Mangues : le Mali conquérant

Publié le par Les Afriques

La mangue malienne, réputée bonne, ne s’exportait guère. Les producteurs se sont dotés d’une unité de transformation. Dès la première année, elle a gagné 2% du marché mondial.

Par Hance Guèye, Dakar

1000 tonnes exportées en 2008, soit 2% du marché mondial. 50% en plus pour 2009. La mangue malienne part résolument à l’assaut de l’Afrique et de l’Europe, ses débouchés. Et l’amélioration n’est pas que quantitative. La qualité y est aussi puisque le taux de rejet a baissé de moitié en deux ans.

Auparavant, malgré des récoltes abondantes, le Mali se contentait de quelques exportations marginales et informelles vers les pays limitrophes.

Les paysans producteurs se félicitent de la nouvelle orientation. Le kilogramme de mangue leur est acheté à 75 francs CFA (0,11 euro). L’exploitation d’un hectare de manguiers leur rapporte ainsi en moyenne 1000 euros pour une campagne qui dure environ quatre mois. Une campagne qui n’est guère pénible. Le producteur se contente d’arroser les plantes au départ, et dès qu’elles grandissent n’a plus qu’à les surveiller d’éventuelles attaques parasitaires pour traiter le cas échéant.

Cette amélioration sensible de la production de mangues au Mali est le fait d’un projet agricole dénommé Projet compétitivité et diversification agricole (PCDA), qui a aidé à l’implantation d’une unité de traitement et de conditionnement de mangues fort modeste, composée seulement d’une aire de tri, d’une salle de lavage, de salles de pré-conditionnement et d’une salle de conservation. Elle emploie un personnel permanent de 200 personnes.

L’unité a été réalisée dans le cadre d’un Périmètre logistique en zone agricole (PLAZZA) dont le but est de rendre la mangue malienne compétitive et aux normes du marché mondial grâce à la professionnalisation de toutes les étapes de la production à l’exportation. Il est même question dans ce cadre de labellisation de la mangue malienne.

Le PLAZZA a été implanté à Bamako en 2007 par le groupement des exportateurs de mangues, qui a bénéficié d’une subvention du royaume des Pays-Bas d’un million d’euros et d’un concours du PCDA d’environ 762 000 euros sur trois ans.

Quelques contraintes entravent toutefois le développement du projet. Le coût de l’électricité s’avère trop élevé et il est nécessaire, pour amortir l’outil industriel, de ne pas se limiter au seul traitement des mangues. Pour prospérer, l’unité devrait se diversifier en englobant d’autres produits comme l’échalote et le haricot vert.

Publié dans ECONOMIE

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