La Centrafrique disposée à s'associer aux "efforts" régionaux contre la LRA

Publié le par Le Monde

La Centrafrique est disposée à s'associer aux "efforts des autres Etats" de la région dans la lutte contre les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), ont affirmé vendredi à Bangui des ministres ougandais et centrafricains cité par la radio nationale.

Le ministre ougandais de la Sécurité, Amama Mbabazi, a été reçu par la président centrafricain François Bozizé, avec lequel il a discuté du "problème régional" représenté par la LRA, selon ses propos rapportés par la radio.

"Devant ce danger (...), il faut une solution régionale qui nécessite un concours régional", a affirmé M. Mbabazi, dont le pays mène depuis mi-décembre, avec la République démocratique du Congo (RDC) et le Sud-Soudan, une opération militaire conjointe contre les bases de la LRA dans l'extrême nord-est de la RDC.

Plusieurs sources ont attribué à la LRA des massacres commis ces dernières semaines dans cette région, frontalière du sud de la Centrafrique.

"Nous souhaitons une coopération entre la Centrafrique, la RDC et l'Ouganda pour mettre fin à ce fléau dans la sous-région. (...) Joseph Kony (chef de la LRA) et ses rebelles sont en train de semer le désordre" dans ces pays mais aussi "au Soudan et même au Tchad", a ajouté le ministre ougandais, assurant que le président Bozizé s'était "montré très disposé à mettre un terme à cette situation".

Le ministre centrafricain délégué à la Défense, et fils du président Jean-Francis Bozizé, a confirmé ces propos: "Les autorités de Kampala voudraient que la Centrafrique, la RDC et l'Ouganda puissent coopérer pour stopper les exactions commises par la LRA. Le président a répondu favorablement à cette demande", a-t-il affirmé.

"Il a (assuré) les autorités ougandaises de la disponibilité de son pays à contribuer aux efforts des autres Etats de la sous-région impliqués dans ce qui se passe dans ces trois pays", a-t-il dit sans plus de détails.

Le ministre centrafricain de l'Intérieur, le général Paul-Raymond Ndougou a réitéré les assurances selon lesquelles Bangui a "pris les dispositions nécessaires pour protéger les populations", rappelant que des habitants de localités du sud centrafricain avaient été "enlevés et enrôlés de force dans la LRA" après des attaques attribuées à ses hommes en février et mars 2008.

"Des renforts sont sur place. On ne peut parler à l'heure actuelle de déplacement de populations", a-t-il déclaré.

Plusieurs sources congolaises et ougandaises avaient affirmé que des éléments de la LRA se dirigeaient par petits groupes vers la Centrafrique, qui a régulièrement affirmé n'avoir pas enregistré d'"alerte" sur leur présence sur son territoire.

L'offensive contre les bases de la LRA a été lancée après le refus répété de Joseph Kony, de signer un accord de paix - paraphé en avril 2008 par Kampala - censé conclure un processus mettant un terme à deux décennies de guerre civile dans le nord ougandais.

Les accusations se sont multipliées dernièrement contre la LRA, soupçonnée d'avoir tué plus de 400 personnes dans le nord-est de la RDC dans le sillage de cette opération militaire. Les rebelles ougandais ont réfuté ces accusations, attribuant à leur tour les massacres aux militaires congolais, ougandais et soudanais.

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article