CENTRAFRIQUE - DROITS DE L'HOMME : LES DECISIONS DE JUSTICE BAFOUES PAR LE REGIME DE BANGUI QUI REFUSE LA REMISE EN LIBERTE DES 13 ACQUITES POUR COMPLOT

Publié le par LE CONFIDENT

MOÏSE RAÏKINA ET SES 12 COMPAGNONS D'INFORTUNE SOUFFRENT LE MARTYR À BOSSANGOA

(JPEG)Le transfèrement musclé de treize accusés acquittés par la Cour Criminelle de Bangui dans l'affaire de complot et d'association des malfaiteurs suscite une vague d'indignation et de colère au sein de la population banguissoise. C'est mercredi 13 septembre que le capitaine Ngaïkosset avec ses éléments ont débarqué vers 11 h 00 au ministère de la justice pour s'emparer du bus de l'Administration Pénitentiaire destiné à convoyer Moïse Mamadou Raïkina et ses 12 compagnons d'infortune à Bossangoa.

A la maison centrale de Ngaragba le régisseur s'est opposé fermement à l'enlèvement de ses individus d'ailleurs libérés par la justice de leur pays. Mais ce sera peine perdue car sur instruction du Procureur de la République Firmin Féindiro l'ardeur de ce brave officier supérieur de l'armée va fondre. Le magistrat du parquet aurait allégué que Mamadou Raïkina et autres doivent être transférés à Bossangoa pour une nouvelle confrontation. Avec qui, personne ne le sait. La Commissaire principale de Police Clotilde Gamo qui avait regagné son domicile dans la soirée après le verdict de la Cour Criminelle qui l'acquittait purement et simplement sera frénétiquement recherchée pour se joindre à l'équipe. Mais les recherches ont été infructueuses car notre brave Commissaire s'est trouvée une bonne planque. C'est le nouveau régisseur de la maison d'Arrêt de Bimbo qui sera pris à partie par le parquet pour avoir laissé échapper dame Clotilde Gamo.

Selon les informations reçues, le bus emportant les infortunés individus a eu une crevaison à Beboura. Ils seront embarqués cette fois-ci à bord d'un véhicule B.J 75 du Capitaine Ngaïkosset à destination de Bossangoa.
Durant le trajet, ces compatriotes ont gardé le moral et ne cessaient pas de Psalmodier des prières à Dieu le Père. Quels traitements dégradants leurs a-t-on réservé à l'arrivée ? Certains suivront-ils après tant d'épreuves ? Autant de questions qu'on se pose.
 
En effet, aucune déclaration n'a été faite à ce sujet par la hiérarchie de l'administration judiciaire. Chacun se tasse dans son petit coin et ne souhaite s'exprimer sur ce dossier comparable à des patates chaudes entre les mains des autorités judiciaires. Ce qui est tout de même surprenant, c'est le silence coupable des organisations de défense des droits de l'homme ou d'autres groupes de pression. Le refus de faire exécuter une décision de justice entrave gravement les efforts pour la sauvegarde des libertés individuelles. Si ce comportement n'est pas décrié par ces différentes organisations, les violations flagrantes des Droits de l'Homme vont s'ériger en méthode de gouvernement.

Vendredi 15 Septembre 2006
J. Kirakoumba
http://www.leconfident.net

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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