Centrafrique : Charles Massi arrêté à Ngaoudaye

Publié le par Le Confident

ALeqM5g-uHuumJojR8fKjlnipWFeaILpFg.jpgDepuis que le Colonel Charles Massi a été libéré des geôles de N’djamena, il a d’abord erré dans la capitale tchadienne, puis est porté disparu. Personne n’arrivait à localiser avec précision sa position. On le disait à la frontière entre le Tchad et le Cameroun et les rumeurs, en plus, étaient si vagues qu’on ne pouvait les déterminer.

Le dimanche 20 décembre 2009 dans la matinée, le colonel Charles Massi, qui bénéficie toujours de la surveillance des autorités tchadiennes , a été aperçu dans un marché hebdomadaire avec quatre éléments, certainement de sa garde rapprochée. Un de ces éléments, qu’on reconnaîtra par la suite comme un sous –officier supérieur (adjudant-chef), certainement de la rébellion, portait une grosse mallette. Les éléments des forces de défense et de sécurité du Tchad, alertés par cette présence insolite se sont dirigés vers le marché et avec beaucoup de promptitude. D’après les informations qui nous sont parvenues, les éléments tchadiens ont tenté d’arrêter Charles Massi et ses compagnons. C’est de là qu’une fusillade a éclaté. L’homme à la mallette était tué et le Colonel Charles Massi aurait abattu un élément des forces tchadiennes. Malgré la détermination de l’opposant centrafricain, il a tout de même été maîtrisé et la valise saisie. C’est là où les éléments tchadiens se rendront compte qu’elle contient près de six millions de francs CFA. Massi arrêté, les autres compagnons qui étaient avec lui, profitant de la confusion, se sont tout simplement évanouis dans la nature. la scène s’était passée aux environs de Ngaoudaye, mais du côté de la frontière tchadienne. Charles Massi, sous bonne escorte, aurait été conduit à Moundou, la garnison tchadienne la plus proche.

Une situation bien inconfortable

La nouvelle de cette arrestation a fait l’effet d’une bombe à Bangui. Certains, de prime abord, y ont cru. D’autres sont demeurés sceptiques. Mais au fil des heures, par différents canaux, la confirmation de l’arrestation au Tchad du Colonel Charles Massi se précisait petit à petit et des précisions venaient s’ajouter aux informations lapidaires reçues au départ. Il n’y a pas très longtemps, dans une interview accordée à la Télévision Nationale Tchadienne et diffusée sur Télé Centrafrique, le Chef de l’Etat centrafricain traitait le Colonel Charles Massi d’élection sauvage. Dans une interview parue dans Le Confident n°2305 du 17 décembre 2009, M. Dhaffane Moussa, Secrétaire général et porte-parole du Conseil Suprême de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) déclarait que Charles Massi était toujours membre du conseil politique de ce mouvement.

Cela voulait clairement dire que Charles Massi ne jouait plus les premiers rôles au sein de la CPJP comme on a semblé le présenter au départ quand il avait été arrêté en début d’année au Tchad.

Un rêve certainement brisé

En effet, ce n’est pas la première fois que M. Charles Massi est arrêté au Tchad. Il se trouvait dans ce pays depuis le début de l’année en vue de négocier le parrainage du Tchad dans les négociations entre le gouvernement centrafricain et la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP). Lors d’une tentative rocambolesque de regagner le sanctuaire du mouvement rebelle en Centrafrique, il avait été arrêté, faisant du rodéo derrière une moto. Conduit au Commissariat Central de la ville de N’djamena, Charles Massi avait dû passer près d’une cinquantaine de jours en geôle et n’avait été libéré que le 8 mai 2009. Mais à la libération, des injonctions précises lui ont été données par le ministre tchadien en charge de l’intérieur qui l’avait sommé de quitter le Tchad et de chercher à trouver une autre terre d’accueil. Désespérément, l’opposant centrafricain cherchait une terre d’accueil car toutes les portes lui étaient fermées. Même la France, dont il est citoyen n’a pas voulu l’accueillir au nom de la raison d’Etat. Charles Massi n’était accepté nulle part, ne voulait pas regagner Bangui, car ce serait pour lui l’humiliation d’une reddition pure et simple. Alors, depuis, beaucoup lui prêtent l’intention de regagner par tous les moyens la République Centrafricaine plus particulièrement la Nana Mambéré où il pourrait y créer une nouvelle rébellion dans sa région natale de Baboua. Est-ce en cherchant à regagner la RCA que Charles Massi a été cueilli une seconde fois à Ngaoudaye (Tchad)? Charles Massi, on le sait, n’a pas la côte auprès du gouvernement. Le Chef de l’Etat, le général François Bozizé, ne veut même pas entendre parler de lui en tant que négociateur de la CPJP. Après sa rocambolesque épopée du début d’année, Massi est en délicatesse avec la CPJP, qui a préféré désigner M. Dhaffane Mohamed Moussa comme négociateur officiel. Par décence politique, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix n’a pas voulu l’exclure du mouvement. Or, Charles Massi, qui aime à jouer les premiers rôles, n’apprécie pas cette situation. C’est peut-être pour cela qu’il s’obstine à ressusciter l’Alliance des Forces Démocratiques pour le Changement qu’il avait créée en quittant Michel Am Nondroko Djotodia du Bureau Politique de l’UFDR à l’époque. Cette arrestation ne permettra certainement pas à Massi de couper le corridor Douala-Bangui, unique voie de ravitaillement de la République Centrafricaine (Affaire à suivre).


Jeudi 24 Décembre 2009 John Smith

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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