Centrafrique: près de 30 morts samedi dans l'attaque armée à Birao

Publié le par AFP

BANGUI (AFP) — Près de 30 personnes ont été tuées samedi en Centrafrique lorsque des hommes armés ont lancé à Birao (nord-est) une attaque visant des rebelles d'un mouvement engagé dans le processus de paix, selon des habitants de la ville joints lundi depuis Bangui.

Selon un notable, un agent de santé, un fonctionnaire et d'autres habitants contactés séparément, au moins 25 morts auraient été enregistrés dans le camp des assaillants, qui ont tué deux membres de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), signataire d'un accord de paix avec le gouvernement.

Un policier de Birao (800 km au nord-est de Bangui) a de son côté fait état de violents combats ayant fait "une vingtaine de morts", sans plus de détails.

Les combats auraient par ailleurs fait une dizaine de blessés, dont cinq civils, d'après les habitants.

Samedi, des sources militaires basées dans la ville avaient annoncé à l'AFP deux morts et un nombre indéterminé de blessés lors des combats, en affirmant que les assaillants avaient visé un poste de l'armée avec laquelle collabore l'UFDR. Cette rébellion avait confirmé l'assaut et le bilan de deux morts, mais en assurant qu'il avait visé leur base.

D'après les explications des militaires, confirmées lundi par les habitants, l'attaque a été lancée par des hommes de l'UFDR d'ethnie Kara qui contestent la direction de Zakaria Damane, chef de ce mouvement et à laquelle sont acquis les Goula, majoritaires dans l'UFDR.

"Ils avaient des armes. Ils étaient venus pour tuer, pas pour chercher de la nourriture", avait déclaré le commandant Emmanuel Ngboya, des Forces armés centrafricaines (Faca).

Les combats se sont déroulés tôt samedi matin et le calme était revenu en fin de matinée, lorsque l'UFDR et l'armée ont repris le contrôle de la situation après des "opérations de ratissage", selon les mêmes sources.

L'attaque a cependant semé la panique chez les habitants, dont plusieurs ont fui la ville pour se réfugier dans des localités voisines et en brousse. D'autres étaient rassemblés au domicile du député de la localité et au centre de santé de Birao.

En avril 2007, l'UFDR a signé avec Bangui un accord de paix, s'engageant notamment à cesser les hostilités dans une large part du nord-est centrafricain dont elle contrôlait plusieurs localités. Un de ses responsables a fait son entrée au gouvernement formé en janvier sur recommandation d'un forum sur la paix dans le pays.

Birao, proche de la frontière avec le Soudan, a été dans le passé théâtre d'affrontements d'ordre ethnique, opposant notamment Goula, Kara ou Ronga, ou d'ordre foncier, entre éleveurs et agriculteurs.

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