CENTRAFRIQUE - POLITIQUE : PATASSE MIS HORS JEU PAR ZIGUELE

Publié le par LE CONFIDENT

MLPC: PATASSE EVINCE, ZIGUELE ELU PRESIDENT

Dans une communication présidentielle adressée à tous les militants du MLPC suite à une déclaration sur RFI de Jean Michel Mandaba, Secrétaire Général du parti, le leader charismatique de ce mouvement politique de masse, Ange Félix Patassé qui vit en exil au Togo a réagi vigoureusement contre l'organisation de la session ordinaire du Conseil Politique National (CPN) décidée par la tendance Koyambonou et consorts. L'ex chef d'État centrafricain qui demeure le président en exercice du parti a rappelé que ceux qui s'agitent sont des personnes sanctionnées, coupables de fautes graves hautement préjudiciables au parti d'avant-garde le MLPC.
 
 Il les met en garde contre toute tentative visant à prendre la parole au nom du parti ou d'engager des actions au nom du parti. Ces initiatives seront considérées comme usurpation, faux et usage de faux et poursuivies conformément aux textes en vigueur. Il appelle ses camarades militants à observer strictement la discipline, la critique et l'autocritique fondements d'un bon esprit de camaraderie gage de la confiance placée aux organes dirigeants et aux responsables engagés rejetant toute corruption, toute compromission et toute concussion préjudiciables à leurs prochaines victoires sur les forces du mal qui cherchent à s'enraciner durablement en RCA.
 
 Fort de ces consignes et de sa popularité légendaire, le président Patassé a annoncé par la même occasion son très prochain retour au bercail tout en sachant qu'il a des comptes à rendre à la justice centrafricaine pour son implication dans les crimes économiques et de sang. La déclaration enjoignait le parti à la mobilisation générale de tous les organes pour son retour triomphal.

Ce dernier point a provoqué la colère des Conseillers Politiques Nationaux et présidents fédéraux qui décident sur le champ de transformer le CPN en Congrès Extraordinaire en vue de l'analyser et se prononcer conséquemment. Car, cette déclaration est de portée très grave pour l'avenir du parti. L'ensemble des participants s'est prononcé favorable pour que la question soit débattue séance tenante. C'est ainsi qu'un bureau du congrès a été mis en place et dirigé par André Toby Kotazo. Il s'agit de prendre des mesures de dernière vigueur contre le Camarade Patassé qui pense disposer de large pouvoir lui permettant de diriger le parti à partir d'un pays tiers surtout loin des réalités. Le congrès a procédé à l'élection de la nouvelle direction du parti, à l'analyse de la situation politique du pays et scruter les perspectives d'avenir qui concernent uniquement la gestion financière du mouvement.
 
Abordant le point consacré à l'analyse de déclaration de Patassé, le congrès extraordinaire a jugé suffisamment grave cette prise de position malencontreuse et a décidé en toute souveraineté l'évincement d'Ange Félix Patassé jusqu'au prochain congrès de juin 2007. Il lui est reproché son attitude dictatoriale et sa propension à trahir régulièrement le parti. Il en est de même pour Dondon Konamabaye, 1er vice président du parti, à qui il lui est fait interdiction d'utiliser les attributs du parti et la restitution immédiate de les tous biens du parti en sa possession. Le Congrès lui reproche d'être à l'origine de la division du parti et haute trahison. Les autres cadres du parti notamment Sandy Emmanuel, Sosthène Guetel Dilamkor, Karoua Jacob, Lin Banoukepa et Jean Ndoulou sont également suspendus jusqu'au congrès de juin 2007 pour fautes lourdes.
Le CPN transformé en congrès extraordinaire condamne sans réserve toute tentative de prise de pouvoir par les armes. Enfin, les dispositions de la déclaration présidentielle de Patassé datée du 17 juin 2006 sont purement et simplement annulées.
La surprise de ce congrès fut l'élection de Martin Ziguélé, candidat malheureux aux dernières élections présidentielles de 2005 soutenu par le MLPC. Il est élu massivement par le congrès à la présidence du Parti pendant qu'il se trouvait encore en France. Les militants estiment qu'il est le moindre mal qui peut contribuer efficacement à la restructuration et à la mobilisation générale du parti qui connaît une léthargie depuis sa débâcle électorale. Le bureau mis en place se compose de la manière suivante :

Président : Martin Ziguélé
1er Vice président : Gabriel Jean Édouard Koyambonou
2e vice président : Jacquesson Mazette
3e vice président : André Nalké Dorogo
Secrétaire Général
: Jean Michel Mandaba
1er Secrétaire Général Adjoint : Samuel Stanislas Zoumbeti
2e Secrétaire Général Adjoint : Etienne Malekoudou
Trésorier Général : Luc Guéla
Trésorière Générale Adjointe : Mme Delphine Baba
Dans son discours de clôture, le 1er vice président Gabriel Jean Édouard Koyambonou s'est réjouit des résolutions auxquelles sont parvenus les conseillers politiques nationaux.
Le congrès a eu à analyser la situation de la politique générale de la République Centrafricaine sur les plans politique, économique, social et culturel. S'agissant de la situation générale, le Congrès a fait un constat amer de la gestion du gouvernement et de ceux qui, hier, prenaient leurs propres désirs pour des réalités en plongeant le pays dans le chaos. La RCA est soumise à une exploitation sauvage au profit d'une minorité constituée essentiellement de la famille présidentielle. Il a étayé son propos par les derniers scandales de Lobaye Gold géré par des opérateurs économiques véreux, qui continuent de défrayer la chronique. Il a relevé les insuffisances du gouvernement à assurer la sécurité du peuple abandonné à son triste sort. Sur le plan social, pendant que les salaires, bourses des étudiants, pensions des retraités et autres dépenses de souveraineté sont pendants, le gouvernement s'octroie le luxe d'augmenter les salaires et indemnités des membres du gouvernement occasionnant une augmentation imputable au budget de l'État de l'ordre de 1.305.444.200 FCFA. C'est criminel, car les salaires des fonctionnaires sont bloqués depuis 1985 a-t-il conclu.

Lundi 26 Juin 2006
Marcel Dexter Gazikolguet
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