Cour Pénale Internationale : Bemba cloué dans sa cellule à La Haye par la Fidh !

Publié le par Digitalcongo.net

L’ONG internationale Fidh (Fédération internationale des droits de l’homme), la même qui avait rédigé un rapport accablant sur le déploiement de l’ex-Alc (Armée de libération du Congo) à Bangui s’oppose à la libération provisoire de JP Bemba dit redouter la fuite de ce dernier et la sécurité des victimes et des témoins. 
Un front anti-Bemba existe indiscutablement sur la scène internationale. Après la suspension de l’exécution de la décision de libération provisoire accordée à Jean-Pierre Bemba Gombo par la chambre préliminaire II, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme - FIDH -, le principal accusateur de JPBG - c’est essentiellement sur base du tout premier rapport de cette ONG internationale que Luis Moreno a fondé ses investigations -, revient à la charge dans le processus de son jugement, manifestement très décidée d’apporter de l’eau au moulin du procureur de la CPI.

Via un troublant communiqué hostile à JPBG publié le 3 septembre 2009, FIDH, en conflit ouvert avec Kinshasa à cause de ses récents rapports jugés partisans et fantaisistes, s’oppose à la libération du chef du MLC. Les activistes se disent très préoccupés du risque que cette libération provisoire pourrait représenter pour les victimes et témoins.

Etrange prise de position de FIDH seulement quelques jours après la polémique née des nouvelles de prétendues menaces proférées à Kinshasa contre certaines personnalités jadis proches de Bemba. Ca frise l’injustice, la manip et l’insensibilisation, disent les Bembistes. Ceux-ci suspectent cette propension à s’acharner sur Bemba seul alors que l’ex-président centrafricain Ange Félix Patassé, le co-accusé, si pas le principal, celui-là même qui avait appelé à sa rescousse les troupes de l’ex-Armée de libération du Congo - ALC -. Du coup, le communiqué de FIDH est fiché hautement suspect dans les milieux bembistes.

FIDH n’entend pas lâcher prise dans l’affaire Bemba. Après avoir rédigé le rapport qui a servi de principal document de travail lors des investigations menées par Luis Moreno Ocampo, au moment où les conseils de Bemba ont bataillé dur en vue d’obtenir la libération provisoire en faveur de leur client, l’ONG activiste s’est réinvitée sur la scène depuis le 3 septembre 2009, date de la publication d’un communiqué anti-Bemba. Ses nouvelles manœuvres visent le maintien de Bemba en prison jusqu’à la tenue du procès. Spectaculaire rentrée.

FIDH s’oppose désormais à la libération provisoire de JPBG. Elle brandit le spectre d’une avalanche des menaces qui résulteraient d’une pareille mesure de la Cour pénale internationale -CPI. FIDH dit avant tout craindre pour la sécurité des victimes et des témoins. Les récentes nouvelles sur les prétendues menaces de mort proférées contre des personnalités jadis collaborateurs de Bemba paraissent avoir beaucoup contribué a l’élaboration du communiqué de FIDH.

Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder sur le passage suivant: « La FIDH rappelle que la situation sur le terrain, tant en République centrafricaine RCA qu’en République démocratique du Congo, est très tendue, et que les témoins et victimes des crimes dont Jean-Pierre Bemba est accusé se trouvent dans une situation extrêmement précaire. La FIDH craint que l’extrême vulnérabilité des acteurs sur terrain ne soit aggravée par une éventuelle libération provisoire de Jean-Pierre Bemba ».

L’ONG fait également des affirmations de nature à irriter tant les autorités de Kinshasa, avec qui elle a déjà mal à partir à cause de ses rapports qualifiés de fantaisistes par le gouvernement, que de Bangul. Elle évoque notamment « le contexte de grande instabilité en RCA et RDC » craignant qu’il soit d’avantage perturbé par la libération provisoire de Jean-Pierre Bemba...

« FIDH dit se préoccuper du fait que cette libération soit comprise comme un acquittement et entraîne des incidents. D’où, l’appel lancé à la CPI en vue d’intensifier ses efforts de communication afin que cette décision ne puisse être instrumentalisée par les acteurs locaux. Les activistes affirment également redouter que JPBG échappe à la justice internationale et que des preuves disparaissent. L’autre crainte exprimée par FIDH est relative au risque d’escamotage des avoirs financiers de JPBG alors qu’ils pourraient servir à d’éventuelles réparations des victimes.

Preuves d’affirmations exigées

La colère est montée d’un cran chez les Bembistes, qui crient à l’injustice. Ils ne s’expliquent pas comment le communiqué de FIDH tombe seulement quelques jours après la décision de la chambre d’appel en réaction à la requête de Moreno, à la polémique née des nouvelles des prétendues attaques des résidences d’Alexis Thambwe Mwamba et José Endundo Bononge, et le report des audiences où devaient prendre part des délégués des pays candidats à l’accueil de Bemba.

