La junte au pouvoir en Guinée menace de se présenter aux élections

Publié le par Kbanews Conakry

Accueilli par une foule en liesse au quartier Boulbinet, ancien fief du feu Général Lansana Conté, le Capitaine Moussa Dadis Camara comme d'habitude n'a pas gardé sa langue dans la poche. En s'adressant à l'assistance venue l'attendre pendant plusieurs heures, le Chef de l'Etat guinéen a pour la première fois, menacé les partis politiques du pays. Et pour cause? Il déplore le manque de considération de ces derniers à son égard et à l'égard du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).
A cet effet, il a dit, je cite: "Pendant 25 ans, ils ont cherché le pouvoir avec le Général Lansana Conté. Ils ne l’ont pas eu. Personne n'est né militaire. S'ils (les leaders politiques) ne nous accordent pas de l'importance, nous allons ôter les tenues et nous présenter aux élections présidentielles". Ce qui dénote à suffisance que le CNDD au pouvoir depuis le 23 décembre 2008, n'a pas encore dit son dernier mot quant à sa participation ou non aux échéances électorales.

Ces volte-face à répétition en Afrique prouvent avec éloquence le manque de maturité politique des hommes venus au pouvoir par les armes. Dadis avait promis d'organiser les élections législatives et présidentielles au cours de cette année 2009. Mais le constat qui se révèle aujourd'hui, est que, sur ce plan, rien n'est fait pour la tenue cette année des élections crédibles et transparentes.

Au manque des moyens techniques, il faut ajouter d'autres problèmes comme la révision des listes électorales, le toilettage de la constitution, la division des partis politiques sur la date de la tenue des élections et le manque de volonté du CNDD d'aller vite aux élections. C'est vrai, il ne s'agit pas d'aller aux élections pour aller, mais il est question en Guinée, de préparer le déroulement de ces élections par la pause des jalons importants en vue de sortir ce pays de l'ornière. C'est ce qui n'a pas encore été fait.

La déclaration du CNDD à l'égard des partis politiques vient compliquer davantage le délai des élections. Malgré une pression du Groupe international de Contact-Guinée, des problèmes persistent encore et la situation nécessite un dialogue national pouvant mettre chaque Guinéen à sa place.
AUTEUR:Amadou Boleya Diallo correspondant Kabanews Conakry

Publié dans L'AFRIQUE

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