CENTRAFRIQUE - DROITS DE L'HOMME : SOUS LE SIGNE DE L'IMPUNITE , ASSASSINATS ET AUTRES ATTEINTES AUX DROITS HUMAINS SE MULTIPLIENT

Publié le par LE CONFIDENT

LE FILM DE L'ASSASSINAT DE PASCAL BEMBE

Le regretté Pascal MbembeLe jeudi 21 septembre 2006, Pascal Bembé est froidement abattu à son domicile sis à la SICA I. Le coup de feu fatal a tonné à 19 h 15 mn, causant non seulement la panique aux alentours du National Hôtel, mais également la surprise des voisins. Atteint en plein abdomen de part en part, Pascal s'est effondré juste à l'entrée de sa concession avant d'être transporté très rapidement par une âme généreuse. Chemin faisant, chaque fois qu'il voulait ouvrir la bouche pour parler, Pascal Bembé était étouffé par le sang, qui lui remplissait la gorge. Il a fait deux tentatives infructueuses.
 
A l'hôpital Communautaire, les parents et accompagnateurs s'affairaient à acheter des médicaments pour les soins d'urgence, mais il ne lui sera administré aucune seringue. Pascal Bembé a été très rapidement emporté par l'hémorragie interne causée par la balle qui lui a traversé l'abdomen. La famille, que ce soit à Lakouanga, à Ouango ou ailleurs a été très rapidement alertée. Qui est donc l'auteur du crime odieux, au domicile même du défunt. La personne devant bien connaître sa victime. Les premiers témoins, ce sont les jeunes enfants, qui étaient ce jeudi 21 septembre au soir avec leur père, qui ont raconté dans les menus détails la scène.

Dans cette journée du 21 septembre 2006, Pascal a reçu sur son téléphone, des messages plus menaçants les uns que les autres. Ces messages émanaient du Médecin-capitaine Achille Lakouama. Les enfants qui étaient avec leur père ont parlé de tonton Achille.
L'assassin accompagné d'une dame est arrivé au domicile de Pascal à 19 h 10 mn. Il parque le véhicule au bord de la route, dans la pénombre. Le véhicule était non immatriculé. Le capitaine Lakouama et la dame Mbombo Eva, une douanière, sont descendus du véhicule. L'un des enfants leur a dit que son papa est absent.

S'étant retiré de la concession, l'assassin et sa compagne ont passé un coup de fil à Pascal sur son cellulaire. Sur ses entrefaits, il est sorti de la maison. La porte ouverte, il a regardé, mais il n'y avait personne. Ceux qui ont procédé à l'appel se sont embusqués dans la pénombre. N'ayant vu personne, Pascal a décidé de venir au portail. C'est en ce moment que surgisse le capitaine Lakouama et la dame Mbombo, bien identifiés dont on dit même qu'elle est une douanière.
Un échange à propos d'un véhicule qui serait vendu à Pascal Bembé a commencé. Le Capitaine Lakouama et sa compagne voulaient embarquer le véhicule de nuit. Pascal s'y est catégoriquement opposé. Il s'agit d'un véhicule de marque Audi 20.
 
Sur ces entrefaits, selon les témoins, la dame Mbombo s'est rabattue vers le véhicule garé au bord de la route. Elle a ouvert la portière et a pris dans le coffre à gants un pistolet automatique qu'elle a remis au Capitaine Lakouama lui demandant d'abattre Pascal Bembé et l'officier, sur injonction de sa copine serait passé à l'acte.
Dans les investigations, on apprendra que ce véhicule appartiendrait à Mbombo, une douanière, qui aurait contacté Pascal Bembé pour lui trouver un acquéreur. Le prix initial fixé aurait été de 2.500.000 francs CFA. Pascal ayant vu qu'il pouvait se porter acquéreur aurait accepté de prendre le véhicule mais pour son propre compte. Du coup, la dame Mbombo, aurait monté les enchères à 4.000.000 s'il s'agit de Pascal Bembé. Et depuis, Pascal aurait été victime d'une inquisition et d'un acharnement qui ne disent pas leur nom. Cette transaction est-elle un alibi pour faire chanter Pascal Bembé ?

D'autres informations recueillies auprès de certaines personnes proches de Pascal font ressortir qu'en réalité, le véhicule Audi 20 appartiendrait à Pascal Bembé, qui l'aurait commandé. Mais pour minorer les frais de douane, Pascal aurait fait la commande sous le couvert de Mme Mbombo, une douanière.
L'assassinat de Pascal Bembé aurait eu des circonstances troublantes. Aussitôt après l'assassinat, le capitaine Lakouama à bord de son véhicule aurait lancé aux badauds, qui venaient de tous cotés : ‘‘Si vous ne voulez pas, vous nous suivez''. Des indiscrétions disent qu'après son forfait, le Médecin Achille Lakouama se serait rendu à la résidence du Chef de l'État à Sassara.

Le vendredi 22 septembre 2006, dans la matinée, des militaires de la sécurité présidentielle seraient venus chercher le véhicule litigieux, les parents s'y ont catégoriquement opposés. Après ce refus, ‘‘Papy'' Bozizé serait venu personnellement pour récupérer le véhicule en question. Là encore, les parents ont dit niet. Cet acharnement à énerver les jeunes de SICA I, qui ont acheté du carburant pour brûler le véhicule. Heureusement, les parents du défunt se sont interposés.
L'assassinat de Pascal Bémbé soulève beaucoup d'interrogations qu'il en résout. Le défunt ne cessait de dire à tous ses proches qu'il était sérieusement menacé à la Présidence de la République et qu'il envisagerait même demander sa mise en disponibilité. La dernière rencontre avec sa sœur Léocadie, date du lundi 18 septembre 2006 où il lui a réitéré ses propos sur les menaces qu'il subit à son lieu de travail.

La deuxième interrogation est celle du prix du fameux véhicule litigieux de marque Audi 80 immatriculé 5241WL 26. De 2 millions et demi de Fcfa, le véhicule, puisqu'il s'agit de Pascal est monté à 4 millions de Fcfa. Pourquoi ?
Le véhicule appartiendrait à Mme Mbombo ou à Pascal Bémbé ? Quels sont les liens qu'il y a entre Pascal et Mme Mbombo pour qu'elle demande au défunt de lui servir de démarcheur ? Comment comprendre que le capitaine Achille Lakouama, médecin de surcroît, qui connaît l'importance de la vie humaine, peut-il ainsi froidement supprimer la vie d'un homme, sur instigation de sa copine ?

Concernant les menaces dont Pascal est victime à son lieu de travail à la Présidence de la République, le défunt n'a pas été très loquace. Là aussi, ses proches parents ont beaucoup à dire.
Pour les jeunes de SICA I, c'est la colère, parce que Pascal était un ‘‘Grand'' qui ne parlait pas, ne provoquait pas et qui leur était très précieux. Comme dit le communiqué de la Présidence, c'est le ‘‘Wait and see''.
En somme, tout le monde attend de voir si l'impunité n'aura pas encore triomphé.

Jeudi 28 Septembre 2006
Alfred Varant

Publié dans DROITS DE L'HOMME

Commenter cet article