CENTRAFRIQUE - DIALOGUE : Bozizé a rencontré les chefs rebelles de l'U.F.R et de l'A.P.R.D

Publié le par LE MONDE

 Le président Bozizé a rencontré des chefs rebelles en Libye



Le président centrafricain François Bozizé a annoncé dimanche s'être entretenu pour la première fois en Libye avec des chefs rebelles hostiles à son régime, dont Abdoulaye Miskine, proche de son prédécesseur Ange-Félix Patassé, afin de "retrouver la paix" en Centrafrique.

 

Ces entretiens ont eu lieu jeudi dans la ville libyenne de Syrte en marge d'un sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), a-t-il expliqué dans un entretien diffusé par la radio nationale.

"Grâce au concours des autorités libyennes, des dirigeants de la Cen-Sad, du président (tchadien) Idriss Deby Itno, nous avons eu des discussions avec les frères de la rébellion armée, précisément avec Abdoulaye Miskine et l'ancien ministre Ringui", a déclaré le chef de l'Etat.

"Il ne reste plus que quelques détails pour harmoniser les points de vue afin de permettre à notre pays de retrouver la paix et de s'occuper de son développement", a-t-il ajouté sans donner davantage de précisions sur le contenu de ces entretiens.

Abdoulaye Miskine, qui se dit centrafricain mais est souvent considéré comme un Tchadien, est un ancien homme de main du président déchu Patassé, renversé par le général Bozizé lors d'un coup d'Etat en mars 2003. Son nom est évoqué à chaque fois qu'une rébellion voit le jour en Centrafrique, et il dirigerait une mouvance armée proche des rebelles de l'Union des forces républicaines (UFR) du lieutenant Florian Ndjadder-Bédaya, active dans le nord-ouest du pays en proie depuis près de deux ans à l'insécurité.

Quant à André Ringui Le Gaillard, ancien ministre du régime Patassé, il est aujourd'hui proche de l'Armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie (APRD), également active dans le nord-ouest, dont le chef d'état-major Jean-Jacques Larmassoum a été arrêté puis condamné en 2006 à la détention à perpétuité.

Il s'agit de la première rencontre entre le président Bozizé et des dirigeants rebelles.

Un temps occulté par l'apparition d'une autre rébellion, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), qui a occupé fin 2006 plusieurs localités du nord-est du pays avant d'en être délogée par les armées centrafricaine et française, la situation dans le nord-ouest demeure tendue.

La population y est victime des attaques de "coupeurs de routes", de bandits armés ou de groupuscules rebelles, et parfois aussi des représailles des Forces armées centrafricaines (Faca).

Le président Bozizé n'a en revanche rencontré aucun responsable de l'UFDR. Deux de ses chefs avaient été arrêtés au Bénin en pleine crise dans le nord-est de la Centrafrique.

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