République m’a fait venir au Palais de la Renaissance, ce qui est tout à fait normal, car en  sa qualité de premier organe de l’Etat, il a le droit de le faire, en dehors de toute divergence politique.

La question qu’il m’a posée et la réponse que je lui ai donnée ne pouvaient pas faire l’objet d’un compte rendu au parti, n’étant pas appelé à ce titre et également par discrétion pour des discussions avec le Chef de l’Etat, quelle que soit l’opinion qui lui a été exprimée.

Par contre, lorsque quelques jours après, le 2e Vice- Président m’a informé au cours d’une réunion du parti, que le Secrétaire Général à la Présidence de la République souhaitait rencontrer le Président de l’ADP, c’est même lui et votre actuel Porte-parole qui m’ont accompagné à ce sujet au Palais. Il ne serait pas non plus responsable de dire ici de quoi il a été question, même si vous appelez cela faire le pied de grue pour entrer au Gouvernement.

DIACRE ? Vous ironisez certes en m’appelant Diacre, mais sachez que je place ma foi chrétienne au-dessus de tout. C’est cette foi qui me permet  justement de vous remercier pour vos injures, de vous pardonner, de vous aimer malgré tout et de mettre fin en ce qui me concerne, à des échanges de correspondances qui tendent vers un problème de personne.

 

Veuillez agréer Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

 

 

                                            Olivier  GABIRAULT

                                 Personnalité Politique Indépendante

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