Cour Pénale Internationale : Un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir

Publié le par 20 Minutes

Le président soudanais, Omar el-Béchir, devrait être rattrapé par la justice internationale dans les prochains jours. La Cour pénale internationale (CPI) a décidé d'émettre un mandat d'arrêt contre lui, vraisemblablement avant la fin du mois, selon le New York Times. Cette décision n'étant pas encore officielle, la CPI, contactée par 20 Minutes, assure que « rien n'a encore été fait » et qu'il n'y a « aucune échéance ». Le président soudanais est accusé d'avoir commandité les massacres commis au Darfour, à l'ouest du Soudan.


Depuis le début de la crise en 2003, 300 000 personnes ont été tuées, selon l'ONU, 10 000 selon Khartoum. Les chefs d'inculpation contre Omar el-Béchir sont encore secrets. Mais en juillet dernier, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait réclamé aux juges ce mandat d'arrêt pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ce serait la première fois que cette cour internationale lance des poursuites contre un chef d'Etat en fonction, ce qui pourrait compliquer encore davantage les négociations pour résoudre la crise qui ravage le Darfour.

La décision de la CPI coïncide avec la diffusion d'un film interview, Darfur Destroyed, dans lequel des responsables militaires et des miliciens soudanais repentis témoignent de l'implication du gouvernement dans les massacres. Réalisé par l'ONG britannique Aegis Trust en collaboration notamment avec l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'homme, il donne, entre autres, la parole à un ancien soldat soudanais.


L'homme raconte : « Les soldats ont reçu l'ordre de tirer sur les gens, armés ou pas. On ne laissait personne en vie et on ne faisait pas de prisonniers. "Ne ramenez personne, ici, disait notre capitaine tuez-les et laissez-les où ils sont." Selon moi, le président Omar el-Béchir, en tant que chef de l'armée, doit répondre de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide au Darfour. J'en sais quelque chose : j'ai pris part à ces crimes, perpétrés en son nom. » ■

Faustine Vincent

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