Centrafrique : attaque rebelle contre une ville du nord

Publié le par Afp

BANGUI - La rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d'Abdoulaye Miskine a attaqué samedi la ville de Batangafo (500 km nord de Bangui) provoquant des déplacements de populations et pillages, a annoncé le gouvernement centrafricain mardi.

"Une colonne du FDPC armée a attaqué le 20 février, la base des FACA (Forces armées centrafricaines) à Batangafo semant ainsi la panique au sein de la population, pillant et saccageant non seulement les bâtiments administratifs, mais aussi, les installations des ONG de bienfaisance humanitaire opérant dans la région", affirme Jean-Francis Bozizé ministre de la Défense dans un communiqué diffusé à la radio nationale.

De sources concordantes militaires et civiles jointes par l'AFP, l'attaque a bien eu lieu samedi 21 février et il pourrait s'agir d'une erreur dans le communiqué du gouvernement, les faits relatés étant les mêmes.

"Ces agissements qui viennent encore compromettre tout effort de relance économique sont révélateurs d'une volonté affichée de perturber durablement le processus de paix engagé", selon le communiqué.

"Le ministère de la Défense rassure le public que toutes les dispositions seront prises afin d'empêcher une quelconque tentative de déstabilisation du pays d'où qu'elle vienne. Les FACA poursuivront leur mission de défense du territoire afin de favoriser la libre circulation des personnes et des biens", conclut le communiqué.

Selon une source militaire, "les éléments du FDPC soigneusement vêtus d'uniformes militaires sont entrés samedi dans la ville en tirant de nombreux coups de feu en l'air et provoquant la panique chez la population qui a fui pour trouver refuge hors de la ville".

"L'attaque des hommes du FDPC a surpris les éléments du détachement des forces armées centrafricaines (FACA) de la Police et de la Gendarmerie dont la plupart ont pris la fuite", a-t-on ajouté.

"Les hommes du FDPC ont alors saccagé et détruit des véhicules militaires et se sont emparés d'armes et munitions à la base des FACA de même qu'au Commissariat de Police et à la brigade de gendarmerie", a-t-on poursuivi.

Le FDPC a signé un accord de paix en février 2007 mais n'a pas signé l'accord global de paix de juin 2008 même s'il a envoyé des observateurs aux négociations de Libreville. Il n'a pas non plus participé au Dialogue politique inclusif (DPI) entre toutes les parties centrafricaines (pouvoir, opposition et principales rébellions) en décembre dernier. Une attaque du FDPC contre Kabo, ville voisine de Batangafo, avait fait 11 morts en novembre 2008.

Le communiqué du ministère de la défense "dément" également "catégoriquement les allégations mensongères selon lesquelles les 481 ex-combattants (du FDPC) qui ont déposé les armes et sont pris actuellement en compte par le centre d'instruction militaire de Bouar (400 km ouest de Bangui), auraient rejoint les rangs du FDPC". Ils les avaient déposé après l'accord de paix de février 2007 et avaient par la suite été transférés à Bouar.

(©AFP / 24 février 2009 18h11)

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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