« La communication seule ne suffit pas. Encore qu’il appartient à FIDHd d’apporter les preuves de ses affirmations légères », martèle un bonze bembiste. Très remonté, ce cadre du MLC accuse même la Tunisienne qui gère FIDH d’activisme et d’accointance avec Paris. « Cette Tunisienne est proche de certaines anciennes autorités de la France dont on connaît le rôle dans les événements qui ont conduit à l’arrestation de Jean-Pierre Bemba ».

Ce Bembiste n’est pas non plus loin d’établir des complicités entre des responsables de FIDH et la Cour. Il évoque pour ce faire le fait que ni l’ONG ni Moreno ne se montrent pressés pour émettre des mandats d’arrêt à l’encontre de Patassé, Bozizé et le général Miskin. « On sent que c’est un montage », ajoute-t-il avant de lâcher : « Nous avons des éléments sérieux que nous présenterons à la Cour au moment opportun ».

Suspense. Déjà, dans une déclaration publiée le 8 septembre 2009, l’Opposition dans son ensemble reproche le gouvernement de se mêler dans l’affaire Bemba. Lire communiqué en page 3. Ci-dessous, l’intégralité du communiqué incriminé de FIDH.

La FIDH craint pour la sécurité des victimes et des témoins

A quelques jours de la tenue des audiences de la Cour pénale internationale -CPI- avec les Etats susceptibles d’accueillir Jean-Pierre Bemba Gombo, poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, la FIDH est très préoccupée du risque que pourrait représenter sa libération provisoire pour toutes les victimes et les témoins.

Ces audiences font suite à une décision démise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba ordonnée par la Chambre préliminaire II de la CPI le 14 août 2009. II convient cependant de souligner que le Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo a fait appel de cette décision. La Chambre d’appel a décidé aujourd’hui du maintien de Bemba en détention dans l’attente d’une décision finale concernant sa libération provisoire éventuelle.

Par ailleurs, outre l’appel du Procureur, la Cour doit déterminer l’Etat qui pourrait l’accueillir et les conditions qui lui seront imposées. Les Etats identifiés par la Défense sont la Belgique, la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne; le Portugal et l’Afrique du Sud. Entre le 7 et le 14 septembre, la CPI entendra leurs observations sur leur volonté d’accueillir M. Bemba et sur les conditions à lui imposer.

La FIDH respecte la décision de mise en liberté provisoire prise par la Chambre préliminaire et considère qu’elle est une démonstration de l’impartialité de la Cour. Toutefois, la FIDH est préoccupée par les conclusions de la Chambre, qui a estimé que Bemba n’échapperait pas à la justice, et que sa libération ne porterait pas atteinte aux droits des victimes et des témoins. La FIDH rappelle que la situation sur le terrain, tant en République Centrafricaine -RCA- qu’en République démocratique du Congo -RDC-, est très tendue, et que les témoins et victimes des crimes dont Jean-Pierre Bemba est accusé se trouvent dans une situation extrêmement précaire. La FIDH craint que l’extrême vulnérabilité des acteurs sur le terrain ne soit aggravée par une éventuelle libération provisoire de Jean Pierre Bemba. Dans ce sens, la FIDH souligne que des victimes et des témoins en contact avec la Cour, mais aussi d’autres personnes restées en dehors de la procédure judiciaire ont subi de nombreuses pressions. La sécurité de toutes ces personnes doit être prise en compte par les juges.

La FIDH craint également que le contexte de grande instabilité en RCA et en RDC soit davantage perturbé par la libération provisoire de Jean-Pierre Bemba. En effet, la FIDH se préoccupe du fait que cette libération soit comprise comme un « acquittement » et entraîne des incidents. C’est pourquoi. La FIDH appelle la CPI à intensifier ses efforts de communication afin que cette décision ne puisse être instrumentalisée par les acteurs locaux.

Par ailleurs, la FIDH craint que Jean-Pierre Bemba échappe à la justice internationale et que des preuves disparaissent. La FIDH craint également que des moyens financiers de JeanPierre Bemba, qui pourraient être destinés à d’éventuelles réparations aux victimes à l’issue du procès, ne soient escamotés. Dans son expérience de suivi de procédures nationales concernant des crimes internationaux, La FIDH a constaté que les accusés mis en liberté provisoire ont très souvent fui. La FIDH appelle par conséquent les juges à rester vigilants aux conditions de mise en liberté provisoire de M. Bemba afin d’éliminer tous les risques de fuite et d’obstruction à la procédure.

La FIDH appelle les organes de la Cour et les parties concernées à tirer toutes les conséquences de ses préoccupations.

(CV/Ern./GW/Yes)

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