CENTRAFRIQUE - DROITS DE L'HOMME : QUAND L'ARMEE UTILISE LA TORTURE A PAOUA

Publié le par LE CONFIDENT

BEGOTO BALLA ALIAS JEAN MALET TORTURE ET BATTU A MORT PAR LES FACA A PAOUA


balla begoto
Quarante trois ans révolu, Begoto Balla Bernard est natif du village Bédaya I, village du regretté général de division N'djadder Bédaya François. C'est un opérateur économique qui a opté pour la mise en valeur des produits locaux de sa région de Paoua, notamment le tabac prisé qu'il s'est spécialisé dans la commercialisation.
 En effet, Begoto achète à Paoua et ses environs les bottes de tabac qu'il vient écouler à Bangui. C'est ainsi qu'après une opération de vente à Bangui, Bégoto Balla alias Jean Malet a repris la route le vendredi 07 juillet pour Paoua via Bozoum où il devait passer la nuit avant de poursuivre son voyage.
 Au cours de cette escale, il sera interpellé par le Commandant de la Brigade minière en exercice à Bozoum, ancien CB de gendarmerie de Bémal et de Paoua avant d'être affecté à Bozoum. Celui-ci va le rabrouer de façon inquiétante le traitant d'être de connivence avec les mouvements rebelles qui sévissent dans le nord du pays. Bégoto se défendra tant bien que mal pour retrouver sa liberté non, sans être promis que les FACA de Paoua s'occuperont de lui.
 C'est avec la mort dans l'âme que malgré lui, Bégoto va poursuivre son voyage le lendemain à destination de Paoua. Chose qui ne l'a pas surpris outre mesure, il sera arrêté au poste de contrôle de la gendarmerie à 5 km à l'entrée de Paoua et sera conduit à la dite brigade pour y être entendu. Suite à son audition sur son éventuelle relation avec les rebelles, le CB lui dira qu'il n'a rien contre lui mais, qu'il est arrêté sur instruction du responsable du détachement des FACA à Paoua.
 Malgré ses justifications , Bégoto sera mis aux arrêts dans les geôles de la brigade de gendarmerie de Paoua d'où il sera extrait par des éléments du détachement des FACA de Paoua. Après son transfert au camp du détachement, il y sera sauvagement torturé par le système arba-tacha.
 Selon les informations reçues, ses bourreaux lui ont enfoncé des éponges dans la bouche, dans les voies nasales et anales et l'ont roué de coups tout en lui versant sur le corps des larves brûlantes de nylons enflammés. C'est sous le coup de ces actes ignobles, inhumains et odieux que Bernard Bégoto Balla alias Jean Malet a rendu l'âme dans l'après midi du lundi 10 juillet après deux jours de torture. Son corps a été enfoui dans un sac et déposé au centre de santé urbain de Paoua où les parents alertés l'ont récupéré pour l'ensevelir.

Ce triste et douloureux récit démontre que les centrafricains en général et la population du nord en particulier ne peuvent nullement se fier aux forces de sécurité qui ont pour mission d'assurer leur sécurité. Les éléments de nos forces de défense et de sécurité qui brillent par leurs débâcles devant l'ennemi trouvent curieusement toute l'énergie et le courage dignes d'une armée républicaine de sévir seulement sur la pauvre et paisible population qu'ils sont pourtant sensés protéger. Ce qui est écoeurant, c'est le fait que ces éléments de la gendarmerie nationale n'opposent aucune résistance lorsque quelques éléments des FACA font irruption de force dans leurs geôles pour extraire des personnes supposées être en danger.
 
Ce qui s'est passé à Paoua rappelle le triste sort qu'avait subi le Sergent Chef Sanzé qui avait été extrait des geôles de la SRI par des amis du feu Lt Yango Kapita pour être sauvagement torturé et assassiné. Il convient aussi de relever le mutisme complice des autorités politico administratives et militaires de Paoua, notamment le Sous-préfet, le Commissaire de la ville et autres responsables qui, alerté, n'ont rien fait, laissant un centrafricain être assassiné de façon ignoble par les porteurs de tenues.
La crise de confiance entre la population et les éléments de nos forces de défense et de sécurité se creuse davantage. Les sonnettes d'alarme se généralisent. Que faut il faire ?
Lundi 24 Juillet 2006
Grand. Petit-Jean
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Publié dans DROITS DE L'HOMME

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