CENTRAFRIQUE - CRISE POLITIQUE ET SOCIALE : LES PORTES DU DIALOGUE HERMETIQUEMENT FERMEES

Publié le par LE CONFIDENT

L'ENTETEMENT DU REGIME DE BANGUI A S'OUVRIR AU DIALOGUE RISQUE DE L'ISOLER SUR LE PLAN INTERNATIONAL

Jamais on arrivera à comprendre le pourquoi du refus du régime du démocratiquement élu François Bozizé à s'ouvrir au dialogue pour débattre des problèmes de l'insécurité qui mettent à mal la paix et la cohésion nationale en Centrafrique.

Les femmes centrafricaines, la jeunesse et la société civile qui ont réclamé à cor et à cri la tenue du dialogue inter centrafricain ont perdu leur temps à prêcher dans le désert puisque le pouvoir de Bangui est resté insensible à ces différents appels émanant du peuple. Les opposants centrafricains représentés par le MLPC, le RDC, le MDREC, l'ADP, l'ASD et l'Association Londo ont, aussi de leur côté sollicité du maître de Bangui à prendre conscience de la gravité de la situation et à dialoguer aussi bien avec l'opposition politique qu'armée car, cette dernière est la principale cause de la crise aux conséquences déjà meurtrières pour le pays.

Emboîtant les pas aux forces nationales, le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a appelé les dirigeants centrafricains à régler de manière pacifique la crise qui secoue en ce moment la RCA. Ces appels nationaux et internationaux n'émeuvent nullement le pouvoir de l'homme fort du 15 mars. Il persiste et signe que l'option militaire lui permettra de bouter hors du territoire national, ces rebelles qui ont définitivement érigé le Nord-Est centrafricain en une base arrière de leurs actions déstabilisatrices.
 
 Un communiqué du Ministère de la Défense Nationale avait pourtant bien reconnu que dans la nuit du 25 au 26 juin 2006, des individus puissamment armés avaient attaqué les contingents militaires de la Fomuc et des Faca faisant ainsi de nombreuses victimes de part et d'autre. Cette déclaration solennelle met en exergue l'inégal rapport de force sur le terrain lequel, serait à l'origine des débâcles des forces coalisées (FACA et FOMUC).
 
Appuyé par la France qui a mis à la disposition de notre pays et du Tchad, deux hélicoptères de combat et un appareil gros porteur des troupes, le Ministère de la Défense Nationale par un autre communiqué de presse fait état de ce que, profondément réorganisées, nos forces peuvent désormais bouter hors de nos frontières, les rebelles qui sèment la terreur dans les zones occupées. Cette annonce solennelle confirme ainsi l'option militaire de pouvoir de Bangui pour la résolution de cette crise et laisse plus d'un pantois. Devant cette situation, les observateurs de la vie politique nationale s'interrogent quant à l'issue de l'option choisie.

Le nouvel Ambassadeur de France en Centrafrique, Alain Girma a déclaré le 14 juillet 2006, jour anniversaire de leur indépendance, que le pouvoir de Bangui devrait résoudre politiquement la crise que traverse le pays. C'est ainsi dire que les appels au dialogue se multiplient sans pour autant trouver une suite favorable.
En effet, le Président François Bozizé, lors de la célébration du 5e anniversaire de l'Ambassade Chrétienne, a déclaré à qui veut l'entendre qu'il pourrait dialoguer mais pas avec le diable. Le diable est-il ici représenté par qui ? L'opposition armée, politique ou le peuple ? Cette interrogation trouve son fondement dans la mesure où il n'y a que le peuple et par ricochet l'opposition politique qui ont sollicité de l'homme fort de Bangui de s'ouvrir au dialogue avec tous les acteurs impliqués dans la crise centrafricaine pour, un règlement pacifique et durable des problèmes de l'heure.
 
 Or, en refusant de se s'ouvrir à la concertation et partant à la contradiction, gages d'une démocratie véritable, le régime de Bangui est en quelque sorte sur la voie de s'enfermer dans un cocon qui risquerait de l'isoler sur le plan international. En privilégiant l'option guerrière que le dialogue, le régime de Bangui lance un défi à la Communauté internationale représentée par le Conseil de Sécurité de l'ONU qui décide en toute souveraineté sur le sort de chaque pays membre de l'organisation et qui avait pourtant demandé au Président Bozizé de régler pacifiquement cette crise. Il est plus que jamais temps pour que les autorités politiques du pays puissent se ressaisir en s'ouvrant au dialogue avec toutes les forces vives de la nation.
 
L'humilité n'est donc pas une faiblesse. Elle permettra d'éviter à notre pays de renouer une fois de plus avec le cycle infernal de la violence aux conséquences incommensurables. Il en va de l'avenir de notre cher et beau pays.

Lundi 24 Juillet 2006
Harly Schengen
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