Sommet du G 20 : Vers une réforme de la finance mondiale

Publié le par Rfi

Les participants affichent leur satisfaction : le G20 qui s'est réuni ce jeudi à Londres a produit un document final jetant les bases d'un système financier mondial mieux régulé. Contrôle des fonds spéculatifs, sanctions contre les paradis fiscaux, supervision internationale... les avancées sont nombreuses.

Les participants au G20 réunis jeudi 2 avril 2009 à Londres.
(Photo : AFP)


Les pays signataires prévoient de nouvelles règles pour encadrer les fonds spéculatifs (hedge funds) : ils devront être déclarés et respecter les normes internationales de transparence dans leur gestion. Les engagements des banques vis-à-vis de ces fonds seront contrôlés.

Les agences de notation devront signer un code de bonne conduite afin d'éviter les conflits d'intérêt, c'est-à-dire les collusions entre agences et investisseurs. Les normes comptables des banques sont aussi abordées : les critères de définition de leurs fonds propres seront harmonisés internationalement pour plus de clarté. Ces critères ne sont pas précisés.

Le Conseil de stabilisation financière remplace le Forum de stabilisation financière. Cette organisation travaillera avec le Fonds monétaire international sur des systèmes d'alerte, afin de prévenir les risques de crise macroéconomique et financière. Surtout, sous sa nouvelle forme, l'organisation intègre l'ensemble des pays du G20, ce qui donne une place inédite aux pays émergents dans la régulation de la finance internationale.

Barack Obama au G20

« Aujourd'hui, nous avons appris les leçons de l'histoire... Nous nous sommes mis d'accord sur des mesures pour relancer la croissance.  »


 
 

02/04/2009


Paradis fiscaux

 « L'ère du secret bancaire est terminée », affirme la déclaration finale, dans laquelle les pays se disent  «   prêts à déployer des sanctions » à leur encontre, mais sans donner davantage de détails.

Quant à l'identification de ces paradis fiscaux, le G20 lui-même n'en désigne aucun, mais fait explicitement référence à la liste des paradis fiscaux non coopératifs élaborée par l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), publiée le jour même.

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, qui en qui avaient fait leur bataille commune, crient victoire.

Une posture tempérée par Jean Merckaert, du Comité catholique contre faim et pour le développement (CCFD), qui parle même d' « hypocrisie   » : « Si les pays du G20 voulaient vraiment en finir avec les paradis fiscaux, s'indigne-t-il, il suffirait d'empêcher nos banques et nos multinationales d'y opérer ».

« Une nouvelle ère »

Le Fonds monétaire international (FMI) avait lancé un appel pour le doublement de ses ressources, elles seront triplées. Les pays membres de G20 s'engagent à les faire passer de 250 à 750 milliards de dollars, afin de renforcer le rôle de l'institution financière internationale dans la lutte contre les effets de la crise.

Les moyens des banques multilatérales de développement sont augmentés de 100 milliards de dollars.

Aucune mesure commune de relance économique n'a été décidée. Les pays du G20 rappellent que des dispositifs soient mis en place à travers le monde et que d'autres mesures soient prises à l'avenir, si nécessaire.

Le Premier ministre britannique et hôte du sommet, Gordon Brown, en prend des accents lyriques : « un nouvel ordre mondial émerge, se réjouit-il, et avec lui nous entrons dans une nouvelle ère de coopération internationale ».

Le président français Nicolas Sarkozy se dit tout simplement « heureux » de ces résultats, pendant que la chancelière allemande, Angela Merkel, évoque un  « compromis historique pour une crise exceptionnelle ».

« C'est déjà ça »

Du côté de la société civile, on salue aussi des avancées patentes. « Les réformes proposées par le G20 pour réguler la finance mondiale sont bienvenues, reconnaît l'ONG Oxfam-France Agir ici, dans un communiqué. Mais comme toujours lors des sommets, ce ne sont pas les déclarations qui comptent, mais bien leur mise en œuvre ».

Pour le CCFD, « les règles de prudence et les mécanismes de contrôle » décidés au G20 « amoindrissent sérieusement »  le risque d'une nouvelle crise financière telle que celle des subprimes. « C'est le minimum qu'on pouvait attendre du G20, mais c'est déjà ça ».

Les pays du G20 se retrouveront en septembre prochain, à New-York, pour faire un premier bilan des mesures décidées à Londres.

Publié dans ECONOMIE

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