TCHAD - RCA : L’insécurité entrave l’accès aux réfugiés et déplacés dans l’est

Publié le par IRIN

DAKAR, 22 mai 2009 (IRIN) - L’insécurité croissante dans l’est du Tchad limite l’accès des travailleurs humanitaires aux réfugiés soudanais et aux déplacés tchadiens, ont dit des travailleurs humanitaires.

Les rebelles et les troupes gouvernementales se sont récemment affrontés dans l’est du Tchad et le banditisme – un problème connu de longue date dans la région – est en hausse, y compris le meurtre, le 13 mai, d’un policier national formé par les Nations Unies.

L’unité de police formée par les Nations Unies, connue sous le nom de DIS (Détachement intégré de sécurité), escortait certains convois humanitaires mais a réduit ses opérations depuis que des groupes armés ont commencé à la cibler.

« La multiplication des actes de banditisme compromet le bon déroulement des opérations, la protection des civils et l'accès humanitaire », a dit le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans un rapport le 18 mai.

La mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad, la MINURCAT, organise désormais des escortes pour les travailleurs humanitaires mais sa capacité à le faire est limitée, essentiellement en raison du manque de carburant, a dit à IRIN Michel Bonnardeaux, porte-parole de la MINURCAT.

« Il y a un problème à assurer ces escortes. En l’état des choses, le Tchad est un terrain complexe sur le plan logistique, et cela est maintenant empiré par le manque de carburant », a-t-il dit.

David Cibonga, responsable du bureau d’OCHA à Abéché, la principale ville de l’est du Tchad, a dit : « Les convois et les escortes sont d'une impérieuse nécessité, par endroits, pour les déplacements des humanitaires vers les camps de réfugiés et les sites de déplacés dans le contexte actuel de l'est marqué par un banditisme grandissant. »

« Une solution doit être trouvée d'urgence afin de préserver l'espace humanitaire et de permettre un accès facile aux bénéficiaires de l'aide », a-t-il ajouté.

Les camps de l’est du Tchad – qui accueillent plus de 400 000 réfugiés et déplacés – ont des réserves de vivres et autres fournitures humanitaires, les conséquences d’un manque d’accès pendant quelques jours ne sont donc pas graves à court terme, mais cela perturbe les opérations, ont dit des travailleurs humanitaires.

« Notre principal objectif en cette période est de prépositionner des vivres et [autres articles humanitaires] pour les réfugiés parce que la saison des pluies approche », a expliqué un travailleur humanitaire au Tchad, qui a requis l’anonymat. « Tout retard dans [ces opérations] est mauvais ».

« Nous avons aussi besoin d’approvisionner nos bureaux sur le terrain en carburant, eau et autres fournitures. Si nous n’avons pas d’escorte, nous ne pouvons pas envoyer à nos employés ce dont ils ont besoin ».

Même si les organisations non gouvernementales (ONG) n’ont pas les mêmes restrictions de sécurité que les travailleurs humanitaires des Nations Unies, certaines d’entre elles dépendent des convois escortés par le DIS pour certains déplacements et sont aussi préoccupées par les problèmes d’accès.

« Cette nouvelle insécurité est une évolution inquiétante », a dit à IRIN Anne Wood, responsable de l’organisation CARE International au Tchad. « Depuis le 14 mai, le DIS ne fournit plus l’escorte armée habituelle à Iriba, Farchana et Goz Beida et nous dépendons maintenant des forces de la MINURCAT. [Or] non seulement sa disponibilité est limitée, ce qui restreint notre accès aux camps, mais c’est aussi un dilemme dans le sens où les ONG sont généralement réticentes à accepter ce genre d’assistance de la part de forces internationales ».

Bon nombre d’ONG considèrent les escortes armées comme une solution de tout dernier recours, face à la difficulté de préserver leur mandat d’assistance humanitaire indépendante et impartiale.

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