Centrafrique : Jean Francis Bozizé élevé Colonel des FACA

Publié le par L'Indépendant

Les centrafricains ont appris samedi, l’élévation par décret présidentiel à titre exceptionnel, de Jean Francis Bozizé, fils de son père, ministre délégué à la Défense, au grade de Colonel des FACA (Forces armées centrafricaines).

Cette nomination a une valeur symbolique: la mise officielle de l’armée nationale, jadis républicaine et apolitique, sous coupe réglée de la famille Bozizé. Il ne peut en être autrement.

Car comment ne pas s’indigner de cette imposture ? Lorsqu’on sait que le fils Bozizé n’a jamais appartenu à l’armée et, à l’instar d’Abdoulaye Miskine ou d’Abakar Sabone, ne possède pas un numéro matricule. Comme quoi, il n’ya pas que des mercenaires tchadiens pour convoiter les rangs de l’armée, il existe aussi des imposteurs locaux.

L’armée est-elle une armoire à cafard?

Depuis que certains politiciens ont compris que l’armée était un excellent moyen pour éviter le chaumage à leurs progénitures, l’institution n’est plus que l’ombre d’elle-même.

A cela, il faut ajouter la voie informelle pour accéder au grade d’officier supérieur sans même suivre la formation de base obligatoire pour tous soldats. Cette école informelle s’appelle Rébellion.

Ainsi, au lendemain du 15 mars 2003, des soldats sont passés de deuxième classe au grade de lieutenant et même plus si affinité tout simplement parce qu’ils ont suivi Bozizé dans sa quête du pouvoir. C’est l’exemple de Célestin DOGO, Olivier Koudemo alias Gbagouma ou de Dazoumi pour ne citer que ces illustres cas.

Inutile de rappeler que cette situation a viré en tragi-comédie depuis l’apparition des groupuscules armés où l’on voit de civiles s’octroyer les grades d’officiers supérieurs. Ainsi, les fameux Djim Wei et Wafio de l’APRD se sont bombardé Colonels, Florien Ndjadder s’est auto-élevé aux dernières nouvelles, général de brigade et la liste est malheureusement encore longue.

Là où le bât blesse, c’est la confirmation de ces grades à la fois bidon et ridicules par les responsables de l’armée suite à la signature de soi-disant accord de paix. Car nous apprenions d’une source bien informée que les éléments de l’APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie) tels que Larmassoume, Wafio et Djim Wei ont également été intégrés dans les rangs de l’armée avec leurs gardes de macara (beignet).

En revanche, il n’est pas question d’avancement pour les autres militaires qui n’ont pas choisi la rébellion comme la voie royale qui mène vers les grades supérieurs. Ceux-là sont restés au même niveau avec les mêmes grades depuis plusieurs années malgré leur participation aux opérations militaires sur le terrain. Ils ont eu le malheur soit de ne pas appartenir à la bonne famille soit d’avoir jugé utile de servir que l’armée mais pas un individu. Car d’autres servent et l’armée et les individus pour accéder aux grades supérieurs.

Pas question non plus de doter l’institution militaire des moyens adéquats pour mener à bien sa mission. Elle manque cruellement de moyens alors que le nombre d’officiers payés à ne rien faire ne cesse de s’accroitre. Il y’a ceux qui hantent les couloirs du camp Beal pour tuer le temps et ceux qui ont, comme Gaston Ouedane, regagné femmes et enfants en France pour se reposer mais qui continuent d’émarger au budget de la princesse.

A défaut d’avoir les moyens nécessaires à sa mission, l’armée centrafricaine se contentera de ses officiers en carton, incapables parfois de réciter une seule petite phrase des règles d’engagement militaire. Qui a dit que la Centrafrique est-une république bananière ?

Lundi 23 Mars 2009
Adrien Poussou

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

Commenter cet article