Centrafrique :" Même si Maître Goungaye etait un homme de la rue "

Publié le par Le Confident

La conclusion de l’enquête sur « l’accident » qui a causé la mort à Maître Goungaye fait état de ce que le défunt aurait roulé à une vitesse de croisière sans donner de chiffres qui seraient affichés sur le tableau de bord.
Malgré l’affirmation de certains membres d’équipage du véhicule de poids lourd selon laquelle leur véhicule fumait et avait de difficulté pour avancer, l’enquête semble incomber la faute au chauffeur défunt Me Goungaye. Mais qu’en est-il de la responsabilité des propriétaires du véhicule qui rendrait la vue difficile en polluant l’air et qui roulait sans feu lumineux ?

Le résultat de ce travail d’enquête n’est que celui de l’orientation d’une main qui se croit invisible alors qu’elle est sue et connue de tous.

Cette main n’est autre que celle de ceux qui, hier, trouvaient ce digne fils du pays, qui ne faisait que jouer son rôle, embarrassant et qu’il fallait « l’effacer de la scène ».

Cette situation faisant bien mal au cœur du Centrafricain, qui aspire au respect des droits humains, n’est qu’un soulagement pour d’autres qui le prenaient pour un obstacle politique.

Même s’il faut prôner un accident : où sont passés le chauffeur du poids lourd, les témoins qui étaient à bord de ce véhicule ? N’est-ce pas la suite logique du travail de cette main qui consiste à voiler sinon à dissuader la vérité sur cette affaire ?

Nous nous interrogeons même sur l’identité d’un monsieur généreux qu’il soit pour pouvoir transporter le corps de Me Goungaye jusqu’à la morgue de Bangui sans se présenter pour ne fut-ce que recevoir une gratitude de la part des parents du défunt.

Me Goungaye qui ne supportait pas la discrimination, même au sein de sa propre famille, a vu son corps soustrait des deux autres et nous nous posons la question s’il y avait qu’une seule place dans ce véhicule transportant le corps de Me Goungaye ou l’avait-on prévu pour la circonstance et pour une personne déterminée ?

Pourquoi a-t-on précipité l’inhumation de feu Me Goungaye sans vouloir faire l’autopsie pourtant expressément demandée par le bureau de coordination des signataires du manifeste pour un dialogue véritablement inclusif en République Centrafricaine (cf. l’Agora n°225 du 07/01/09 page 2) pour déterminer les causes de cet « accident » ?
Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra.

N’est-ce pas que Me Goungaye travaillait en collaboration avec la FIDH pour assister les victimes des événements de 2002, 2003 en RCA auprès de la CPI ?

Où sont passés les confrères collaborateurs de Me Goungaye ? Où sont passées les ONG de promotion de défense des Droits de l’Homme qui hier dénonçaient avec Me Goungaye les violations des droits humains pour veiller sur ce dossier ?

Le décès de Me Goungaye semble être un tabou. Même s’il était un homme de la rue, puisqu’on ignore le rôle qu’il a joué dans ce pays, on aurait néanmoins parlé de sa mort en termes d’accident comme on a tendance à faire croire.

Me Goungaye est aussi citoyen français. De ce droit, nous demandons à la France de diligenter une enquête (bien entendu avec autopsie) pour que la lumière soit faite sur la mort de ce défenseur des droits humains qui travaillait, non seulement pour l’Etat centrafricain, mais aussi pour la justice internationale.
Pour la famille
Didier Anatole GOUNGAI

Mardi 19 Mai 2009
Didier Anatole GOUNGAI

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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