Les placements de la Banque d'Afrique centrale suspendus

Publié le par AFP

LIBREVILLE (AFP) — La Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (Cémac, 6 pays) a annoncé vendredi à Libreville la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des placements de sa banque régionale, la BEAC, et commandé notamment un "audit général" de cet institut d'émission.

Le sommet extraordinaire de la Cémac a décidé de "suspendre, à titre de mesure conservatoire, toute pratique de placement jusqu'à nouvel ordre", selon le communiqué final de cette rencontre qui a examiné la situation des placements de la BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale) auprès de la Société générale des banques.

Il a aussi commandé "un audit général de la BEAC et un audit spécifique sur les opérations de placement" afin de "réexaminer les modalités internes de fonctionnement (de la BEAC) et de faire la lumière sur la façon dont lesdites opérations de placement ont été conduites".

Aucune précision n'a été fournie sur ces placements.

Des informations de presse dans la région mentionnaient, avant la tenue du sommet, "une série de placements à risque" effectués par la BEAC et ayant fait perdre un montant important à la Cémac avec la survenue de la crise financière internationale.

Ces pertes auraient suscité des "préoccupations chez les administrateurs de la BEAC", avait notamment écrit jeudi le journal camerounais privé Mutations, sans qu'aucune source officielle puisse confirmer ou informer ces allégations.

Le sommet a également décidé de "réformer les statuts" de la banque régionale, en évoquant par ailleurs "des mesures spécifiques pour ramener la paix et la sérénité au sein de la BEAC et rétablir la confiance en son sein ainsi qu'avec l'ensemble de ses partenaires".

La Cémac, qui a examiné "la question de la crise financière internationale et ses répercussions sur les économies" de ses Etats membres, a aussi décidé de recourir à des émissions de titres publics et à un fonds de garantie des petites et moyennes entreprises.

La Cémac regroupe le Gabon, le Congo, le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée équatoriale, des pays pour la plupart producteurs de pétrole dont les cours ont dégringolé ces derniers mois.

En décembre 2008, l'organisation régionale avait affirmé se préparer pour un taux de croissance économique de 3% en 2009, en baisse par rapport à ses prévisions initiales, en raison du ralentissement de l'économie mondiale et de la baisse du cours des matières premières.

Elle tablait précédemment sur un taux de 4% (contre 5% en 2008).

Publié dans L'AFRIQUE

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