CENTRAFRIQUE - INSECURITE : LE DIALOGUE RESTE UNE OPTION

Publié le par CRI

Bozizé n'exclut pas un dialogue avec la rébellion
(CRI 29/07/2006)


Le président centrafricain François Bozizé n'a pas exclu d'engager un dialogue avec les groupuscules rebelles qui contestent son autorité et font régner l'insécurité dans le nord du pays, lors d'une réunion de concertation sur la paix vendredi à Bangui.
"L'opposition démocratique a proposé une rencontre avec l'opposition armée. C'est une solution", a déclaré le général Bozizé devant les corps constitués, partis politiques, forces de sécurité, syndicats, ONG et confessions religieuses qui ont participé à cette rencontre.

"Mais l'initiative de cette solution appartient au chef de l'Etat", a-t-il ajouté en conclusion de ces discussions, où plusieurs voix lui ont demandé d'ouvrir des discussions avec les rébellions en gestation qui font régner l'insécurité depuis plusieurs mois dans la moitié nord de la Centrafrique.

"Il faut laisser le chef de l'Etat décider de cela parce qu'il a les moyens que peut-être l'opposition n'a pas. Et en faire un vacarme, cela ne facilite pas la tâche à laquelle s'est attelée l'autorité en question", a poursuivi le chef de l'Etat.

Lors de son intervention, M. Bozizé a fustigé ces groupuscules, estimant que "même s'il y a des problèmes, cela ne justifie pas le fait de prendre des armes, pour tuer, s'attaquer aux biens de la communauté".

Il a également dénoncé la "position de complicité" de l'opposition à leur égard. "S'agit-il pour cette opposition de lutte démocratique ou de lutte armée ? (...) il est temps que cette opposition démocratique fasse son choix. Dans quel camp se trouve-t-elle exactement ?", s'est interrogé le président.

En ouvrant les débats vendredi matin, François Bozizé a accusé une "aile" du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), le parti de l'ex-président Ange-Félix Patassé qu'il avait renversé en mars 2003, d'"entretenir" ces rébellions, à l'origine d'attaques qui ont fait plusieurs victimes et suscité une sanglante répression.

Outre ces rebelles, Bangui a dénoncé ces derniers mois plusieurs violations de l'extrême nord-est de son territoire, aux confins du Tchad et du Soudan, par des hommes présentés comme des rebelles tchadiens hostiles au président Idriss Deby Itno, qui avait aidé le général Bozizé à prendre le pouvoir en 2003.

Plusieurs incidents armés meurtriers ont opposé ces "rebelles tchadiens" à l'armée centrafricaine.

Fin juin, douze soldats centrafricains et deux militaires tchadiens de la Fomuc (Force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) ont ainsi été tués dans l'attaque de leur camp à Gordil (plus de 800 km au nord-est de Bangui).

L'Onu s'est inquiétée au début du mois de "l'impact négatif" des tensions entre le Tchad et le Soudan sur la stabilité de la Centrafrique.

"Malgré des moyens dérisoires, les forces de défense et de sécurité font tout pour qu'il y ait un semblant de paix dans le pays", a souligné vendredi le président Bozizé. "On peut se féliciter d'avoir franchi une grande étape", a-t-il conclu.

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Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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