Gabon: Omar Bongo, un des derniers "dinosaures" politiques d'Afrique

Publié le par Le Matin.ch

Doyen des chefs d'Etat africains, le président gabonais Omar Bongo, 73 ans, hospitalisé en Espagne, est un "dinosaure" du continent, respecté pour sa sagesse et ses médiations mais aussi critiqué pour ses liens ambigus avec la France et des soupçons de corruption.

AFP - le 21 mai 2009, 12h53

A la tête de son pays depuis plus de 41 ans, Omar Bongo Ondimba est incontestablement une figure de la scène africaine et même internationale, avec sa petite taille, sa moustache et son regard souvent dissimulé par des lunettes noires.

Il est une sorte de sage que l'on vient consulter et il n'est pas rare de croiser à Libreville des personnalités politiques de tous bords et de toutes nationalités, venues s'entretenir avec lui.

Omar Bongo joue d'ailleurs souvent les médiateurs dans les crises africaines et a récemment été remercié pour son rôle dans le processus de paix en cours en Centrafrique. Au sein d'une Afrique agitée, il se veut le garant de la stabilité et de la paix au Gabon.

Maître stratège en politique, un talent que lui reconnaissent ses partisans comme ses détracteurs, il a su rester au pouvoir sous le régime du parti unique mais aussi après la restauration du multipartisme en 1990. "Le sens politique c'est l'art de l'oubli", aime-t-il à dire.

Né le 30 décembre 1935 dans une famille de paysans du pays batéké, dans le sud-est du pays, Albert-Bernard Bongo --il deviendra el-Hadj Omar Bongo après sa conversion à l'islam en 1973, puis ajoutera Ondimba, le nom de son père, à son patronyme en 2003-- est remarqué par le premier président du Gabon, Léon Mba, qui en fait son directeur de cabinet. Il a alors à peine 27 ans.

Après avoir été ministre en 1965, il devient vice-président en 1967 pour devenir chef de l'Etat la même année après le décès, le 28 novembre, de Léon Mba.

Il instaure le régime du parti unique en 1968 et crée le Parti démocratique gabonais (PDG). Seul candidat, il est élu président en 1973, 1979 et 1986, avec des scores fleuve.

Issu d'une ethnie très minoritaire, il dirige le pays sans tolérer d'opposition, prenant soin toutefois de répartir les responsabilités gouvernementales et administratives selon de subtils équilibres ethniques et régionaux.

Dans les années 70 et 80, l'or noir coule à flots, lui permettant de transformer son petit pays d'Afrique centrale en "émirat pétrolier", mais la corruption se généralise selon de nombreux observateurs.

En 1990, face à la fronde populaire, il instaure le multipartisme, le PDG conserve néanmoins la majorité absolue au Parlement.

Ses réélections -- en 1998 avec 66,88% des voix, puis en 2005 avec 79,21% - sont marquées par des accusations de fraudes de l'opposition, désormais incapable de se mobiliser et dont de nombreuses personnalités sont entrées au gouvernement.

Car en distribuant avantages et privilèges, Omar Bongo a réussi à rallier à son camp jusqu'à ses plus anciens et virulents contempteurs.

Tout au long de la Ve République française, Omar Bongo a aussi été l'un des principaux relais de la "Françafrique" où s'entremêlent raison d'Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes.

Récemment, ses relations avec l'ancienne puissance coloniale se sont tendues en même temps que surgissaient des affaires.

Les médias français ont fait des révélations sur l'important patrimoine immobilier de sa famille alors que la justice française est actuellement saisie d'une plainte d'ONG qui accusent M. Bongo de posséder en France des biens immobiliers de luxe financés par de l'argent public détourné.

Né le 30 décembre 1935 dans une famille de paysans du pays batéké, dans le sud-est du pays, Albert-Bernard Bongo --il deviendra el-Hadj Omar Bongo après sa conversion à l'islam en 1973, puis ajoutera Ondimba, le nom de son père, à son patronyme en 2003-- est remarqué par le premier président du Gabon, Léon Mba, qui en fait son directeur de cabinet. Il a alors à peine 27 ans.

Publié dans L'AFRIQUE

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