CENTRAFRIQUE - LIBERTE DE LA PRESSE : "C'est vous qui vendez le pays (...) Vous allez mourir comme des poulets, comme des mouches!" Un membre du gouvernement Centrafricain aux journalistes

Publié le par LE MONDE

La presse privée centrafricaine reconduit sa grève pour trois jours
AFP 30.11.06 | 14h36




LLes journaux privés centrafricains, absents des kiosques en raison d'une grève de trois jours entamée lundi pour protester contre des "menaces de mort" reçues par certaines de leurs responsables, ont annoncé jeudi la reconduction de leur mouvement pour une durée équivalente.

 

"Les trois jours sans journal ont été très bien suivis, parce que les menaces de mort et de suppression de certains organes constituent des atteintes graves à la liberté de la presse", a déclaré à l'AFP le président du Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique (Geppic) Michel Alkhaly Ngady.

"Nous ne devons pas attendre que ces menaces soient mises à exécution pour réagir", a-t-il estimé pour justifier la reconduction de la grève pour trois jours, sans exclure son durcissement ultérieur.

"Nous donnerons lundi un point de presse, et rien n'indique que la reprise sera annoncée ce jour-là", a-t-il affirmé.

La semaine dernière, le Geppic avait dénoncé sans le nommer les propos d'un "influent membre du gouvernement" qui a selon lui récemment lancé en public à des journalistes: "C'est vous qui vendez le pays (...) Vous allez mourir comme des poulets, comme des mouches!"

Selon les journalistes présents lors de cet incident, ces accusations étaient liées à la couverture par les médias privés des activités de la rébellion qui a pris plusieurs localités du nord-est de la Centrafrique depuis le 30 octobre. L'armée a lancé lundi une contre-offensive contre la rébellion.

La presse a été accusée au cours d'un récent Conseil des ministres de "trop dramatiser" la situation dans le nord-est, selon une source gouvernementale.

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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