CENTRAFRIQUE - POLITIQUE : A LA RECHERCHE DU POUVOIR PERDU...

Publié le par LE CONFIDENT

PAR QUEL MOYEN PATASSE VA -T-IL RENTRER TRIOMPHALEMENT AU PAYS?

Ange Félix Patassé, président du Centrafrique de 1993-2003
Contre toute attente, l'ex Président centrafricain Ange Félix Patassé a surpris plus d'un par sa réaction aussi allergique que dithyrambique. Dans une communication dite présidentielle datée du 17 septembre 2006, Patassé faisant référence à la déclaration de M. Jean Michel Mandaba sur RFI, a lancé une mise en garde à l'endroit de ses « camarades coupables de fautes graves hautement préjudiciables au parti d'avant-garde qu'est le MLPC » et en même temps leur interdit de parler au nom de son parti. Selon ce dernier, « toute tentative par toutes les personnes sanctionnées par la décision N°002/MLPC/CPN/BP/P2006 d'engager des actions au nom du parti MLPC sera considérée comme une usurpation, faux et usage de faux et poursuivie conformément aux textes en vigueur ». Cette déclaration loin de faire l'unanimité, démontre à suffisance que l'ex Président centrafricain en exil forcé au Togo est atteint par le virus du pouvoir car, il continue de croire toujours qu'il retrouvera son fauteuil présidentiel perdu le 15 mars 2003 au profit de son ex Chef d'Etat major François Bozizé.
Cependant, le bon sens aurait voulu qu'on fasse une analyse rétrospective du parcours politique de celui qui continue d'alimenter les débats à savoir, Ange Félix Patassé.
En 1993, suite aux promesses fallacieuses et aux propos démagogiques faites au peuple centrafricain pendant la campagne, Patassé a été démocratiquement élu Président de la République. Après une année de règne, l'agronome a fait découvrir son vrai visage au peuple qui l'a pourtant porté sur les fonds baptismaux. Des crises à répétition dues à la non satisfaction des besoins sociaux ainsi que des scandales financiers ont émaillé son parcours à la magistrature suprême de l'État centrafricain.
 Il faut citer entre autres, l'affaire William et Soffin qui n'est autre qu'une dette contractée par Patassé lors de son exil au nom de l'État centrafricain et qui devait être remboursée après son élection (environ 12 milliards de Fcfa). Le peuple n'a pas su sur quelle ressource Patassé aurait t-il puisé pour rembourser ces fonds.
Bien qu'interdit par la Constitution du 14 janvier 1995 de s'ingérer dans les affaires, l'on se rendra compte que Patassé s'était laissé noyé par un affairisme qui ne dit pas son nom.
 On se rappellera volontiers de ses nombreuses sociétés dont l'Omnium des Minerais en Afrique Centrale (OMAC), Colombe Bois, Colombe Mines sans pour autant oublier l'affaire Trans-Oil etc. Sous son régime, ce dernier avait brillé par sa mauvaise gestion de différents dons qui ont été octroyés par les États amis à la République Centrafricaine notamment le don libyen de 55 mille tonnes de carburants, dons japonais pour ne citer que ceux-là. Pour ce qui est de fausses promesses, Patassé avait toujours déclaré qu'il allait payer les fonctionnaires à base de ces fonds qui sont logés dans une banque allemande.
 Depuis cette annonce, les fonds promis (6 milliards) ne sont jamais arrivés en Centrafrique en son temps. Le comble de malheur, a été l'implication des forces non conventionnelles de Jean Pierre Bemba et mercenaires du capitaine Paul Barril dans un conflit interne qui opposait le pouvoir central à la rébellion du Général François Bozizé. Les conséquences ne se sont pas faites attendre dont les stigmates sont toujours perceptibles de nos jours (vols, viols, assassinats etc.)
Malgré la commission de ces crimes par les forces non conventionnelles sur son peuple, Patassé a poussé l'outrecuidance jusqu'à déclaré sans ambages sur les antennes de RFI que « la population centrafricaine vivait en parfaite harmonie avec les banyamulenge de Jean Pierre Bemba».
 Cette déclaration fracassante à l'encontre de ceux qui l'ont fait roi en le mettant à la tête de l'État centrafricain a poussé le peuple à se mobiliser pour précipiter son départ en apportant une caution morale à la rébellion de François Bozizé qui aura raison de son règne le 15 mars 2003.
Aujourd'hui, 3 ans après, Patassé annonce son retour triomphal à Bangui. Par quel moyen ? C'est la question qui se pose car, il n'est un secret de polichinelle que l'ex dictateur centrafricain a fait l'objet d'une plainte déposée par la FIDH au parquet de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des crimes ignobles commis sur le peuple centrafricain.
 
Pour un observateur de la vie politique nationale, Patassé est capable de tout car, étant exilé à l'époque, il a pu contracter des dettes au nom de l'Etat centrafricain alors qu'il n'était pas encore élu. Ce qui démontre à suffisance que le leader charismatique du MLPC est capable de tout puisqu'il peut pactiser même avec le diable pour arriver à ses fins c'est-à-dire, revenir au pouvoir.
 
D'aucuns pensent que si le MLPC connaît aujourd'hui une crise profonde qui risque de le diviser, c'est justement à cause des gesticulations de Patassé qui pense que la République Centrafricaine est sa chasse gardée et qu'il est hors de question qu'on se l'accapare comme François Bozizé l'a fait le 15 mars 2003.
 Cette nostalgie de pouvoir qu'il continue d'affiche à pousser les autorités politiques certainement à enclencher une chasse aux sorcières à l'encontre des dirigeants de son parti dont les mouvements quotidiens sont suivis au peigne fin.
Somme toute, la bataille ne fait que commencer au niveau de son parti le MLPC et les pouvoirs publics doivent restés vigilants pour éviter au pays des crises aux conséquences incalculables.

Jeudi 29 Juin 2006
Harly – Schengen
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Publié dans POLITIQUE

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