Centrafrique: lancement du comité de pilotage de désarmement des rébellions

Publié le par Le Monde

Le gouvernement et les rébellions de Centrafrique ont difficilement trouvé jeudi à Libreville un accord pour lancer le comité de pilotage du "Désarmement, Démobilisation et Réinsertion" (DDR) des combattants rebelles, a appris l'AFP auprès des intervenants.

Après de longues négociations dans le cadre du comité de suivi des accords de paix, il a été décidé que l'ONU assumera la présidence de ce comité de pilotage.

Jean-Jacques Demafouth, président de la plus importante rébellion, l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), en sera le premier vice-président, alors que de 2e vice-président reviendra à un membre du gouvernement, encore à désigner.

De source proche des négociations, les mouvements rebelles présents -- APRD, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) -- exigeaient le poste de président alors que le gouvernement estimait qu'il devait lui revenir.

Les deux parties ont finalement accepté de tirer un trait sur leurs exigences à condition qu'aucune d'entre elles ne l'occupe.

"C'est une bonne chose. L'ONU va présider et nous obtenons la première vice-présidence. Nous serons en mesure de bien contrôler ce qui se passe", a affirmé M. Demafouth à l'AFP.

"Nous sommes satisfaits, il n'y pas de problème. On a réussi à s'entendre sur les grandes orientations du chronogramme avec les grandes étapes (...) C'est déjà bien. Nous allons commencer immédiatement le travail", a souligné Cyriaque Gonda, ministre de la Communication en charge du Dialogue politique.

Selon des estimations concordantes, il y aurait entre 6.000 et 10.000 combattants rebelles en Centrafrique.

"Le DDR commencera (vraiment) en mars ou avril par le recensement, puis le cantonnement et la démobilisation avant le désarmement. Le processus est long", a commenté M. Demafouth, exhortant l'armée à éviter les patrouilles en zones rebelles pour éviter des "dérapages" pouvant compromettre la paix.

"Nous sommes contents dans la mesure où il n'y pas de blocage du processus", a dit à l'AFP Djarnib Ngrébaye de l'UFDR.

"Nous passons à l'étape suivante après l'accord de paix", a estimé Hassan Ousman du MLCJ. "Il faut qu'à l'avenir, les combattants puissent se réinsérer et contribuer à la création de richesses dans le pays (...) Ils obéiront à la démobilisation. C'est pour cela qu'il faut que la communauté internationale nous aide" en finançant le DDR, a-t-il conclu.

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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