Kiki Bokassa : « Après avoir créé une œuvre, je me réconcilie avec le passé de mon père »

Publié le par ILoubnan.info

Kiki Bokassa a entamé vendredi matin une performance artistique à la galerie « Laboratoire d’Art », escalier St Nicolas, Gemmayze. Au programme: 72 heures de peinture, pas de sommeil, et une caméra comme compagnon le plus fidèle. A travers la vitre de la galerie ou sur internet (www.72-hrs.com), vous pouvez regarder travailler et encourager la fille de l’ancien Président de Centrafrique, jusqu’à lundi matin.

Voilà deux semaines que Kiki dort de moins en moins. Quatre heures la nuit dernière. Mais elle ne se sent ni stressée, ni angoissée. Peut-être son inconscient s’est-il déjà préparé au challenge ? Ce matin pourtant, au réveil, elle est envahie par « l’envie de pleurer » nous confie-t-elle, avec « l’impression de voir ma famille pour la dernière fois ».

C’est que sa famille est si importante, un élément clef de sa vie, un fardeau pendant son enfance et le déclencheur de son inspiration. Shatha Lagalahma, collectionneur et amie de l’artiste depuis 10 ans déjà, nous raconte que Kiki peignait, à ses débuts, les traits de sa mère, libanaise, avant de se tourner vers de grandes causes humanitaires. « C’est une jeune femme talentueuse et ambitieuse, et je ressens une connexion particulière avec son art », nous dit Shatha.

Il est midi et Kiki peint dans la galerie, un cube de verre et de toile, les couleurs sont posées par terre, un foulard rouge noue ses cheveux. Elle qui n’a l’habitude ni des caméras, ni des regards, va devoir s’adapter à son nouvel environnement, gérer l’emballement possible de son cœur, et dévoiler certaines de ses techniques. Un défi porté par le sentiment de réconciliation avec le passé de son père, une fois une œuvre créée, explique l’artiste a propos de l’ancien dictateur de Centrafrique Jean-Bedel Bokassa. Arrivé à la présidence de la République centrafricaine suite à un coup de force en 1965, Jean-Bedel Bokassa, dont le régime fut marqué par la violence, s’était autoproclamé en 1977 « Empereur de Centrafrique par la volonté du peuple centrafricain, uni au sein du parti politique national : le MESAN ». Il est décéde en 1996. Kiki ne l’a rencontré qu’en 1994. Elle avait dix-neuf ans.

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