Cameroun : Trafic d’ossements humains à Douala

Publié le par Journal du Cameroun.com

Amadou Mouhamadou, 5O ans et Alexandre Yakwe, 3O ans, viennent d’être interpellés par les éléments de la police judiciaire du Littoral à Bonanjo. Ils ont été pris en flagrant délit de trafic des os humains, selon nos confrères du quotidien privé Le Jour. Leader de la communauté Haoussa à Obala dans la région du centre, M. Mohamadou et son complice M. Yakwe détenu à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé depuis environ 7 ans, ont été interpellé au quartier Bonabéri dans l’arrondissement de Douala IVe, au lieu dit « ministère du soya », par les éléments de la brigade antigang. D’après les premières informations qui ont abouti à l’arrestation des deux trafiquants, il ressort que quelques jours plutôt, Alexandre Yakwe est entré en contact avec son cousin, résidant dans la cité économique Douala, pour avoir le nom d’un potentiel acheteur intéressé par les ossements humains.


Une demande assez curieuse et effrayante qui suscite chez le cousin dont l’identité n’a pas été révélé, une véritable interrogation et suspicion, compte tenu du fait que Alexandre Yakwe croupi en cellule et qu’il est d’ailleurs sur le point de retrouver sa liberté dans quelques semaines.


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Le cousin va alors saisir un proche parent de la famille qui officie à la brigade antigang de la division régionale de la police judiciaire. Les deux hommes décident alors d’élaborer une stratégie, mieux de tendre une embuscade au trafiquant. L’on lui fait comprendre qu’il y a quelqu’un intéressé par la marchandise et qui est disposé à débourser jusqu’à 80 millions de F CFA pour les squelettes humains. Le lieu du rendez-vous est fixé jeudi dernier à 14h à Bonabéri. Rendez-vous respecté puisque Alexandre Yakwe arrive, en compagnie également d’un cinquantenaire qui n’est autre que Ahmadou Mouhamadou. La marchandise est empaquetée dans un sac de voyage porté par ce dernier.

Après s’être assuré de l’authenticité de l’article, les deux parties n’ont pas encore procédé à l’échange que les antigangs sortent de leur cachette pour se ruer sur les deux trafiquants. Ils n’ont pas le temps de comprendre ce qui leur arrive et qu’ils sont tombés dans un piège, puisqu’ils sont immédiatement menottés et embarqué à bord du véhicule de brigade pour Bonanjo. Une fois sur place, les éléments de la brigade obligent M. Mouhamadou à sortir la marchandise du sac, et à la présenter aux personnes présentes dans la cour de la police judiciaire. Tout le monde est stupéfait et préfère se tenir à distance, l’inspection d’un médecin va vite confirmer les pires craintes : il s’agit bel et bien des ossements humains. Ceux-ci sont acheminés à la morgue de l’hôpital Laquintinie suivant la procédure. Sur la provenance du squelette humain, M. Mouhamadou affirme d’abord qu’il l’a acheté au niveau de la frontière avec le République Centrafricaine, et plus l’interrogatoire se faisait insistant, il va passer finalement aux aveux et avouer à la police, que le squelette humain a été déterré du cimetière d’Obala dans le centre.

Son jeune complice devait exclusivement se charger de trouver un acheteur, il n’y ait pour rien dans l’histoire, va tenter de persuader le sieur Mouhamadou. Démarche qui n’abouti pas au résultat escompté puisque les deux trafiquants sont actuellement détenus à la police judiciaire à Bonanjo. D’après certaines informations, ce ne serait pas la première fois qu’ils se livrent à la vente illicite des ossements humains. De même, ce n’est pas la première fois qu’une telle activité est interceptée par les forces de l’ordre au Cameroun. On se rappelle encore que dans la nuit du 26 au 27 décembre 2007, le nommée Jean Ernest Nankop avait été appréhendé par la police alors qu’il s’apprêtait à vendre des ossements et des organes humains à Yaoundé. Très souvent, la police n’écarte pas la piste d’un réseau de personnes, qui ont décidé de se mettre ensemble pour déterrer les squelettes et de les revendre ensuite à prix d’or, qui se chiffre généralement en millions de F CFA, sans aucun respect pour la mémoire des disparus.

Publié dans L'AFRIQUE

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