Centrafrique : la rébellion du MLCJ "reprend les armes"

Publié le par Afp

LIBREVILLE (AFP) — Le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), rébellion qui a signé un accord de paix avec Bangui et participé au forum sur la paix en Centrafrique en décembre, "reprend les armes", a affirmé mardi à l'AFP son chef, le capitaine Abakar Sabone.

"On reprend les armes, mais on ne dénonce pas encore les accords" signés avec le gouvernement centrafricain en prélude au "Dialogue politique inclusif" sur la paix dans le pays, a déclaré le capitaine Sabone, joint sur téléphone satellitaire depuis Libreville.

Le MLCJ a paraphé un cessez-le-feu et un accord de paix le 7 décembre, à la veille de l'ouverture du Dialogue, qui a rassemblé pouvoir, opposition, rébellions et société civile pour sortir la Centrafrique de la crise.

Selon le capitaine Sabone, son mouvement a mené conjointement avec le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), rébellion dirigée par Abdoulaye Miskine, l'attaque du 21 février contre la ville de Batangafo (500 km nord de Bangui) qui, selon le gouvernement, a provoqué des déplacements de populations et pillages.

"Il y a une coordination entre le MLCJ et le FDPC, nous avons signé un accord conjoint (...) C'est une fusion pour le moment stratégique, mais si dans les jours à venir le gouvernement ne réagit pas, nous serons obligés de fusionner l'organisation", a-t-il déclaré.

Le chef du MLCJ a accusé le gouvernement centrafricain de non-respect des engagements pris et de faire preuve de "mauvaise volonté" dans l'application des accords, notamment de ne pas respecter le cessez-le-feu.

Il a par ailleurs assuré que ses troupes ne bénéficiaient pas du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants lancé mi-février et actuellement en cours avec la distribution de formulaires pour le recensement des futurs bénéficiaires.

"Jusqu'à présent, nous n'avons pas reçu les fiches pour le DDR", s'est plaint le capitaine Sabone. Il a affirmé qu'elles n'étaient distribuées qu'aux deux plus importantes ex-rébellions centrafricaines, l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) et l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR).

Ces deux groupes sont signataires de l'accord de paix avec Bangui.

"Depuis la signature des accords de paix, nos troupes sur le terrain n'ont bénéficié d'aucune prime générale d'alimentation (qui) devait être automatiquement prise en charge par l'Etat", a encore dit le chef du MLCJ, en appelant les médiateurs gabonais et libyens à faire pression sur le gouvernement pour qu'il "respecte intégralement les termes de (leurs) accords".

"Dans le cas contraire, nous allons rendre ces accords-là caducs", a-t-il averti.

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