Kadhafi élu à la tête de l'Union africaine

Publié le par Le Figaro

Le dirigeant libyen a aussitôt fait savoir qu'il fallait désormais l'appeler «roi des rois traditionnels d'Afrique».

A peine élu, et déjà des exigences. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été élu lundi pour un an à la tête de l'Union africaine (UA) lors d'un sommet de l'organisation à Addis Abeba (Ethiopie). Selon des sources concordantes, il a aussitôt fait savoir qu'il souhaitait désormais être officiellement appelé « roi des rois traditionnels d'Afrique ». Pour l'occasion, le dirigeant libyen était d'ailleurs venu dans la capitale éthiopienne accompagné de sept « rois » africains, tous vêtus de costumes traditionnels.

Mouammar Kadhafi succède à ce poste convoité au président tanzanien Jakaya Kikwete. Selon la règle de l'UA, la présidence revenait cette année à l'Afrique du Nord, après l'Afrique de l'Est. Et le dirigeant libyen était le seul représentant de cette partie du continent à avoir fait le déplacement à Addis Abeba. Il n'a pour autant pas été élu à l'unanimité, Kadhafi jouissant d'une mauvaise image auprès de beaucoup de responsables africains.

Pour des «Etats-Unis d'Afrique»

Sa volonté d'instaurer un «gouvernement de l'Union» conduisant à des «Etats-Unis d'Afrique» effraie en effet bon nombre de chefs d'Etat du continent. Certains pays avaient ainsi tenté de promouvoir une présidence d'Afrique australe, d'autant que le prochain sommet devrait se dérouler en juillet à Madagascar. En vain. La majorité des responsables africains ont préféré désigner le dirigeant libyen, essentiellement pour des questions d'équilibre politique entre les différentes régions africaines.

Arrivé au pouvoir en 1969 par un coup d'Etat alors qu'il était simple colonel, Mouammar Khadafi détient une longévité au pouvoir quasiment record sur le continent. Partisan des Etats-Unis d'Afrique et artisan de la transformation de l'Organisation de l'unité africaine en Union africaine en 2001, le nouveau président de l'Union a déclaré dans son discours inaugural « espérer que son mandat (serait) un temps de travail sérieux et pas seulement de mots », insistant sur la nécessité «de pousser l'Afrique en avant vers les Etats-Unis d'Afrique ». « Je continuerai et insisterai pour que les Etats souverains (que nous sommes) parviennent aux Etats-Unis d'Afrique », a-t-il ainsi martelé.

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