Madagascar : le carnage

Publié le par Les Afriques

La garde présidentielle «cagoulée » perd son sang froid et tire sur la foule. Des images irréelles. Antananarivo compte ses morts.


40 morts et au moins une centaine de blessés. La garde présidentielle malgache a tiré à balles réelles pour disperser des dizaines de milliers de malgaches à l’assaut du palais d'Ambotsirohatra.

C’est l’épilogue surréaliste d’une journée de samedi chargée commencée en musique devant la place du 13 mai à l’appel du maire Andry Rajoelina et terminée par des rafales et des crépitements des AK 47 à même les grilles du palais présidentiel. Des images insoutenables sont diffusées en boucle par les télévisions locales alors que l’indignation monte et gronde dans la population et dans les rangs de l’armée où certains hauts gradés dénoncent ouvertement le carnage. Les partisans du jeune maire destitué mardi accusent le président Maroc Ravalomnana de faire recours à des mercenaires sud-africains.


Un peu plutôt dans la journée, vers 10 heures, Andry TGV (surnom d’Andry Rajoelina) avait annoncé la formation d’un gouvernement de transition avec comme premier ministre, Roindefo Monja, fils de Joana Monja, une grande figure historique du pays, originaire du Sud-Ouest. L’escalade était inévitable avec un gouvernement et un contre-gouvernement et, en prime, l’impossibilité du dialogue entre les deux camps.


Lors du dernier sommet de l’Union Africaine, le 3 fèvrier, un communiqué du gouvernement Malgache annonçait pourtant que le président était disposé à prendre langue avec ses opposants. Mais au cours d’une conférence de presse, tenue le 5 février soit deux jours avant le rassemblement de samedi, le premier ministre, Charles Rabemanajara semblait se préoccuper plutôt de l’organisation du prochain sommet de l’Union Africaine prévue en juillet prochain à Antananarivo. Un agenda qui n’intéresse plus les Malgaches, occupés à compter leurs morts.  

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