La polémique sur le doctorat honorifique de Kabila refroidit les relations belgo-congolaises

Publié le par YAHOOACTUALITES

BRUXELLES (AP) - Les relations diplomatiques entre la Belgique et la République démocratique du Congo (RDC) connaissent un coup de froid après que le président congolais Joseph Kabila se soit vu refuser par le Premier ministre belge un titre de docteur honorifique de l'Ecole royale militaire mercredi.

Guy Verhofstadt n'a en effet pas donné suite à la promesse d'offrir ce titre à Joseph Kabila, faute par son ministre socialiste de la Défense André Flahaut lors d'une visite à Kinshasa la semaine dernière. Le ministre avait omis d'informer ses collègues de cette décision, déclenchant une vive polémique au sein du gouvernement, issu d'une coalition entre les Libéraux de Verhofstadt et les Socialistes.

L'affaire a fait la une de la presse belge, soulignant la complexité des relations qui unissent Bruxelles et son ancienne colonie d'Afrique centrale. Elle a également laissé des traces à Kinshasa, d'autant que l'incident est survenu alors que le débat bat son plein en Belgique sur la pertinence d'une visite du roi Albert II dans l'ex-Zaïre d'ici les législatives belges de juin.

"Le chef de l'Etat, Joseph Kabila, n'est pas choqué outre mesure, mais il est gêné d'être à chaque fois l'objet de querelles entre les politiciens belges", a déclaré à Kinshasa son principal conseiller politique Marcellin Cishambo. "Ce n'est bon ni pour lui et ni pour la République ni même pour l'avenir des relations entre nos Etats car il faut que l'on permette l'émancipation du Congo".

Lors de sa visite, André Flahaut avait qualifié ce titre honorifique de "bonne idée, (de) signal positif pour les Congolais après le processus de démocratisation et les élections". Mais Guy Verhofstadt, furieux de l'initiative de son ministre, a estimé que ce geste était prématuré.

L'ex-Zaïre a vécu la dictature, sous la férule de Mobutu Sese Seko presque sans interruption depuis son indépendance en 1960. Un accord de paix signé par le gouvernement de Kabila a permis au pays de tenir des élections l'an dernier pour la première fois en quarante ans. Joseph Kabila, jusque là président par intérim, a donc été élu en novembre. AP

Publié dans L'AFRIQUE

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