Centrafrique - Insécurité : 1.100 Janjawid investissent le Vakaga

Publié le par Le Confident

La population de la Vakaga n’est pas au bout de ses peines. Sortie des années de turpitude par la présence et les agissements de l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), tout le monde pensait, qu’avec la signature de l’accord de Birao (13 avril 2007) et de déploiement de l’EUFOR, la Préfecture de la Vakaga allait connaître un répit quant aux violences.

Effectivement, en dehors de quelques escarmouches de la Force d’Unification de la République Centrafricaine (FURCA) et des bandes armées isolées, la présence de la force européenne fut dissuasive pour les fauteurs de troubles.

La population rassurée avait repris ses activités et la Vakaga reprenait peu à peu à vivre en temps normal.

Des Janjawid soudanais en surnombre

Mais depuis le mois de février 2009, la situation s’est sérieusement dégradée dans une partie de la Préfecture de la Vakaga. Les Janjawid soudanais ont débarqué dans la Vakaga en surnombre suite à des altercations meurtrières entre un Centrafricain et un sujet soudanais. Les agissements de ces Janjawid, estimés à 1100, fortement armés, équipés de 400 chevaux et 50 chameaux ont fait craindre le pire aux populations de la région, qui ont publié un communiqué le 18 février 2009 pour lancer un vibrant appel aux autorités centrafricaines. Tout en semant la terreur, les forces étrangères non conventionnelles réclament des réparations en espèces sonnantes et trébuchantes et en nature. Ainsi les populations des zones envahies ont mobilisé cent têtes de bœuf et six millions qu’elles ont déjà remis aux envahisseurs pour éviter des représailles. Malgré le communiqué qui est une sorte de S.O.S lancé depuis le 18 Février, les populations des zones occupées n’ont connu aucune réaction de la part des autorités centrafricaines. Pour les habitants de la Vakaga, cette situation leur est très préjudiciable et les préoccupe au plus haut point compte tenu des brutalités qu’exercent les envahisseurs sur les populations de la Vakaga.

Une population de plus en plus inquiète


Les Janjawid soudanais, dont la présence dans la Vakaga constitue un véritable danger et une façon de narguer les autorités centrafricaines sont particulièrement hostiles aux Forces Armées Centrafricaines, à l’EUFOR à l’époque, maintenant aux éléments de la MINURCAT ainsi qu’aux organisations humanitaires qui opèrent sur le territoire centrafricain.
En territoire conquis, ils font la pluie et le beau temps. Suivant leurs humeurs, ils interdisent aux populations civiles de se livrer à leurs occupations quotidiennes dont les travaux champêtres. Ainsi ils terrorisent les habitants à Ndifa, Tirngoulou, Gordil et au niveau de parc national. La population, de plus en plus inquiète, attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur le danger que représente ce millier d’hommes armés sur le territoire centrafricain. Comment comprendre qu’un pays indépendant, souverain puisse accepter sur son sol la présence de hors-la-loi qui ont écumé pendant longtemps les populations civiles au Darfour (Soudan)? Comment faire pour les déloger ?

La situation ne pourrait perdurer

Les autorités préfectorales de la Vakaga, les notables et autres dignitaires des régions envahies ont tenu une réunion de sécurité le samedi 4 Avril 2009, afin de chercher à trouver une solution à cette situation qui ne saurait perdurer. La mobilisation est générale, la volonté certaine, mais vu le nombre de ces occupants et les moyens dont ils disposent, les autorités préfectorales de la Vakaga sont très prudentes. Même M. Zacharia Damane, le Chef des opérations de l’UFDR, conseiller en matière de défense du Chef de l’Etat, ne voient pas d’autres issues qu’une intervention musclée du gouvernement , car plusieurs négociations ont déjà été entamées avec ces envahisseurs, qui ne veulent pas entendre raison. Le préfet de la région, le lieutenant Colonel Mathieu Mobilignawa a promis informer les autorités centrafricaines et soudanaises. Néanmoins, il a décidé de constituer des patrouilles mixtes composées d’éléments des FACA, UFDR, ECOFAC pour une dissuasion. Mais encore faut-il que ces patrouilles disposent de moyens face à des hors-la-loi, lourdement armés.

Les attaques des Janjawid sur les organisations non-gouvrnementales et les populations civiles deviennent de plus en plus fréquentes. En deux semaines le personnel de l’action pour la Coopération Technique et le Développement (ACTED) ; celui du Comité d’aide Médicale (CAM) des civiles ont été attaqués par ces hommes armés qui sèment la terreur dans la région et dépouillent les civiles de leurs biens. Face à cette situation, où sont passés les éléments de la MINURCAT qui ont pour mission de protéger les humanitaires, les populations déplacées et les civils ? Cette intrusion grossière des Janjawid en territoire centrafricain enfreint les règles du droit international et viole les frontières centrafricaines. C’est le moment pour le gouvernement centrafricain de faire jouer les accords de défense pour que ces forces ne perpétuent pas leur présence dans la Vakaga. Comment comprendre que des forces étrangères occupent une portion du territoire national sans réaction des autorités? Cette situation peut constituer un précédent que le gouvernement centrafricain se doit de régler au plus vite. L’honneur du pays en dépend.

John Smith

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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